09/02/2026
Quand nous parlons de patrimoine, de quoi parlons-nous vraiment ?
On voyage.
On visite.
On prend des photos.
On suit un circuit guidé.
On écoute une histoire, on découvre une architecture, une tradition, un savoir-faire, un paysage…
Et puis, en repartant, on se dit parfois :
« Ça y est, je connais le patrimoine de ce territoire. »
Je dois l’avouer : pendant longtemps, je ne me suis pas vraiment interrogée davantage que cela sur cette notion.
Je pensais que la définition du patrimoine était, quelque part, acquise. Presque immuable.
Des monuments, des sites, des objets, des traditions, des pratiques, des savoir-faire…
Ce que les générations précédentes nous avaient transmis et que nous avions, à notre tour, la responsabilité de préserver.
Mais aujourd’hui, quelque chose me pousse à regarder cette définition autrement.
L’arrivée de l’intelligence artificielle ébranle quelques-unes de mes certitudes.
Si une IA peut recréer une image d’un lieu disparu, raconter une histoire qui n’a jamais été vécue, reproduire un savoir-faire, générer une architecture qui semble appartenir à un territoire…
Alors, qu’est-ce qui fait véritablement patrimoine ?
Est-ce ce que nous conservons ?
Ce que nous transmettons ?
Ce que nous continuons à faire vivre ?
Ce que nous choisissons de montrer ?
Ou ce qui porte encore une mémoire, une identité, une histoire humaine ?
Et surtout :
à qui appartient cette histoire ?
Qui la raconte ?
Qui la transmet ?
Et que voulons-nous en faire demain ?
C’est cette réflexion que j’ai envie d’ouvrir au mois de septembre avec L’Atelier des Escales.
Pendant tout le mois, nous voyagerons autour du mot PATRIMOINE.
Nous nous intéresserons à ce qu’il est, à sa fonction, à ce qu’il devient aujourd’hui, à ce que nous transmettons… et peut-être aussi à ce que nous sommes en train de perdre.
Son présent.
Son avenir.
Et la place que nous voulons lui donner dans nos territoires.
Je n’ai pas l’ambition d’apporter une définition définitive.
Au contraire.
J’ai envie de poser les questions.
D’ouvrir les discussions.
Et de regarder autrement ce que nous pensions connaître.