18/02/2026
Bio Guera, de son vrai nom Gbaasi N’Guerra, était un prince guerrier wassangari originaire du village de Gbaasi, dans l’actuelle commune de Kalalé, au nord du Bénin. Fils de Sabi Yérima, noble wassangari, et d’une mère gando, il grandit dans un contexte marqué par l’avancée de la pénétration coloniale française et les tensions qu’elle suscitait dans le Borgou.
Dès août 1897, Bio Guéra s’engage activement dans la résistance contre l’armée coloniale française. Aux côtés d’autres figures locales, dont Saka Yérima, il mène plusieurs affrontements pour défendre l’autonomie de son peuple. Il se distingue notamment lors des combats autour de Bembéréké, où les troupes françaises rencontrent une opposition farouche. Son courage, sa stratégie et sa détermination font de lui l’un des symboles majeurs de la résistance dans le nord du pays.
Après des années de lutte, il est finalement capturé et meurt le 17 décembre 1916. Son sacrifice marque profondément l’histoire nationale. Aujourd’hui, il est reconnu comme un héros de la résistance anticoloniale au Bénin.
Son héritage est matérialisé par des monuments commémoratifs, notamment une statue érigée à Parakou, dans la région du Borgou, berceau de son combat.
Quant à sa statue au cœur de Cotonou, elle symbolise la reconnaissance nationale de son engagement. Cotonou étant la capitale économique et la ville la plus visible du pays, y ériger sa statue permet de rappeler à tous les Béninois — et aux visiteurs — que la liberté et la dignité nationale ont été défendues par des hommes courageux venus de toutes les régions. Sa présence dans cette grande métropole unit symboliquement le nord et le sud du pays autour d’une mémoire commune : celle de la résistance, de la bravoure et de l’identité nationale.