15/06/2026
𝐂𝐡ô𝐦𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬, 𝐩𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 : à 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐮𝐧𝐞 𝐯é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞, 𝐥𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐫𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐞𝐭 𝐥'𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐢𝐚𝐭 𝐚𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 ?
Comment comprendre qu'on continue à marginaliser les formations et les recrutements dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme alors que ces secteurs figurent parmi les plus grands pourvoyeurs d'emplois au monde ?
Selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), le tourisme a généré 11 100 milliards de dollars en 2024, soit près de 10 % du PIB mondial. Le secteur soutient à lui seul environ 357 millions d'emplois, soit 1 emploi sur 10 dans le monde.
Dans le même temps, les Industries Culturelles et Créatives (ICC) emploient près de 50 millions de personnes à travers le monde. Plus impressionnant encore, elles constituent le premier employeur des jeunes de 15 à 29 ans selon l'UNESCO.
Face à ces chiffres, une question se pose : pourquoi le Cameroun continue-t-il à considérer la culture et le tourisme comme des secteurs secondaires ?
Nous parlons chaque jour de chômage des jeunes. Nous parlons d'auto-emploi. Nous parlons d'entrepreneuriat. Pourtant, les secteurs qui permettent justement aux jeunes de créer des agences de voyages, des entreprises culturelles, des musées privés, des festivals, des circuits touristiques, des ateliers d'artisanat, des plateformes numériques culturelles ou des entreprises événementielles restent insuffisamment valorisés dans les politiques de formation et de recrutement.
Le paradoxe est là : nous voulons que les jeunes entreprennent, mais nous investissons encore trop peu dans les formations qui leur permettraient de transformer nos richesses culturelles et touristiques en activités économiques viables.
Pendant que d'autres nations font de leur patrimoine une véritable industrie, nous assistons progressivement à la disparition de certaines langues locales, de savoir-faire ancestraux, de pratiques culturelles et de traditions qui pourraient pourtant créer des milliers d'emplois et générer des revenus durables pour les communautés.
La culture n'est pas une dépense. Le tourisme n'est pas un luxe. Ce sont des investissements stratégiques. Un pays qui protège sa culture protège son identité. Un pays qui développe son tourisme crée de l'emploi. Un pays qui forme ses jeunes à entreprendre construit son avenir.
Ngandjouong Arsène Cedrique, Ing. du patrimoine
fans
ICCROM - conserving culture, promoting diversity
Ministère des Arts et de la Culture - MINAC
Conservateurs des Musées & Acteurs du Tourisme de l'Ouest Cameroun