17/07/2021
Tadrart : le joyau du Sahara
La Tadrart, certainement la plus belle région du Tassili et l’une des zones les plus arides du monde, fut particulièrement fréquenté à toutes les époques du Néolithique. Mais pendant le sub pluvial néolithique la zone était pluvieuse et couverte de végétation de savane, ce qui la rendait propice à la vie humaine et animale. Ainsi, la Tadrart offre l’un des plus fantastiques paysages désertiques... Les dunes gigantesques d’un rouge unique. Les canyons étroits, les pitons rocheux, les arches tortueuses, les châteaux de grès, ainsi que les peintures et gravures rupestres forment un tableau aux couleurs intemporelles. Ses nombreux oueds étaient appréciés des pasteurs qui ont laissés des traces de leur passage. L'art rupestre se localise essentiellement au niveau de l'ouverture de l'oued In Djaren et à l'entrée de ses principaux affluents qui étaient au Néolithique les principaux axes de circulation mais aussi les principaux lieux de pâturage des troupeaux. Si on trouve en Tadrat de nombreuses et très belles peintures, cette région est surtout célèbre pour les gravures, certainement les plus belles de la période pastorale. On retrouve sur ces gravures des bœufs domestiques mais aussi toute la faune sauvage avec une prédominance pour les éléphants et les girafes dont les représentations sont nombreuses dans l'oued In Djaren. Les gravures ne sont pas uniformes et n'ont pas toutes été réalisées par le même groupe, mais on peut rattacher la plus grande partie à la période bovidienne europoïde. La technique et les dimensions sont proche de la période bubaline, mais le style est bien celui d'artiste appartenant à des populations engagées depuis longtemps dans le pastoralisme. Animaux, scènes de chasse ou cérémonies énigmatiques, ces chefs-d’œuvre n’ont pas livré tous leurs secrets. Ces peintures rupestres ont évolué avec le temps, passant de la grande faune sauvage, comme les éléphants, les rhinocéros, les girafes, les antilopes, les bovins sauvages, aux animaux domestiques comme les ovicapres, les chevaux et finalement les chameaux. La faune représentée sur ces roches est plutôt typique de la zone tropicale africaine actuelle. Elle témoigne justement d’une période relativement humide dans le Sahara. Une population nombreuse vivait alors dans ce qui n’était pas encore un désert.