La Côte-Nord et ses naufrages.

La Côte-Nord et ses naufrages. Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de La Côte-Nord et ses naufrages., Baie-Comeau, QC.

09/13/2026

L’an dernier un ami et archéologue, Vincent Delmas, m’a écrit pour me demander si je pouvais lui partager mes recherches sur les naufrages survenus dans le coin des Ilets-Caribou, Baie-Trinité et Pointe-des-Monts. Il en avait besoin pour un projet archéologique. Le connaissant bien et puisqu’il a toute ma confiance, je lui ai fait parvenir ce que j’avais trouvé jusque-là.

Voici donc le pourquoi de cette demande et le résultat final.
Très belle étude avec Aquaboréal et le Conseil des Innus de Pessamit.

Bonne lecture.

PS Un gros merci à Michelle Chouinard qui m'a fait parvenir cette étude. :-)

3211-15-022-19.pdf

08/13/2026

GRANICUS

Après avoir eu plusieurs demandes, de certains d'entre-vous, voici la version intégrale de ce tragique naufrage que j'avais écrite, il y a plusieurs années, et que j'avais publié dans un condensé.

Voici l’histoire, malheureusement vraie, d’un des naufrages les plus tragiques arrivés au Québec. Un naufrage qui a fait plusieurs victimes innocentes. Un naufrage qui fut baptisé : Le massacre de L’Ile d’Anticosti. Je tiens à vous aviser que ce récit relate une histoire macabre qui pourrait vous faire dresser les cheveux sur la tête. Loin de moi, l’idée de faire du sensationnaliste. Bien au contraire, le seul but que j'ai en publiant ce récit, est de faire connaître un naufrage qui a été oublié ainsi que les pauvres victimes qui ont vécu l’horreur. Paix à leurs pauvres Ames. Alors prière à ceux qui ont le cœur sensible : abstenez-vous de lire ce récit. Pour ceux qui décident de poursuivre leur lecture voici donc la triste fin du Granicus, de son équipage et de ses passagers.

GRANICUS

Le navire serait parti de Québec le 29 octobre 1828, ayant à son bord, 17 hommes, 2 femmes et 3 enfants (Il est difficile de dire si cela est vraiment exact car plusieurs écrits se contredisent concernant le nombre de personne à bord). (1)

Le brick était commandé par le capitaine Robert Martin. Il était en direction de Cork en Irlande avec une cargaison de bois. Au début de novembre, une tempête l’échoua sur l’Ile d’Anticosti entre Baie-du-renard (Fox bay) et East Point.

À ce dernier endroit, un drame terrible s'y déroulait au printemps de 1829, appelé le massacre de l'IIe d'Anticosti.


« Voici ce qui fut raconté un jour à M. Placide Vigneau, gardien du phare à l'île aux Perroquets, une des îles de Mingan, par le capitaine Basile Giasson, des îles de la Madeleine.

M. Placide Vigneau qui tenait au jour le jour depuis de longues années un journal des faits les plus importants avait consigné dans ses notes le récit de ce massacre, tel que raconté par M. Basile Giasson.

«Le 8 mai 1829, arrivé à la hauteur du havre d'Anticosti (Belle-¬Baie), le vent nous étant contraire et notre provision d'eau épuisée, je décidai d'y mouiller pour la nuit. En entrant dans le havre, nous aperçûmes une chaloupe à haute marée, et qui semblait être là depuis peu de temps.

C'est ce que nous fîmes en quelques minutes en sautant dans mon canot pour aller constater ce qui en était. Arrivés sur la plage, notre premier soin fut de visiter la chaloupe; elle contenait quelques effets dispersés çà et là.

Là sur les bancs, et les avirons étaient ensemble à cinq ou six pas de la haute marée. Ne voyant personne, nous nous mîmes à crier et à appeler, mais aucune réponse ne nous fut donnée; un silence de mort semblait régner dans cette solitude.

La peur nous prit, et nous retournâmes à bord pour nous armer de deux bons fu**ls et pour nous assurer ensuite s'il y avait bien à cet endroit quelques êtres vivants.

À notre retour, à une vingtaine de pas de la hutte, le premier objet qui frappa nos regards fut une robe de soie qui avait évidemment appartenu à une femme, et tout auprès un habillement d'enfant d'environ un an.

Je pris les deux robes et je les examinai avec soin. Elles étaient couvertes de taches de sang et percées de trois coups de couteau sur le corsage dans la région du cœur.

La peur s'empara à nouveau de nous, parce que nous fûmes sous l'impression que des meurtriers étaient cachés non loin de là dans la forêt et nous fûmes sur le point de retourner à notre bord.

M. Jacques Bourgeois qui était avec nous et qui n'avait pas froid aux yeux, nous dit sur un ton bien décidé qu'il fallait continuer nos recherches, que nous étions bien armés et que personne n'aurait le temps de nous attaquer sans recevoir du plomb dans les jambes.

Son avis fut suivi et nous nous décidâmes à pénétrer dans la hutte. Pour y entrer, il fallait passer par un bas-côté.

À peine eûmes-nous ouvert la porte qu'un bien triste spectacle frappa nos yeux. Des débris de cœurs, de boyaux, de fessures, etc., gisaient sur le plancher, et accrochés au plafond, six cadavres éventrés, la tête coupée ainsi que les jambes et les bras, à la jointure du coude et des genoux, et un bout de bois tenait les cuisses ouvertes.

Je n'oublierai jamais la profonde horreur qui s'empara de nous tous, lorsque nous reconnûmes que c'étaient bien des être humains qui avaient été massacrés. Nos cheveux se hérissèrent et notre courage voulait nous abandonner malgré nous à la vue d'une telle horreur.

Ce qui nous parut étrange, c'est que tous ces cadavres avaient une tranche de chair d'enlevée sur la cuisse, de sept à huit pouces carrés.

D'après ce que nous venions de constater, il était facile de conclure que de malheureux naufragés avaient épuisé leurs vivres, que la faim avait déterminé les plus forts à sacrifier les plus faibles. Il s'agissait alors de savoir où étaient les survivants.
Nous pénétrâmes à l'intérieur de cette cabane. Le spectacle qui s'offrit à nouveau à nos yeux n'était pas de nature à calmer notre excitation. Tout dans cette pièce était dans un désordre indescriptible.

Dans la cheminée se trouvaient quelques charbons éteints et deux grandes chaudières suspendues à la crémaillère, dont l'une était remplie de jambes et l'autre de bras humains, de sorte que les pieds et les mains étaient à la surface de l'eau.

Il y en avait plusieurs qui étaient à demi rongés. Les mains surtout étaient tournées la paume en dehors et semblaient demander miséricorde. Nous ne pûmes nous empêcher de verser d'abondantes larmes à la vue de ce lugubre spectacle.

Nous entrâmes ensuite dans une seconde pièce où il y avait des habits suspendus aux cloisons, et là se trouvaient trois grands coffres et un quart dans lequel il y avait encore un peu de sel.

Comme l'un des coffres était à demi fermé, j'en soulevai le couvercle. Quelle horreur encore! Il était rempli de chair humaine, et chaque morceau était de sept à huit pouces carrés, et salé avec autant de précaution qu'un quart de lard.

Les deux autres coffres étaient aussi remplis de chair humaine salée. Toutes ces choses nous démontrèrent que tous ces malheureux naufragés n'avaient pas terminé leur vie de la même manière et que les auteurs d'une telle boucherie ne pouvaient pas être éloignés puisque la chaloupe était en lieu sûr, et que les traces de ce massacre ne paraissaient pas remonter à plus de cinq à six jours.

En ouvrant la porte de la troisième pièce, qui était une chambre à coucher, nous aperçûmes un homme tout habillé, couché dans un hamac et qui semblait dormir.

À ses côtés se trouvait un grand couteau dont le manche était enveloppé d'un mouchoir de soie. Il nous fut difficile d'en déterminer la couleur primitive, car il était tout couvert de sang. On y distinguait cependant l'empreinte des doigts de la main.

Sur le plancher gisait une jambe dont la chair était toute rongée jusqu'aux os, et tout près un vaisseau en fer-blanc rempli de bouillon. Après nous être assurés que cet homme était seul dans cette chambre, nous voulûmes connaître s'il était vivant ou mort. Je m'approchai le premier, avec précaution, auprès du hamac et je saisis le couteau.

Je l'appelai plusieurs fois, mais aucune réponse. M. Jacques Bourgeois vint lui toucher la main; elle était froide. Il lui mit la main aussi sur le cœur et l'oreille près de la bouche; il ne donna aucun signe de vie et semblait être mort depuis quarante-huit heures.

Comme il se faisait nuit, nous décidâmes de retourner à notre bord, en remettant au lendemain matin la continuation de nos recherches. La nuit passa bien triste, personne ne put clore l'œil; nous avions l'esprit hanté du lugubre spectacle de ces cadavres mutilés, et nous semblions apercevoir leurs ombres se promener sur le lieu même du sinistre.

Un de mes hommes fut de quart toute la nuit dans la crainte que quelqu'un n'eût appelé au secours; mais la nuit se passa dans un profond silence.

Le lendemain, une heure après le lever du soleil, nous étions sur le lieu de nos perquisitions. Notre premier soin fut de visiter l'homme au hamac. C'était un mulâtre, de couleur assez noire, ayant plus de six pieds, aux épaules colossales.

Il paraissait avoir joui d'une force herculéenne. Après l'avoir examiné avec soin, nous fûmes tous convaincus qu'il était mort subitement d'une indigestion. Il ne portait sur le corps aucune trace de violence, si ce n'est une coupure légère sur le dessus de la main gauche. Il est probable que lorsque le massacre eut lieu, il avait laissé faire et ménagé ses forces pour tout exterminer. Telle fut au moins notre opinion.

Pourquoi n'avait-il pas épargné au moins un seul de ces pauvres malheureux pour lui tenir compagnie? Mystère!

Nous ne pouvions abandonner tous ces êtres humains sans leur donner une sépulture quelconque. Mais, comment creuser une fosse à cette saison de l'année? La terre était encore gelée, et nous n'avions en notre possession ni pelle, ni pioche, ni pic.

Dans notre embarras, je trouvai une vieille herminette et avec le secours d'une vieille hache, nous pûmes creuser, non Sans difficulté, une fosse assez profonde et assez large pour y mettre tous ces débris humains.

Tandis que nous étions occupés à creuser notre fosse, j'envoyai deux de mes hommes visiter un petit hangar qui se trouvait à quelques pas de nous et dont l'entrée était fermée d'un morceau de vieille toile. Nous l'avions oublié. Tout à coup, un cri formidable s'échappe de leur poitrine. Grand Dieu! Grand Dieu! Venez donc voir ce qu'il y a encore ici d'horrible.

À peine avaient-ils poussé avec force cette exclamation qu'ils avaient reculé d'horreur en perdant leurs chapeaux. Qu'y avait-il donc encore ! Venez voir vous-même, me répondirent-ils!

Nous nous rendîmes tous ensemble et le spectacle qui s'offrit à nos yeux était de nature à faire reculer les plus hardis. Huit cadavres éventrés gisaient sur le pavé de ce hangar. Eparses çà et là, les têtes de toutes ces victimes au nombre de vingt-trois.

C'était horrible à voir, les unes avaient le front broyé, les autres le crâne ouvert, d'où s'échappait la cervelle, celles-ci le nez coupé, celles-là les yeux sortis de leur orbite. Les cheveux étaient remplis de sang, et toutes ces têtes, à l'exception de quelques-unes étaient fracassées et semblaient avoir subi une mort des plus violentes.

Après le premier moment de frayeur passé, je dis à mes hommes: «Il ne faut pas perdre inutilement notre temps, travaillons à leur donner au plus tôt une sépulture, pour nous éloigner au plus vite de ce lieu de malheur.»

La fosse creusée, nous nous mîmes à transporter tous ces débris humains. On descendit d'abord dans la fosse les trois coffres, et ensuite le mulâtre que nous trainâmes comme un loup marin, car il nous paraissait évident que c'était lui qui avait accompli la plus grande partie de cette horrible boucherie.

Nous avons cru qu'il ne méritait pas les honneurs d'être porté. Nous coupâmes de grandes branches de sapin et d'épinette sur lesquelles nous déposâmes les débris des autres cadavres, et à l'aide de crochets de branches d'aulne que nous avions été couper à cet effet, nous pûmes transporter tous ces restes humains dans la fosse commune.

Une vieille cuve trouvée sur le lieu du sinistre, nous servit à transporter les têtes, les jambes et les intestins de ces vingt-trois malheureuses victimes. Ce triste devoir terminé et la fosse comblée, nous retournâmes à la cabane pour y visiter les effets que nous avions aperçus.

Il n'était que juste de s'approprier les habits et autres objets qui se trouvaient dans cet obscur réduit plutôt que de les laisser à la merci des premiers venus.

Les habits suspendus aux cloisons étaient remplis de vermine morte, et dans la crainte qu'il y en eût encore de vivante, nous ne voulûmes pas les transporter avec nous.

Vers les sept heures du soir, le vent tourna au nord, je mis à la voile et le surlendemain matin nous arrivions aux iles de la Madeleine. Aussitôt après mon arrivée, je remis le journal de bord à M. Colbeck, agent de l'amiral Coffin, seigneur des îles de la Madeleine. Je lui donnai en même temps tous les autres papiers que nous avions trouvés.

Quelques jours plus t**d, après qu'il eut lu le journal de bord, M. Colbeck me dit que c'était un navire qui avait fait naufrage au cap Noir (cap est) d'Anticosti l'automne précédent.

Avant de faire côte, le GRANICUS avait talonné sur les galets qui se trouvent au large du havre, et que dans le même temps, un matelot se trouvant sur la vergue d'artimon, et n'ayant pas exécuté assez promptement une manœuvre commandée par le capitaine, celui-ci lui brûla la cervelle d'un coup de pi****et.

Le journal finissait le 28 avril 1829, et il était dit que l'équipage avait, beaucoup souffert durant l'hiver, et que le capitaine paraissait prévoir, sur les derniers jours, ce qui était arrivé. »

Dans plusieurs autres écrits, on y mentionne que dans les écrits du capitaine rien ne laissait prévoir quant à ce qui allait se passé. Donc entre le 28 avril, date des derniers écrits du capitaine dans son journal, et le 6 mai dans une période de seulement 8 jours quelqu’un avait tué les survivants.

Sur le présumé assassin, on y dit qu’on pouvait induire de ses vêtements qu’il n’appartenait pas à une des classes inférieurs de la société et qu’il se nommerait B. Harrington.

Les français ont enterrés les malheureuses victimes ; ils ont rapportés tout ce qu’ils ont trouvé dans ce lieu de désolation. Ils se sont partagé ces dépouilles, qui consistaient en 152 souverains (pièce de monnaie), 2 instruments nautiques, quelques montres et des bagues d’or, des livres, des vêtements et le canot.

Extrait d’une lettre le 24 juin :
« J’ai vu, après le départ de ma missive du 13 une des bagues trouvées à Anticosti, elle porte cette inscription : J.S., marié à A.S., le 16 avril 1822. J’ai vu aussi une note au crayon écrite sur un morceau de papier qui enveloppait des souverains, elle est conçue en ces termes : « Vous trouverez encore 48 souverains dans une ceinture qui est dans mon hamac, envoyez les à Mary Harrington, Barrak Street, à Cowe, car ils appartiennent à son fils. Signé B. Harrington »

Dans un rapport du Québec Mercury du 18 aout 1829, on pouvait y lire :

« Le capitaine Gabriel Gabouri, de la goélette Elize, est récemment retourné à l’Ile d’ Anticosti, en plus des indications déjà publiées de l'état terrible dans lequel les corps des infortunés, de l’épave, censés être du Granicus, étaient trouvé. Il a débarqué avec toute son équipe au poste à Belle Bay, Anticosti, le 16 Juillet, et a trouvé dans l'une des maisons, près d'un demi- boisseau de morceaux d’os, d'environ six pouces de longueur, et des morceaux de chair ; un trou a été creusé dans le sol où ils avaient fait leur feu. Il semble qu'ils étaient en deux parties; une partie dans le bâtiment ci-dessus mentionnée, l'autre dans un petit immeuble d'environ dix pieds carrés, dans lequel il y avait un four. Ils ont trouvé sept têtes dans le four, l'un avec des cheveux rouges. Le 18 Juillet, ils ont trouvé enterré dans la terre, une boîte peinte en noir, recouverte sur le dessus avec un chiffon jaune. En l’ouvrant, ils l’ont trouvé rempli d’os, des entrailles, et des morceaux de chair, l'odeur était si grande qu'ils l’ont rapidement ré- inhumés. Il y avait une quantité de vêtements, chaussures, etc., la robe d'une femme, et les robes de huit ou dix enfants. Certains des vêtements qu'ils trouvaient étaient coupés, apparemment faite avec un couteau. Dans une paire de pantalons qu’ils étendirent sur l’herbe, ils comptèrent dix coups de couteau entre le milieu de la cuisse et la ceinture, il ajoute qu'il «pense à partir des marques qu'il a vu, les meurtres avaient tous été perpétrés le même jour. Michel Godin, qui était au poste en 1828, lorsqu’il a quitté y a laissé 15 cordes de bois dans un hangar, il y avait environ deux cordes restantes, le reste a été brûlé. Sur l'une des pièces de la maison les lettres suivantes ont été écrites :
S. M. T. H. I. F. S. Mars, 27 et 28.
La cloche du bateau a été retrouvée pendu à une branche d'un arbre dans les bois. »

Pour terminer voici une dernière information qui résume bien ce drame.
En juin 1829, les corps de 2 hommes furent retrouvés à quelques miles de la scène macabre et, à côté d’eux, une poutre sculpté par les mots : Quelle tristesse, quelle pitié.

Source :
http://www.comettant.com/bibliothèque/histoire-et-légendes-anticosti/page-3/...
http://www.comettant.com/bibliothèque/histoire-et-légendes-anticosti/page-4/...
http://books.google.ca/books?id=u5FBAAAAcAAJ&pg=PA341&lpg=PA341&dq=le+granicus&source=bl&ots=8V8VyChDm6&sig=BpTHA9jtZpfRZzKgRbMLdf4sNEM&hl=fr&ei=CC1dTt_APMys0AGEjrmFAw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBsQ6AEwAA =onepage&q=le%20granicus&f=false...

http://books.google.ca/books?id=g6xEAAAAcAAJ&pg=PA96&lpg=PA96&dq=granicus++b.+harrington&source=bl&ots=aAbOHnz_hm&sig=PRTr5ZYqmF8qNmG8-zmEPk_fJ9I&hl=fr&ei=7A1kTvKyJ4fx0gG-k_WmCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCEQ6AEwAQ =onepage&q=granicus%20%20b.%20harrington&f=false
http://www.wrecksite.eu/wrecksite.as.px
http://www.lighthousefriends.com/light.asp?ID=1617...

http://www.morrin.org/transactions/docsfromclient/books/317/317_f.html...

(1) Note de l’auteur.

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Je tiens à remercier toutes les personnes qui sont venues me rencontrer au Musée Langlois à Pointe-aux-Anglais lors des ...
08/03/2026

Je tiens à remercier toutes les personnes qui sont venues me rencontrer au Musée Langlois à Pointe-aux-Anglais lors des 2 journées ou j’étais présente. Ce samedi plus d’une quarantaine de personnes se sont présentées. Je ne pensais jamais qu’il y aurait autant de gens.

2 belles journées où j’ai eu la chance de pouvoir échanger avec vous. Ce fût tellement agréable et enrichissant de pouvoir vous partager ma passion. J’ai eu la chance d’échanger avec des gens ouverts, accueillants, curieux, de bonne humeur, et certains(es) aussi passionnés que moi. Des liens se sont créés et des nouvelles portes s’ouvrent pour des projets d’avenir.

Merci d’être venu. Merci de suivre ma page et merci de continuer à partager notre histoire.

Un gros gros merci à Alice Gendron, guide au Musée pour son idée et pour ses photos et Élodie Parent de Tourisme Port-Cartier pour son invitation.

La vie est belle😍J'ai reçu un très beau cadeau aujourd'hui. 😍 Au début d'avril un monsieur à communiqué avec moi me disa...
07/19/2026

La vie est belle😍

J'ai reçu un très beau cadeau aujourd'hui. 😍 Au début d'avril un monsieur à communiqué avec moi me disant avoir un cap de mouton trouvé à Pointe-des-Monts, qu'il voulait peut-être s'en départir et qu'il venait de découvrir ma page. On avait échangé un peu puis s'en était resté là.

Ce matin, grosse surprise, le monsieur m'écrit et me dit qu'il veut me donner le cap de mouton. Hoooo wowwww, c'est tellement gentil et généreux que j'en perd mes mots.......La seule condition est que je mentionne de qui et de où elle provient et que je le fasse voir. Et bien un gros gros merci à M Francois Alexis Behm pour votre grande générosité. Sachez que j'apprécie énormément votre cadeau. ❤️

PS Pour ceux et celles qui viendront au Musée Langlois à Pointe-aux-Anglais le 1ier août, vous pourrez le voir en "vrai '.🙂

07/09/2026

Voici la deuxième bonne nouvelle de la journée.😀

Vous venez à, où vous passez par Baie-Comeau, cet été, et vous aimeriez repartir avec un beau souvenir et bien bonne nouvelle la Microbrasserie St-Pancrace est maintenant dépositaire de ma carte des naufrages……. Cette dernière, qui mesure 22x28 pouces est disponible au prix de 60 $. Vous pourrez vous la procurer à la boutique située au 110 Boulevard Comeau à Baie-Comeau.

Mais saviez-vous que c’est sur une note d’histoire de contrebande d’alcool dans la baie St-Pancrace que la Microbrasserie a été développée? Allant même jusqu’à lier plusieurs bières avec une légende nord-côtière.

Entreprise qui existe depuis 2013, cette dernière est une fierté régionale. Très impliquée, elle soutient, du mieux qu’elle peut, tout ce qui à trait avec la qualité de vie de notre communauté régionale.
Lors de votre visite, n’oubliez pas qu’il vous sera possible de participer à une dégustation animée et exploration brassicole. (Voir le site internet)

Arrêter à la boutique, c’est entrer dans un endroit chaleureux, cordial ou les sourires et la bonne humeur sont au rendez-vous……

À mettre dans votre planning de voyage.

Bonne visite et un gros merci de m’encourager et de partager notre histoire. :-)

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Gens de la Côte-Nord, visiteurs, curieux ou passionnés d’histoire ou de naufrages, c’est avec un grand plaisir que je vo...
07/09/2026

Gens de la Côte-Nord, visiteurs, curieux ou passionnés d’histoire ou de naufrages, c’est avec un grand plaisir que je vous invite à venir me rencontrer au Musée Langlois, à Pointe-aux-Anglais, les 18 juillet et 1 aout. L’entrée est gratuite. Ces 2 journées se veulent cordial. Il me fera plaisir d’échanger avec vous sur différents naufrages survenus dans notre belle région.

Il vous sera possible d’acquérir ma carte des naufrages qui mesure 22x28 au prix de 60$ (Argent comptant ou virement).

Au plaisir de vous voir en grand nombre.😊

🌊 SUR LES TRACES DES NAUFRAGES DE LA CÔTE-NORD

Cet été, plongez dans les fascinantes histoires de notre patrimoine maritime lors d'une exposition éphémère présentée au Musée Louis-Langlois!

Les 18 juillet et 1er août, venez rencontrer Nancy Chouinard, passionnée de l'histoire des naufrages sur la Côte-Nord et créatrice du blogue La Côte-Nord et ses naufrages. Depuis plusieurs années, elle répertorie et cartographie des centaines de naufrages sur notre littoral. Au fil de cette exposition spéciale, elle vous fera découvrir ses recherches, partagera des anecdotes captivantes et présentera sa carte des naufrages de la Côte-Nord.

⚓ Une belle occasion d'en apprendre davantage sur les histoires, parfois méconnues, qui ont marqué notre territoire.

📅 18 juillet et 1er août
🕤 De 10 h à 16 h
📍 Musée Louis-Langlois
🎟️ Activité gratuite

06/17/2026

24 naufrages.

J’ai toujours entendu dire que à Betsiamites il n’y avait eu que 4 ou 5 naufrages… Une petite place tranquille…

FAUX

Quelle ne fût pas ma surprise lors de mes recherches de pouvoir en trouver 24…..24 bateaux. 24 équipages. 24 drames à l’embouchure de « Petchemits »(Lieu où il y a des lamproies). Et je suis certaine qu'il y en a eu plus que ça.

Bersimis en 1862. Betsiamites en 1981. Pessamit aujourd’hui. 3 noms pour un même endroit. Le nom change mais pas la même batture dangereuse ni les bancs de sable toujours aussi présent.

Vous venez de Pessamit? Est-ce que vous saviez tout ça? Partage si quelqu’un dans ta famille parlait de ces bateaux-là.

Je vous partage la liste des navires que j’ai pu trouver.

Josephine 1843
"Barque" 1847
"Navire" 1851
William 1853
Polynesia 1857
"Barque" 1866
General Sale 1866
Mary 1875
Arago 1876
Constitution 1880
Severre 1883
Prinds Oscar 1892
Sir John Laurence 1892
Hannah 1892
Brilliant 1892
Marie 1894
Belos 1894
"Trois mâts" 1894
"Trois mâts" 1894
Omaha 1912
Hilda 1912.
Zapotic 1912.
"Yacht" 1917
Concordia 1929

MYSTÈRELe Saint-Laurent garde ses secrets... et celui-là date d’avant 1685.Aujourd’hui je vous parle du "Naufrage" des Î...
06/14/2026

MYSTÈRE

Le Saint-Laurent garde ses secrets... et celui-là date d’avant 1685.

Aujourd’hui je vous parle du "Naufrage" des Îlets-Jérémie.

Sur les cartes des 17e-18e siècle, les hydrographes, comme Franquelin qui cartographiait pour le roi de France, notaient "Naufrage" pour marquer un banc, un récif ou une zone où des bateaux avaient déjà coulé. C’était un avertissement pour les navigateurs. Comme on mettrait "Danger" sur une carte marine moderne. Probablement que l’information venait des pilotes et des coureurs des bois qui naviguaient déjà là.

Sur la carte de Franquelin en 1685, juste à côté des Îlets-Jérémie, il a griffonné un seul mot : NAUFRAGE.

Pas de nom de bateau. Pas de date. Juste un avertissement pour les pilotes : "Ici, des bateaux ont coulé".

Ce ou ces naufrages sont survenus avant 1685, à l’époque où Noël Jérémie dit Lamontagne faisait la traite des fourrures avec les Innus. Peut-être une barque de bois chargée de fourrures, avalée par les bancs de sable et les courants de la Betsiamites ou bien un des nombreux navires, avec un brave équipage, qui naviguaient dans nos eaux à cette époque.

Le Saint-Laurent a englouti + de 1000 bateaux sur la Côte-Nord. Certains sont célèbres comme la flotte de Walker, le Corossol ou le St-Olaf. D’autres sont anonymes... comme celui-ci!

341 ans plus t**d, l’épave n’a toujours pas de nom et le mystère reste entier.

06/04/2026

ROSEBUD

Quand on parle de naufrage ou qu’on entend le mot naufrage, la première chose qui nous vient à l’idée ou que l’on croit c’est que ce dernier a eu lieu il y a très longtemps…….Dans le temps où les moteurs (comme on les connait) n’existaient pas. Dans le temps où la technologie n’existait pas encore et dans le temps où les navigateurs devenaient les otages des vents, des marées et des tempêtes.

Le présent récit nous prouve le contraire. Encore, de nos jours, malgré toutes les avancées de la technologie, aucun navire n’est à l’abri d’un naufrage. Ce dernier est survenu le 21 aout 1988.

Cinq pêcheurs passent sept heures en mer sur un radeau

Cinq pêcheurs de Havre Saint-Pierre ont vu la mort de près dans la nuit de dimanche à lundi, après que leur na vire eut coulé subitement.

Ils ont passé plus de sept heures en mer dans un frêle radeau avant que leurs fusées d’urgence ne soient aperçues par le Nordik-Express vers 22 h 30 dimanche soir et qu'ils soient repêchés par ce cargo.

« On a coulé en 10 minutes et on n'a même pas eu le temps d’envoyer un message radio», a raconté à la Presse Canadienne Pierre Barriault, un des cinq rescapés, alors qu’en roulé dans une couverture de laine il se remettait de ses émotions dans le carré de l’équipage du Nordik-Express.

Les cinq pêcheurs étaient à bord du « Rosebud », un chalutier de pêche de 10 mètres de long. Ils pêchaient le pétoncle dans le golfe Saint-Laurent, à 35 km au sud-est de Havre Saint-Pierre.

Voici le fil des événements de ce spectaculaire sauvetage, tel que reconstitué après le naufrage, dimanche :

— 10 h : le « Rosebud » quitte le quai de Havre Saint-Pierre pour la pêche avec cinq pêcheurs à bord;

— 15 h pour des raisons inexpliquées, le « Rosebud » prend subitement et rapidement l’eau. L'équipage a juste le temps de sauter dans le seul radeau de sauvetage du navire sans pouvoir émettre un message radio;

— 20 h : la Garde côtière est prévenue du non-retour anormal du « Rosebud » à son port habituel de Havre Saint-Pierre. L'alerte est lancée;

— 21 h ; le cargo Nordik-Express, qui revient de sa tournée hebdomadaire de la Basse Côte-Nord, quitte Baie-Johan-Beetz pour Havre Saint-Pierre avec sa cargaison et ses passagers;

— 21 h 45 : le capitaine du Nordik-Express aperçoit des fusées d’urgence à environ 15 km de l’endroit où il se trouve. Il met le cap en direction du lieu de détresse et ordonne qu’on atteigne la vitesse maximum;

— 22 h 20 : le Nordik-Express arrive à proximité du minuscule radeau où s'entassent les cinq naufragés épuisés et menacés d’hypothermie. Les passagers du Nordik-Express sont massés sur les ponts pour assister au sauvetage;

— 22 h 22 : la passerelle est descendue et l’équipage aide les cinq pêcheurs à monter à bord; on les enroule dans des couvertures de laine et on leur sert une boisson chaude;

— 22 h 25 : la grue du Nordik-Express recueille le radeau de sauvetage qui mesure sept pieds par quatre et qui flotte à la dérive;

— 24 h : le Nordik-Express accoste à Havre Saint-Pierre et y dépose les pêcheurs attendus avec inquiétude par leurs proches.

Outre Pierre Barriault, les quatre autres rescapés sont Yves Arseneault, André Arseneault, Rémi Vigneault et Wilson Arseneault, tous de Havre Saint-Pierre.

Barriault a raconté que vers 15 h la pompe qui permettait d’évacuer l’eau du navire s’était bloquée au moment où l'eau s ’infiltrait rapidement à bord.

Les cinq hommes ont eu juste le temps de mettre le radeau de secours à la mer.

Vers 18 h, ils ont envoyé une première salve de fusées d’urgence que personne ne semble avoir aperçues. Ils ont répété l’opération vers 21 h 45.

Barriault admet que lui et ses compagnons doivent la vie à deux facteurs : le fait que la mer était relativement calme au moment de la tragédie et la rapidité de l’intervention du Nordik-Express. Il ne croit pas que les cinq naufragés auraient pu tenir le coup toute la nuit à bord du petit radeau si les secours avaient t**dé.

Source : Le Devoir 23 aout 1988

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05/14/2026

Il n'y a rien de réjouissant à faire naufrage alors imaginez-vous faire naufrage une deuxième fois en à peine quelques jours........

LES NAUFRAGÉS DE LA “MACREE” ET “ L’ANSE AU “SENAU.”

Dans l’automne de 1755, une frégate de Sa Majesté le Roi de France faisait naufrage à l’endroit appelé le Gros Mécatina sur la côte du Nord. Cette frégate était commandée par MM. de Loubarat et de Condamin, avait pour aumônier M. l’abbé Chenot, pour médecin M. de Sauvenier, et portait environ trois cents hommes d'équipage : ce bâtiment avait nom « La Macrée. »

Je ne connais pas de document écrit dans le temps qui fasse mention des événements qui se rapportent à ce naufrage, et tout ce que je constate ici ne nous est venu que par la tradition, conservée dans la fidèle et intelligente mémoire des anciens de la Paroisse de Rimouski.

Une notable partie de l’équipage de « La Macrée » avait péri dans le naufrage, au Gros Mécatina, et le reste était destiné à mourir inévitablement de faim sur cette plage, où ne se rencontraient que quelques postes de pêche et de traite, dont les habitants étaient hors d’état de nourrir, pendant tout un hiver, un nombre comparativement aussi considérable d’hommes.

Le poste du Gros Mécatina était cette année-là occupé par un comptoir appartenant à M. Jean Taché, de Québec, et il s’y trouvait en ce moment un bâtiment à lui appartenant, lequel venait d ’être mis en hivernement à cause de la saison, trop avancée pour tenter le retour au port de Québec ; on était alors à la mi-Novembre.
Les officiers de « La Macrée » furent sans ret**d mis en possession de ce petit navire d’environ cent tonneaux, appartenant à cette classe que l’on désigne sous le nom de Senaux, et comme la seule chance de salut pour tous, hommes de la frégate et hommes du Poste, reposait sur le prompt départ des premiers, on mit dès le lendemain du naufrage le petit navire à la mer pour faire immédiatement voile vers Québec.

Il ne se passa rien de remarquable, d’après les rapports, pendant les quelques jours de vents peu favorables que dura la navigation, jusqu’à ce que, par la hauteur de la Pointe-aux-Pères et au milieu de la nuit, une tempête de vent de Nord-Ouest vint assaillir le Senau. On était alors dans les derniers jours de Novembre et il faisait un froid intense.

Le petit navire que le vent affalait vers la côte s’efforçait de tenir au plus près, afin de s’élargir, et ce fut ainsi que, perdus dans les ténèbres d’une nuit sombre, les malheureux naufragés de « La Macrée », vinrent donner contre les rochers qui bordent le bout d’en bas de l’Ile Saint Barnabé du côté sud et firent un second naufrage. Le navire, après quelques chocs contre les rochers dont il franchissait les aspérités soulevé par la vague, se mit à faire eau de toutes parts et finit bientôt par s’arrêter en sombrant dans une petite anse de l’Ile qui a toujours conservé depuis le nom d’Anse-au-S’nau.

Les infortunés marins ne savaient guère où ils étaient ; mais la marée, en baissant, vint enfin à laisser le petit bâtiment presqu’à sec ; alors on se dirigea vers la terre de l’Ile, où de courtes explorations faites dans les ténèbres firent croire qu’on était sur une île du large sans habitations, peut-être l’Ile du Bic. Il fallut se résigner à attendre le jour, alors que plusieurs; déjà tombaient de fatigues, d’inquiétude, de misère et de froid, pour ne jamais plus se relever.

Aux premières lueurs du jour, l’Hermite en sortant de son logis apperçut vers l’Est la voilure déchirée et ballant au vent ainsi que la coque échouée du petit navire ; voyant en cela l’indice certain d’un malheur, le pieux solitaire se dirigea en toute hâte vers le lieu du sinistre. Il trouva sur le rivage à l’entrée du bois les naufragés serrés les uns contre les autres et mourant de froid. Quelques moments après, tous ceux que la mort n’avait point frappés, aidés par l’hermite, étaient rendus dans la petite maisonnette de l’hermitage qui pouvait à peine les contenir à rangs pressés.

Cet asile ne pouvait servir qu’aux pressantes exigences du moment, aussi l’Hermite se mit-il de suite à allumer sur la plage le feu qu’il était convenu d’allumer comme signal au cas de besoin : un signal semblable, apparaissant du côté du village de Rimouski, vint bientôt montrer qu’on avait compris qu’il fallait envoyer du secours, et la vue du navier naufragé faisait assez voir aux braves habitants du village la cause de ce recours de l’hermite à ses amis, le premier qu’il eut encore imposé à leur amitié, pendant les vingt-sept ans qu’il avait déjà passés alors sur l’Ile Saint Barnabé. Cependant la marée avait monté et la glace qui empêchait de pouvoir se servir d’embarcations étant trop faible pour porter, force fut d’attendre la nouvelle marée basse dont profitèrent alors, pour se rendre à l’île, presque toute la petite population mâle et valide du village, l’Hermite ayant multiplié ses signaux pour faire voir l’étendue des besoins de secours.

Il fallait se hâter de faire parvenir à terre ferme les naufragés, avant le retour de la marée, et ce fut un spectacle nâvrant que celui de cette pénible opération. Les marins de « La Macrée » étaient encore plus nombreux que les hommes généreux venus pour les secourir, beaucoup d’entre eux étaient incapables de faire sans aides le fatiguant trajet que tous néanmoins voulurent entreprendre, malgré les remontrances et les charitables violences mêmes de l’Hermite et des bons villageois. Aussi plusieurs périrent-ils sur la batture au milieu des glaces, les sauveteurs n’étant pas en nombre suffisant pour les conduire tous au rivage avant le retour de la marée.

Les survivants de ce double naufrage passèrent l’hiver à Rimouski, décimés encore qu’ils furent par des fièvres malignes qui se déclarèrent parmi eux. Au printemps, ils quittèrent le presbytère et les autres demeures qui leur avaient donné asile, pour se rendre à Québec sur un petit bateau de l’endroit.

On voit encore, aux extrêmes marées basses, dans l’Anse au S’nau de l’Ile Saint Barnabé, les restes du petit navire de M. Taché ; le chêne de sa solide construction s’est conservé parfaitement sain, étant presque constamment submergé et toujours mouillé dans l’eau de mer. C’était le troisième bâtiment que M. Taché voyait se perdre au service du Roi de France : un de ces navires avait péri sur cette même Ile Saint Barnabé, en revenant d’Acadie, en 1750, comme en fait foi un document conservé aux Archives de la Marine, à Paris.

Tous ces incidents de l’existence de la petite population, que la France a laissée sur les bords du Saint Laurent, me semblent dignes d’être recueillis et transmis à nos descendants : ils sont comme ces souvenirs de famille qu’on se redit au coin du feu, et ne servent pas peu à entretenir au sein des peuples l’esprit national et à fortifier chez eux l’instinct de conservation. La Religion, la langue et les souvenirs sont les éléments principaux qui constituent la nationalité: tant que nous tiendrons à ces trois choses, avec cette volonté ferme que rien n’ébranle, que l’intérêt matériel ne saurait faire défaillir, aussi longtemps, quoiqu’il arrive, nous conserverons cette vie distincte sans isolement qui honore notre race et arrache des éloges de la bouche même de ceux qui, on le sent, voudraient pour tout au monde pouvoir trouver à nous attaquer sur ce terrein.
J. C. Taché

Source: Les soirées canadiennes : recueil de littérature nationale, 1 janvier 1865

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