10/17/2014
Que la passion et le feu sacré de notre enseignante se perpétue ... Adieu Sylvie
Sylvie Marois: une véritable pionnière
La grande famille que forment les guides de montagne québécois a perdu sa «mère professionnelle», mardi, quand Sylvie Marois a été emportée dans une avalanche, au Népal.
«Elle n'avait pas d'enfants biologiques, mais environ 200 enfants dans notre domaine», a résumé, hier, son collègue et ancien élève du Cégep de Saint-Laurent, Alexandre Robert.
Sylvie Marois était une athlète de haut niveau, une pionnière dans son domaine. Elle faisait partie de la toute première cohorte de professionnels à avoir reçu une formation en sécurité avalanche au Québec.
«Elle était passionnée par son boulot et c'était contagieux», a souligné le médaillé olympique Jean-Luc Brassard, qui a suivi la formation en sécurité avalanche de deux jours donnée par Sylvie Marois, l'automne dernier, au Cégep de Saint-Laurent.
Comme bien d'autres, l'Olympien a été saisi en apprenant que Sylvie Marois fait partie des trois Québécoises emportées par l'avalanche. La femme de 54 ans est bien connue - et très respectée - dans le milieu des guides de plein air.
«Ça peut sembler un paradoxe que l'enseignante ait été prise dans l'avalanche, mais il s'agissait d'un contexte exceptionnel: le typhon qui arrive de nulle part et qui provoque la tempête parfaite», a rappelé Jean-Luc Brassard.
«C'était un acte de Dieu», a plutôt laissé tomber Alexandre Robert, en référence à l'improbabilité du drame.
Adepte du plein air depuis le début de l'âge adulte, Sylvie Marois a travaillé dans les années 90 à la boutique L'Aventurier, rue Saint-Denis, où elle a pu nourrir et développer sa passion. Elle était notamment adepte de télémark et de kayak.
«Souvent, les filles étaient dans les vêtements et les souliers, et les gars étaient dans l'équipement, mais Sylvie était une de nos spécialistes dans l'équipement, a raconté sa grande amie Hélène Philion, à l'époque directrice générale de l'Aventurier/Chlorophylle. Elle connaissait ça au bout. Et elle était très appréciée.» L'été, Sylvie Marois guidait les aventures en kayak de mer organisées par L'Aventurier. Elle a aussi enseigné l'éducation physique, son domaine d'études.
«À mon avis, c'était une des premières à avoir professionnalisé le métier de guide, et elle réussissait à en vivre, une des seules à cette époque-là», a dit son ex-collègue à L'Aventurier, Claude-André Nadon.
En 2000, le Cégep de Saint-Laurent lui a demandé sa collaboration pour aider à mettre sur pied le programme de formation de guide en tourisme d'aventure. Pendant l'année scolaire, Sylvie Marois y enseignait. «On tisse des liens très serrés dans ce programme. C'était notre mère professionnelle», s'est rappelé Alexandre Robert.
En raison de «problèmes internes», le programme n'a pas été donné cet automne. C'est ce qui a permis à Sylvie Marois d'accepter un contrat afin de guider des touristes dans les montagnes du Népal.
«Elle a eu l'opportunité de partir en voyage...», a lancé Alexandre Robert, conscient du malheureux concours de circonstances dont a été victime sa collègue.
Sylvie Marois vivait à Montréal avec sa conjointe. La métropole était son camp de base. «Sa vie, c'était les expéditions et le monde du plein air. Sa vie, c'était dehors. C'était une athlète de haut niveau, très aimée, a dit Hélène Philion. Ma plus grande consolation, c'est qu'elle est morte en faisant ce qui la passionnait.»