10/08/2026
Un service écosystémique désigne un bénéfice que les populations humaines tirent du fonctionnement des écosystèmes. Autrement dit, les écosystèmes ne constituent pas uniquement un patrimoine naturel à conserver. Ils produisent en permanence des biens et des fonctions indispensables au fonctionnement de nos sociétés.
Une fonction écologique correspond à un processus ou une interaction inhérente au fonctionnement d’un écosystème. Par exemple la production primaire ; le cycle des nutriments ; l'infiltration et stockage de l’eau ; l'accumulation de biomasse ; la pollinisation ; la décomposition de la matière organique et le stockage du carbone. Lorsque ces fonctions contribuent au bien-être humain, elles peuvent se traduire en services écosystémiques. C’est donc le fonctionnement des écosystèmes qui constitue la base de nombreux bénéfices économiques, sociaux, sanitaires et culturels dont nous dépendons.
L’approche classique du Millennium Ecosystem Assessment distingue quatre grandes catégories.
1️⃣ SERVICES D’APPROVISIONNEMENT.
Ce sont les biens matériels directement issus des écosystèmes à savoir les aliments ; l'eau douce ; le bois ; les produits forestiers non ligneux ; les ressources médicinales ; les ressources halieutiques, les fibres et autres matières premières. Dans de nombreuses communautés, ces services contribuent directement aux moyens d’existence, aux revenus des ménages et à la sécurité alimentaire.
2️⃣ SERVICES DE RÉGULATION.
Ils résultent de la capacité des écosystèmes à réguler certains processus naturels. Régulation climatique ; régulation hydrologique ; contrôle de l’érosion ; pollinisation ; régulation biologique ;
amélioration de la qualité de l’air et épuration naturelle de l’eau sont entre autres de ces services.
Une forêt, une zone humide ou un sol fonctionnel peuvent ainsi jouer le rôle d'une infrastructure écologique contribuant à réduire certains risques et à maintenir des conditions favorables à la vie.
3️⃣ SERVICES CULTURELS.
La biodiversité et les écosystèmes génèrent également des bénéfices immatériels comme le tourisme et écotourisme ; le patrimoine culturel ; la recherche et l'éducation ; les valeurs spirituelles ; les valeurs traditionnelles ; le bien-être et loisirs ; l'identité et attachement aux territoires.
La nature possède donc également une dimension culturelle, sociale et patrimoniale.
4️⃣ SERVICES DE SOUTIEN.
Ils constituent les processus écologiques fondamentaux permettant aux autres services d’exister comme la formation des sols ; le cycle des nutriments ; la photosynthèse ; le cycle de l’eau ; le maintien des habitats et le maintien de la biodiversité.
Sans ces processus fondamentaux, les autres catégories de services ne pourraient pas être maintenues durablement.
C’est ici qu’apparaît une notion fondamentale LE CAPITAL NATUREL. Le capital naturel désigne l’ensemble des stocks de ressources naturelles et d’écosystèmes qui génèrent, aujourd’hui et dans le futur, des bénéfices pour les populations (Forêts, sols, eau, biodiversité, zones humides, pâturages…). Ce sont des actifs naturels. Lorsqu’un écosystème est dégradé, nous ne perdons donc pas uniquement un paysage. Nous pouvons perdre une partie de sa capacité à :
- stocker du carbone ;
- produire des aliments ;
- réguler l’eau ;
- protéger les sols ;
- soutenir la biodiversité ;
- fournir des ressources ;
- maintenir les moyens d’existence.
La dégradation du capital naturel peut donc devenir une dette écologique, économique et sociale.
Le problème est que beaucoup de services écosystémiques sont invisibles dans les transactions économiques quotidiennes. Lorsque nous détruisons une forêt, nous pouvons facilement mesurer la quantité de bois extraite. Mais comment mesurer immédiatement le carbone qui ne sera plus stocké ? l’érosion supplémentaire des sols ? la perte d’habitat pour la faune ? la diminution de la pollinisation ? la perturbation du cycle hydrologique ? la perte de ressources médicinales ? la diminution de la résilience de l’écosystème ?
C'est précisément cette difficulté qui explique pourquoi certains bénéfices de la nature sont historiquement sous-évalués dans les décisions économiques et les politiques publiques.
Dans un contexte marqué par la dégradation des terres, la variabilité climatique, la pression sur les ressources naturelles, la perte de biodiversité et l’évolution des besoins socio-économiques, la préservation des écosystèmes ne peut plus être considérée comme une question secondaire. Elle doit être intégrée dans la planification agricole; la gestion intégrée des ressources en eau ; la gestion durable des forêts ; la conservation de la biodiversité ; les politiques climatiques ; l’aménagement du territoire ; les politiques économiques et d’investissement et la planification du développement local.
À SUIVRE PUBLICATION 2/8. SERVICES D’APPROVISIONNEMENT : quand la nature devient source de nourriture, d’eau, de revenus et de moyens d’existence.