27/04/2022
PAGE D'HISTOIRE:
Deux compatriotes (Khamis et Moussa) quittent leur Guéra natal pour une aventure au Soudan Anglo-Égyptien.
Dans ce pays, ils font des travaux champêtres qui leur permet de s'acheter des Djallabias et turbans.
Parti de Bitkine à pied pour ce long voyage, ils arrivent à Djinèné après une semaine de pénible marche. Là, ils sont accueillis par un frère biologique qui s'appelle Bani. Tellement dépaysé cet hôte les retient pendant trois jours pour une causerie en patois. Au quatrième jour, ils quittent Djinèné pour un voyage cette fois-ci en véhicule de marque Chevrolet. Arrivé à la station, Bani leur donne le conseil en arabe. Il leur dit de bien attacher leur culotte car les autochtones de ce pays baisent les hommes. Bani par inadvertance s'adresse à ses frères en arabe. L'apprenti chauffeur qui est à côté du véhicule a suivi la conversation. Peu après, le véhicule démarre pour une destination. Comme ce camion est vieillissant, il tombe fréquemment en panne qu'il faut pousser. Épuisé, le chauffeur ordonne le couchage dans un endroit. Khamis et Moussa très fatigué, dorment profondément. L'apprenti chauffeur qui a suivi leur conversation prend sa boîte de graisse , il defait la culotte de Khamis et Moussa et leur applique à l'a**s. Il ne rattache pas les culottes. Dans leur sommeil profond, ils n'ont rien entendu. Le matin, le chauffeur crie et annonce aux passagers leurs départ. Khamis se lève et sa culotte tombe. Il sent une odeur nauséabonde dans sa culotte, il constate que son a**s est mouillé. Pour lui, on lui a fait la chose. Moussa à son tour s'élève et sa culotte tombe aussi, son re**um est mouillé. Khamis dit à Moussa, le conseil que Bani nous a donné au parc auto de Djinèné se confirme. Moussa rétorque en disant : Nic lé nacona hassada ni capo lé kalaba bass. Puis nonchalamment ils poursuivent leur voyage dans la tristesse totale. Ils arrivent à Am-Dourmane. Dans cette localité avec le temps, ils se convertissent en Islam et décident d'aller en pèlerinage à la Mecque avant de retourner au guéra. Comme le destin décide maladroitement, Moussa tombe malade et meurt à la Mecque. Khamis rentre précipitamment au pays et la mère de Moussa vient aux nouvelles. Khamis lui dit que Moussa est chanceux, il est mort à la Mecque le lieu saint.
Oreilles aux aguets, la maison demande où il est mort. Khamis lui dit que c'est à la maison de Dieu ( fi bete ana Allah).
La vieille éclate en sanglot, elle verse de chaudes larmes puis se ressaisi : dans tout ça, c'est mon fils Moussa qui a tort. C'est en sa présence ici que Allah a tué son père, pourquoi va-t-il à la maison de Allah ?( Wiledi Moussa kati, hiya sokolbabga gahinac dah Allah yi arpa. Moussa guelba mour. Ho nass ana kiamé bassalo soual ana dour .sokolbabga dah pacile. Moussa mine wileta na doummah rama. Moussa bess kati wiledi. Khamis rentre au village avec une valise remplie d'habits. Pour se défouler, il organise une danse de guiessesse. Il quitte la foule avec sa Djallabia, kadamoul et torche Daïmoune pour aller saluer les danseurs. En pleine journée, il allume sa torche pour voir la foule. Les jeunes du quartier n'apprécient pas ce comportement de Khamis. Une semaine après, Khamis et son épouse quittent pour un voyage dans le village de son épouse pour saluer sa belle-mère.
Les jeunes du quartier qui ont appris la nouvelle, partent tendre une embuscade sur la route qui va au village de la belle-mère.
En route, Khamis et son épouse Fatimé tombent dans une embuscade. Fatimé est conduite quelque part dans les buissons et son mari Khamis est chargé de surveiller les excréments. Aucune mouche ne doit se poser sur le déchet. Il aura un châtiment corporel s'il n'exécute pas cet ordre. Khamis s'adresse aux mouches qui veulent se poser : walahi ma tanzil. Assalou anagaï thini le aouanta. C'est dans un arabe soudanais qu'il s'adresse aux mouches.
Choqué par ce ret**d, Khamis se met en courroux et appelle à haute voix son épouse :(fatimé inti ma tedji namsou ?) Sa femme lui répond : (hou gal bi tanni gaboul ) .son jouisseur veut doubler. Puis 30 minutes après, Fatimé est arrivée et tous les deux sont libres et continuent leur voyage. Après un silence de cimetière, la langue de Khamis se delie et Khamis dit à sa femme que ces voyous m'ont donné l'ordre de ne pas laisser une mouche atterrir sur les déchets mais exprès, j'ai laissé une grosse mouche se poser sur ce déchet. En route, sa femme qui a des yeux embués des larmes ne cesse de pleurer. Il console sa femme en disant que lui-même au Soudan, on la baisé plusieurs fois. Jusqu'à là même mon re**um me fait mal. Sa femme écoute religieusement les dires de son mari et arrivé au village, elle éclate en sanglots en disant que son mari est in chamoroka, elle n'a pas besoin de lui. Le divorce est consommé et dans sa colère Khamis va à Ati. Par affinité tribale, il est accueilli par les parents. Mon père le fait embaucher comme gardien à la maison du chef de secteur scolaire d'Ati Mr Grevoz. Il gagne son salaire et dit à mon père qu'il veut se marier avec Fatimé Manzala. Attend l'arrivée de GARONDÉ de l'école, comme il est de la Jeunesse féminine de notre quartier, il connaît toutes les filles. Je rentre à la maison et Khamis aussi pour son projet.
Mon père m'a dit que ton frère veut se marier avec une fille qui s'appelle Fatimé Manzala. Cette fille a donné un bât**d , Khamis peut aller discuter directement avec elle. Il nous quitte furtivement et va voir la fille. Il récite à la fille sans nuance ce que je lui ai dit devant mon père. Je cite le baratinage de la fille par Khamis:" akaouane ma facaro par ratti ana pakar camane djite nacoutki. La fille qui voit frustrer par ce langage décousu prend un f***t et administre un coup sur la tête ecervelée de Waldar. Couvert de sang, il nous rejoint à la maison. Mon père l'interroge et en même temps il me demande d'aller voir Fatimé qu'est ce qui ne va pas. J'arrive et Fatimé m'accueille en riant. Elle me donne un banc et me raconte la scène moi j'éclate de rire. Puis je viens faire un compte rendu à mon père. Papa répond qu'il fera le mariage car la fille est aussi de notre district de Mongo. Bref le mariage est scellé et Fatimé donne un garçon.
Un jour, sa belle-mère arrive à la maison pour leur dire bonjour et continue au champ. Fatimé dans sa colère prend un morceau de bois pour lui casser la tête. Les voisins les séparent et Khamis est conduit chez mon père et Fatimé le rejoint. Elle demander le divorce, elle n'a pas besoin d'un mari aussi idiot. Mon père régle le problème et le couple continue sa vie conjugale.
En Février, c'est le recrutement des jeunes dans l'armée française, mon père est instructeur et recrute Khamis comme tirailleurs .
A Ati, dès qu'on vous donne la tenue, vous quittez la localité à 4 heure du matin pour un voyage à pied à destination du B.E.T. C'est Abba Kebir qui recrute les goranes pour cette longue marche. Dans 4 jours, la colonne arrive dans la zone désertique, ce désert triste et sans attrait.
Pour des raisons que personnes ne connaît, Khamis se jette sur le guide et le tape. Il le traite de civil. Blessé dans sa dignité, le guide attend la nuit pour disparaître. Là colonne est dans la danse et ne sait sur quel pied danser. Le destin s'acharne sur les yaldar. Là colonne fut décimé par la soif. Il ne restait que 3 survivants parmi lequel "Adjudant Tcheré Abite qui vit aujourd'hui au quartier diguel. Ce dernier totalise 97 ans d'âge aujourd'hui. C'est auprès de lui que j'ai recueilli cette information militaire. Ma mère a perdu son cousin Maïtura dans cette mêlée et Khamis est parmi les martyrs.
Un autre fait qui a eu lieu au temps de Déby. Un frère que je retiens le nom est parti à la Mecque pour un pèlerinage. Arrivé au lieu, on lui demande d'attacher le Haram et de reciter labeïca. Il Watara tassama amchaltout. C'est moi qui a attaché un pays et chanté aux arabes. Il rejette systématiquement cette proposition et regagne son Guéra natal. Devant Amchaltoute la très belle fille de Bitkine mon frère refuse de chanter labeïca et rentre à Bitkine. Les amis arabes et Ouaddaïens de Bitkine souvent dans ces causeries et moi je réplique mon frère à raison.
Il ne doit chanter pour faire plaisir aux arabes. D'aucuns me provoquent en disant que toi aussi tu as fait le pèlerinage est ce que tu n'as pas chanté labeïca. Moi je suis un hadjaraï d'Ati qui sait distinguer lesine et le chine. Ne me compter pas avec ces Cancres qui laissent se conduire comme un mouton à l'abattoir par les Pouvoiristes d'aujourd'hui.
©️ AL HADJ GARONDÉ DJARMA
Tel: +235 66 54 51 95