06/04/2026
ROSEBUD
Quand on parle de naufrage ou qu’on entend le mot naufrage, la première chose qui nous vient à l’idée ou que l’on croit c’est que ce dernier a eu lieu il y a très longtemps…….Dans le temps où les moteurs (comme on les connait) n’existaient pas. Dans le temps où la technologie n’existait pas encore et dans le temps où les navigateurs devenaient les otages des vents, des marées et des tempêtes.
Le présent récit nous prouve le contraire. Encore, de nos jours, malgré toutes les avancées de la technologie, aucun navire n’est à l’abri d’un naufrage. Ce dernier est survenu le 21 aout 1988.
Cinq pêcheurs passent sept heures en mer sur un radeau
Cinq pêcheurs de Havre Saint-Pierre ont vu la mort de près dans la nuit de dimanche à lundi, après que leur na vire eut coulé subitement.
Ils ont passé plus de sept heures en mer dans un frêle radeau avant que leurs fusées d’urgence ne soient aperçues par le Nordik-Express vers 22 h 30 dimanche soir et qu'ils soient repêchés par ce cargo.
« On a coulé en 10 minutes et on n'a même pas eu le temps d’envoyer un message radio», a raconté à la Presse Canadienne Pierre Barriault, un des cinq rescapés, alors qu’en roulé dans une couverture de laine il se remettait de ses émotions dans le carré de l’équipage du Nordik-Express.
Les cinq pêcheurs étaient à bord du « Rosebud », un chalutier de pêche de 10 mètres de long. Ils pêchaient le pétoncle dans le golfe Saint-Laurent, à 35 km au sud-est de Havre Saint-Pierre.
Voici le fil des événements de ce spectaculaire sauvetage, tel que reconstitué après le naufrage, dimanche :
— 10 h : le « Rosebud » quitte le quai de Havre Saint-Pierre pour la pêche avec cinq pêcheurs à bord;
— 15 h pour des raisons inexpliquées, le « Rosebud » prend subitement et rapidement l’eau. L'équipage a juste le temps de sauter dans le seul radeau de sauvetage du navire sans pouvoir émettre un message radio;
— 20 h : la Garde côtière est prévenue du non-retour anormal du « Rosebud » à son port habituel de Havre Saint-Pierre. L'alerte est lancée;
— 21 h ; le cargo Nordik-Express, qui revient de sa tournée hebdomadaire de la Basse Côte-Nord, quitte Baie-Johan-Beetz pour Havre Saint-Pierre avec sa cargaison et ses passagers;
— 21 h 45 : le capitaine du Nordik-Express aperçoit des fusées d’urgence à environ 15 km de l’endroit où il se trouve. Il met le cap en direction du lieu de détresse et ordonne qu’on atteigne la vitesse maximum;
— 22 h 20 : le Nordik-Express arrive à proximité du minuscule radeau où s'entassent les cinq naufragés épuisés et menacés d’hypothermie. Les passagers du Nordik-Express sont massés sur les ponts pour assister au sauvetage;
— 22 h 22 : la passerelle est descendue et l’équipage aide les cinq pêcheurs à monter à bord; on les enroule dans des couvertures de laine et on leur sert une boisson chaude;
— 22 h 25 : la grue du Nordik-Express recueille le radeau de sauvetage qui mesure sept pieds par quatre et qui flotte à la dérive;
— 24 h : le Nordik-Express accoste à Havre Saint-Pierre et y dépose les pêcheurs attendus avec inquiétude par leurs proches.
Outre Pierre Barriault, les quatre autres rescapés sont Yves Arseneault, André Arseneault, Rémi Vigneault et Wilson Arseneault, tous de Havre Saint-Pierre.
Barriault a raconté que vers 15 h la pompe qui permettait d’évacuer l’eau du navire s’était bloquée au moment où l'eau s ’infiltrait rapidement à bord.
Les cinq hommes ont eu juste le temps de mettre le radeau de secours à la mer.
Vers 18 h, ils ont envoyé une première salve de fusées d’urgence que personne ne semble avoir aperçues. Ils ont répété l’opération vers 21 h 45.
Barriault admet que lui et ses compagnons doivent la vie à deux facteurs : le fait que la mer était relativement calme au moment de la tragédie et la rapidité de l’intervention du Nordik-Express. Il ne croit pas que les cinq naufragés auraient pu tenir le coup toute la nuit à bord du petit radeau si les secours avaient t**dé.
Source : Le Devoir 23 aout 1988
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