16/12/2025
Cher amant,
Après un rêve agité, je me suis réveillée en train de lire ta missive, tendre amant.
Je peux respirer, sentir, voir, voire même caresser ton regret.
Mon cœur a fait un choix : celui d’être là, même si tout se casse, et de garder toujours en moi une petite place. De loin, sans prétendre à ta présence ou à ton absence, tu es cette statue que je chéris tant, que personne ne peut remplacer, et là derrière, toujours, à te protéger du mieux que je peux.
Ton silence ne me fera plus peur. Mais cependant, si ma pauvre âme amoureuse ne peut avoir l’amour en vérité, alors fais au moins qu’il en soit ainsi dans mes rêves, afin qu’ils soient moins agités.
Ah, tendre amant…
Ta lettre vient de soutenir ma faible espérance : que ce petit sentier qui mène à ta lettre ne soit plus jamais oublié. Je la reçois avec douceur, sans exigence.
Savoir que ton cœur a rêvé le même langage me trouble plus que tu ne peux l’imaginer. Oh, messire, je ne saurais te l’avouer. Les absences que la vie nous impose parfois, j’en connais la rudesse. Mais, mon seigneur, ce n’est pas pour m’agenouiller que je viens, c’est pour supplier de ne plus reproduire ces silences qui brûlent, qui me déshabillent.
Je ne te demande pas de promesses impossibles, seulement une présence imparfaite, car c’est l’imparfait qui crée le parfait. Écris-moi de temps à autre.
Mon cher amant, je vous aime. Veuillez répéter en chœur cette expression de mon bonheur. Songez que vous m’avez accoutumée à vous entendre et à vous écrire, et que m’en priver, messire… m’en priver, c’est me condamner à un tourment où mon amour et ma vie cesseraient d’exister.
Déjà, le sens de cette crainte m’arrête. Je vous prie de me répondre avec la même tendresse et la même franchise, et de ne jamais douter de la vérité de mes sentiments.
Votre amante.