09/07/2025
📍 Douchanbé – Khorog
🚴♀️ Du 7 au 14 juin – premiers tours de roue sur la route du Pamir
Je poursuis ici le récit de mes premières semaines en Asie centrale. Cette portion entre Douchanbé et Khorog marque le début de ma traversée du massif du Pamir à vélo, sur la célèbre Pamir Highway — la M41.
🗻 C’est l’une des routes les plus hautes du monde, et souvent considérée comme l’une des plus exigeantes. Malgré son nom, cette “highway” n’a d’autoroute que le nom, tant son état est souvent plus que médiocre.
En quittant Douchanbé, j’ai choisi une variante par le sud jusqu’à Kalai Khumb. Cette route est plus longue, mais majoritairement asphaltée et avec moins de dénivelé que la portion initiale de la M41 — un choix raisonnable après trois semaines sans vélo à cause du COVID, et pas encore prête à grimper un col à plus de 3000 mètres.
🌡️ Dès la première journée, je fais face à une chaleur extrême, des montées raides et un trafic assez dense. Heureusement, je trouve un petit parc ombragé pour une sieste improvisée. En fin de journée, je commence à chercher un endroit où bivouaquer, mais il me manque de l’eau. Je m’arrête donc au poste de police… et cinq minutes plus t**d, me voilà invitée à passer la nuit dans une salle de conférence !
Après un accueil en famille quelques jours plus tôt, j’ai droit à une hospitalité tout aussi chaleureuse — même si plus institutionnelle. Et en prime, un coup de main pour réparer mon câble de dérailleur.
Les jours suivants, je longe la rivière Panj, qui marque la frontière naturelle entre le Tadjikistan et l’Afghanistan. La route suit les gorges, encaissée entre montagne et rivière, tantôt en bitume cabossé, tantôt en piste défoncée.
🌿 Côté afghan, tout paraît plus vivant, plus vert. Des maisons accrochées à flanc de montagne, des enfants qui jouent, des cultures en terrasse… C’est frappant. Et assez troublant aussi, d’être si proche d’un pays qu’on a longtemps imaginé à travers des récits de guerre et d’instabilité.
Cette portion traverse le Haut-Badakhchan, une région semi-autonome du Tadjikistan. Pour y circuler, un permis spécial est requis, en plus du visa. Il est régulièrement contrôlé à des checkpoints, nombreux sur cette portion de frontière.
🪖 La présence militaire est bien visible côté tadjik. Je croise des bases tous les 15 ou 20 kilomètres, des petits abris en pierre positionnés face à la rivière, prêts à servir de postes de tir si besoin. Cela crée une atmosphère étrange : la route est belle, silencieuse, presque paisible… et pourtant marquée par cette tension diffuse.
🚵♀️ Physiquement, les étapes sont rudes. La route monte et descend sans cesse. Et les températures sont extrêmes : j’ai roulé certains jours avec 43 °C au thermomètre, et bien plus en ressenti sur le bitume. L’ombre est rare. Je pousse souvent mon vélo dans les pentes trop raides, je m’arrête dès que la chaleur m’écrase, et il m’est arrivé de faire du stop pour franchir certains passages. Mais j’avance, à mon rythme, entre effort, adaptation… et contemplation.
🎙️ J’arrive à Khorog le 14 juin, après une semaine de vélo intense. Je vais devoir m’habituer à faire des distances plus courtes qu’à mon habitude. L’altitude rend les températures plus agréables, les rencontres se multiplient, et le décor change. La suite promet d’être plus sauvage encore.
👉 À suivre très bientôt.