28/10/2024
Octobre 2023 - 1er jour
Etape 1: Devil’s Pulpit
Etape 2: Loch Lomond, Firkin Point
Etape 3: Beinn Odhar avec Beinn Dorain en fond
Etape 4: Glencoe + Loch Achtriochtan
Etape 5: Nuit au Cruachan Hotel à Fort William
Cette année, mon mari s’envole avec nos deux plus jeunes pour la Suisse, son pays natal, où il compte rendre visite à sa famille. Quant à moi, j’ai décidé de partir en Écosse avec notre fils aîné, Yuri, qui a déjà quatorze ans. L’Écosse occupe une place toute particulière dans nos cœurs, et pour Yuri, c'est une terre qu'il chérit depuis son plus jeune âge. Il y a été pour la première fois à tout juste un an, et depuis, il a pris goût aux vastes landes sauvages et aux promenades solitaires.
Le 20 octobre, dès l’aube, nous nous envolons depuis Charleroi, direction Glasgow. Il n’est que six heures du matin, mais cette heure matinale nous offre la promesse d’une première journée pleine de découvertes. L’avion touche terre à 7h15 précises. Sans perdre de temps, nous filons récupérer notre voiture de location chez Green Motion. J’avais lu plusieurs critiques peu engageantes à leur sujet, mais à ma grande surprise, tout se déroule à merveille. C’est ainsi que nous nous retrouvons à bord d'une splendide... Fiat 500 ! Elle n’a peut-être rien de luxueux, mais elle est amplement suffisante pour nous deux. Plus t**d, nous nous rendrons compte que cette petite voiture est en réalité l'emblème des touristes, croisée à chaque détour de route.
Notre première étape, après avoir acheté quelques vivres pour les randonnées à venir, est le Devil’s Pulpit. Un endroit mystérieux que je connaissais depuis longtemps, mais où je n’avais encore jamais mis les pieds. Voyager en Écosse, c’est souvent retrouver des lieux familiers, mais cette fois, j'avais soif de nouvelles aventures.
En arrivant, un petit parking, presque insignifiant, marque l’entrée du sentier. "Sentier" est un bien grand mot pour décrire ce chemin non balisé qui serpente à travers la forêt, longeant une rivière. Après un moment de marche, nous découvrons enfin des escaliers, ou plutôt un empilement de pierres inégales menant à une plage de terre rougeâtre. Nous descendons prudemment. Les pierres sont glissantes, mais Yuri, avec l’agilité d’un cabri, se faufile devant moi, tandis que je prends mon temps.
Soudain, deux immenses rochers se dressent devant nous, formant un passage étroit que nous traversons. C’est là que la nature nous dévoile son spectacle : une gorge sauvage où l’eau d’un rouge profond s’écoule, serpentant entre les parois rocheuses couvertes de mousse et de fougères. Des troncs d’arbres tombés en travers de la rivière ajoutent une touche dramatique à cette scène, et Yuri, toujours curieux, s’empresse de grimper l’un d’eux, pendant que je capture l’instant en photo.
La gorge semble s’enfoncer encore plus profondément, mais sans l’équipement nécessaire, nous devons nous contenter d’admirer ce lieu depuis la berge. Après un bon moment d’émerveillement, nous décidons de remonter les escaliers escarpés et de poursuivre notre balade en longeant la rivière. À l’embouchure, les feuilles mortes jonchent le sol, apportant à l’ensemble une chaleur automnale. Le calme est absolu. Nous n’avons croisé que quelques touristes plus tôt, et maintenant, nous avons cette nature écossaise pour nous seuls. C’est dans ces moments-là que Yuri et moi nous sentons vraiment connectés, à la fois à ce pays et l’un à l’autre.
Le temps de reprendre la route arrive. Nous remontons vers la voiture, direction Glencoe. En chemin, nous faisons une pause au Loch Lomond et à Firkin Point, où un vent violent nous décoiffe, provoquant des éclats de rire tandis que nous tentons de prendre des selfies. Un peu plus loin, à Beinn Odhar, un ciel noir intense contraste avec un arc-en-ciel qui illumine le paysage majestueux devant nous. La nature écossaise, toujours changeante, nous coupe le souffle.
Enfin, nous atteignons Glencoe, cette fameuse vallée que j'ai souvent traversée mais où je n'avais encore jamais pris le temps de randonner. Aujourd’hui, nous avons choisi la Lost Valley, laissant d’autres randonnées pour nos futures escapades.
Le parking, étonnamment peu bondé, nous accueille. Après avoir chaussé nos bottes de marche et nos jambières, nous entamons la randonnée. Le sentier débute en douceur, nous menant d’abord à travers des landes avant de traverser un pont qui s’enfonce dans une forêt de bouleaux. Mais bientôt, les choses se compliquent. Nous devons traverser un cours d’eau, et là, nous croisons un couple de Français. La jeune femme semble hésiter à franchir la rivière, alors, avec un sourire, je lui tends la main pour l’aider. Après quelques hésitations, elle se décide et me remercie avec gratitude.
Nous poursuivons notre chemin, où une strate de pierres rend la marche plus ardue. Nous grimpons, croisant des randonneurs plus âgés qui peinent davantage. Je réalise alors que je n’ai peut-être pas bien évalué la difficulté de cette randonnée. Mais qu’importe, après quelques efforts, nous atteignons un sommet où une vallée déserte s’ouvre devant nous. C’est une scène presque surréaliste, comme un paysage post-apocalyptique où la végétation semble absente. A ce moment, le froid et la fatigue commencent à se faire sentir. Nous décidons de ne pas nous aventurer plus loin et entamons le chemin du retour.
À un moment, dans un élan de bravoure, nous optons pour un “raccourci”. Mauvaise idée : cela nous mène à grimper des rochers, ralentissant notre progression. C’est dans ces imprévus que se créent les plus belles aventures.
De retour à la voiture, nous reprenons la route vers Fort William, où nous attend notre hôtel, le Cruachan. C’est un lieu que j’avais visité quand Yuri était tout petit, et j’avais envie de le redécouvrir. En arrivant, sous les lumières qui illuminent sa façade typiquement écossaise, je me surprends à rêver. Un jour, peut-être, je vivrai dans une maison comme celle-ci, presque un manoir.
Après avoir déposé nos bagages, nous descendons dîner au restaurant de l’hôtel, où nous savourons un repas délicieux, accompagné d’un IRN-BRU, cette boisson écossaise si particulière qu’il faut bien prononcer "ARRRREN-BRRRU". La journée a été longue, riche en découvertes et en marche, et il ne nous faut pas longtemps pour sombrer dans un sommeil réparateur.