10/23/2025
Quand je suis arrivé au Canada, c’était pour fuir certains souvenirs.
J’étudiais à Montréal, seul, dans un quartier lointain.
Chaque jour, le métro ressemblait à un tunnel sans fin.
Le week-end, j’allais à Toronto voir ma cousine — la seule personne qui m’attendait à ce moment-là.
Un jour, elle m’a dit : « On sort un peu ? »
Je croyais qu’on allait simplement au centre commercial.
Mais au fil des kilomètres, les immeubles ont laissé place aux arbres et au vent.
Les chutes du Niagara.
Je ne l’ai su qu’en descendant de la voiture.
Je n’ai pas pris de photo.
La brume piquait ma peau comme des aiguilles fines, le grondement couvrait toutes mes pensées.
De l’autre côté, c’était les États-Unis ; ici, c’était la nature — brute et immense.
J’ai eu l’impression d’être lavé de tout.
Dans la boutique de souvenirs, tout était rouge, plein de feuilles d’érable et de porte-clés.
J’ai choisi une simple carte postale, pour me souvenir aussi du chemin du retour.
Ce jour-là, j’ai compris que les chutes n’étaient pas juste une image sur un calendrier.
C’était la preuve que j’étais vraiment ici.
Depuis, j’y repense souvent.
Pas pour la beauté du lieu, mais pour la force qu’il m’a donnée.
Il reste tant d’endroits magnifiques que mes parents n’ont pas encore vus.
Un jour, je les y emmènerai — sous la même brume, face à la même ligne blanche qui tombe.
Et si toi aussi tu te sens seul dans une ville étrangère,
va voir une chute d’eau.
Pose ton téléphone.
Respire trois fois profondément —
tu entendras peut-être une version plus courageuse de toi-même.