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La canne blanche est un feu rouge. Qui paiera pour que tout le monde s'arrête ?Le CJARC a rassemblé le 15 octobre plus d...
20/10/2026

La canne blanche est un feu rouge. Qui paiera pour que tout le monde s'arrête ?

Le CJARC a rassemblé le 15 octobre plus de 120 personnes, dont une trentaine d'organisations de personnes handicapées venues des dix régions, pour la Journée internationale de la canne blanche. Au-delà de la célébration, les témoignages entendus posent une question que le Cameroun ne peut plus éluder. Qui finance la sensibilisation qui protège ceux que l'on ne voit pas, ou que l'on refuse de voir, sur nos routes ?

Le jeudi 15 octobre 2026, le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) a célébré la Journée internationale de la canne blanche à son siège du quartier Ekié, à Yaoundé, sous le thème « Le code pour tous et une route sûre pour chacun ». La particularité de cette édition tenait à la mobilisation. Une trentaine d'organisations étaient représentées par plus de 70 personnes venues des dix régions du pays. À elles se sont ajoutés les déficients visuels de Yaoundé, venus en nombre, au point que la salle s'est révélée trop petite pour les plus de 120 participants.

Chaque année, le CJARC distribue des cannes blanches à cette occasion. Cette fois, plus d'une centaine ont été remises. Le rendez-vous est désormais connu des déficients visuels, qui savent qu'en venant au CJARC le 15 octobre, ils repartent avec leur canne. Derrière cette réussite, il y a une organisation dirigée par le Dr Coco Bertin MOWA, qui a le secret de la mobilisation des ressources et des partenaires pour une cause qui n'attire pas toujours les financements.
Tout s'est déroulé en présence des représentants du ministère des Affaires sociales, de la Commission des Droits de l'homme du Cameroun (CDHC), des syndicats de transporteurs et des auto-écoles. Ceux qui étaient interpellés étaient donc dans la salle, et ils ont entendu.

Les représentants des organisations présentes ont décrit un quotidien éprouvant. Ils ont rapporté que des transporteurs continuent de stigmatiser les personnes déficientes visuelles, en les taxant de « sorciers » dans les grandes villes et les villages. Trouver une moto-taxi ou un taxi devient alors difficile, et traverser la chaussée reste l'épreuve la plus redoutable. Le directeur général du CJARC a évoqué des camarades morts dans des accidents alors qu'ils se déplaçaient avec leur canne, et des cannes brisées par des conducteurs de taxis ou de moto-taxis. Sa comparaison est parlante. « La canne blanche, c'est comme le feu rouge. » Le conducteur qui grille un feu rouge s'expose à des sanctions. Celui qui ignore une canne blanche n'est presque jamais inquiété.
Le plus troublant est que les règles existent. Dans les taxis urbains, les personnes handicapées bénéficient d'un tarif préférentiel de 250 FCFA la journée (de 5 h à 22 h) et de 300 FCFA la nuit, contre 350 et 400 FCFA pour le tarif standard, un régime qu'elles partagent avec les élèves et les étudiants. Dans les cars interurbains, le tarif au kilomètre est réduit de moitié, soit 7 FCFA contre 14 FCFA ou plus pour un adulte. Sur le terrain, pourtant, l'application dépend trop souvent du bon vouloir du chauffeur. Une règle qu'il faut négocier à chaque course n'est plus tout à fait un droit.

C'est ce que la CDHC, représentée par Carlos Simplice FOKEM, a rappelé en développant son sous-thème, qui invitait à faire de la canne blanche un code citoyen de mobilité universelle. La mobilité sécurisée des personnes déficientes visuelles « n'est pas une faveur ». Elle découle des Droits à la vie, à l'intégrité physique, à la dignité et à l'égalité. Le préambule de la Constitution du Cameroun protège les personnes handicapées. La Convention des Nations Unies relative aux Droits des personnes handicapées consacre l'accessibilité (article 9), l'autonomie de vie (article 19) et la mobilité personnelle (article 20). La loi du 13 avril 2010 prévoit, en son article 33, la prise en compte de leurs besoins dans les voies de communication, et le décret du 26 juillet 2018 prévoit, en son article 20, des mesures pour faciliter leur accès aux transports en commun. « À quoi sert de reconnaître le droit à la mobilité si une personne aveugle ne peut traverser un carrefour en sécurité ? »

La CDHC a aussi rappelé son rôle. Elle exerce un mandat indépendant de promotion et de protection des Droits de l'homme, et contribue au suivi des engagements de l'État en matière de Droits des personnes handicapées, avec la participation des intéressés eux-mêmes. Elle a évoqué un cas où des personnes déficientes visuelles avaient dénoncé des mauvais traitements et la destruction de leurs cannes blanches après une manifestation pacifique à Yaoundé, et dont elle s'était saisie d'office. Elle a enfin invité les victimes, leurs familles et les témoins à ne pas rester silencieux, en rappelant son numéro vert gratuit, le 1523.
D'une année à l'autre, la célébration garde pourtant la même forme, avec des marches organisées, une distribution de cannes, puis le silence. Dès le lendemain, les automobilistes, à commencer par les conducteurs de moto-taxis, reprennent leurs habitudes et la stigmatisation que l'on connaît à l'égard de citoyens qui n'ont jamais choisi d'être déficients visuels. Le CJARC ne manque pas de propositions. Il demande que les auto-écoles intègrent un module sur la canne blanche, pour que les futurs conducteurs sachent ce qu'elle signifie et comment réagir. Il rappelle aussi aux personnes déficientes visuelles que leur canne n'est pas faite pour rester dans un sac. Visible, elle prévient les autres usagers.

Reste la question de fond. Si des campagnes de communication et de sensibilisation doivent être menées durablement, qui les finance. L'État, les organisations de personnes handicapées, ou la société tout entière ? La réponse ne peut pas être « les personnes concernées seules ». La Convention des Nations Unies demande d'ailleurs aux États de sensibiliser l'ensemble de la société et de combattre les préjugés (article 8). Concrètement, le partage de la charge pourrait s'organiser comme suit.

• L'État inscrit la sensibilisation à la canne blanche dans ses campagnes de sécurité routière, prévoit une ligne budgétaire pour les actions durables et veille à l'application des tarifs préférentiels.
• Les auto-écoles et les syndicats de transporteurs, qui étaient dans la salle, intègrent le module de formation demandé, en font une condition de l'apprentissage, puis relaient le message auprès de leurs membres.
• Les entreprises et les partenaires techniques et financiers soutiennent ces actions dans le cadre de leur responsabilité sociale.
• Les médias consacrent des espaces d'intérêt public, dans les langues que comprennent les conducteurs.
• Les organisations de personnes handicapées apportent leur expertise et leur mobilisation, comme le fait le CJARC, sans porter seules la charge financière.
Personne ne demande aux piétons de payer pour que les feux rouges fonctionnent. Si la canne blanche est un feu rouge, comme le dit le Dr Coco Bertin MOWA, directeur du CJARC, alors sa reconnaissance par tous est une responsabilité collective. Le CJARC montre qu'avec de la mobilisation et des partenaires, on peut déjà beaucoup. À nous tous de faire en sorte que cela dure bien au-delà du 15 octobre.

CDB

[Inclusion politique des personnes handicapées]La Plateforme Inclusive Society for Persons with Disabilities interpelle ...
09/10/2026

[Inclusion politique des personnes handicapées]
La Plateforme Inclusive Society for Persons with Disabilities interpelle les partis politiques à quelques mois des élections

À quelques mois des élections municipales et législatives de février 2027 au Cameroun, la Plateforme Inclusive Society for Persons with Disabilities a donné un point de presse ce vendredi 9 octobre 2026 à Yaoundé, au siège de la Fédération camerounaise des sports pour déficients intellectuels, à Nkol-Eton. Elle y a exigé une meilleure prise en compte des personnes handicapées dans la constitution des listes électorales.

UN CONSTAT SANS APPEL

Selon les données désagrégées de l' Organisation mondiale de la Santé (OMS) citées par la Plateforme, au moins 16 % de la population camerounaise vit avec un handicap, soit environ 4 millions de personnes. Pourtant, leur présence dans les instances de décision reste marginale. L'on n'enregistre aucun député titulaire ni suppléant, aucun sénateur titulaire. Il n'y a qu'une seule sénatrice suppléante nommée, 14 conseillers municipaux sur 10 569, un seul maire sur 360 et deux conseillers régionaux.

Ces chiffres ont été présentés par Boniface Mvondo, Directeur exécutif de la Plateforme, qui a rappelé que plus de 32 000 personnes handicapées sont inscrites sur les listes électorales, chacune d'elles influençant son entourage (familles, amis, accompagnateurs, sympathisants). La Plateforme estime ainsi à au moins 200 000 le nombre de voix potentielles, un poids électoral que les partis ne peuvent plus ignorer.

DES ACQUIS À CONSOLIDER

Créée en 2011 dans le cadre du projet « Accessible Elections for Persons with Disabilities » et légalisée en 2012, la Plateforme fédère aujourd'hui 130 organisations, dont celles qui représentent les personnes avec une déficience intellectuelle, souvent les plus invisibles du débat public. Elle est membre titulaire du Forum africain des personnes handicapées depuis 2015 et de l'Organisation mondiale des personnes handicapées depuis 2016.

Son plaidoyer des dernières années a produit des résultats concrets :
- un sénateur suppléant handicapé nommé en 2013 et reconduit en 2018 et 2022 ;
- cinq conseillers municipaux handicapés élus en 2013, puis 12 conseillers et 2 adjoints au maire aux dernières municipales ;
- l'introduction progressive d'aménagements raisonnables dans le processus électoral ( rampes d'accès, étiquettes en braille, pochettes tactiles) ;
- des conventions de partenariat avec la CDHC (2014), le ministère des Affaires sociales (2023) et plusieurs communes, dont Mbalmayo, Maroua 3, Ebolowa 1er, Yagoua, Bafoussam 1er et Yaoundé 6.

DES REVENDICATIONS PRÉCISES

Dans sa déclaration du jour, la Plateforme s'appuie sur la Constitution, la Convention des Nations Unies relative aux Droits des personnes handicapées (art. 29), le Protocole africain sur les Droits des personnes handicapées, la loi du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées et le Code électoral, qui impose de tenir compte des composantes sociologiques et du genre dans la constitution des listes.

Elle exhorte les partis politiques à :
- rendre leurs réunions, conventions et supports accessibles (langue des signes, sous-titrage, formats simples, bâtiments accessibles) ;
- placer au moins une personne handicapée parmi les cinq premiers noms des listes aux élections locales ;
- promouvoir les militants handicapés méritants à des postes de responsabilité ;
- adopter des circulaires incluant systématiquement les jeunes et les femmes handicapés dans la constitution des listes ;
- instaurer un quota pour les personnes handicapées au sein des formations politiques.

SM Julien Nga Ebede, conseiller municipal à Monatélé et responsable de la commission participation politique de la Plateforme, a également porté ce message. Son parcours d'élu local illustre ce que permet l'inclusion lorsqu'elle est effective.

DES PARTIS ET INSTITUTIONS À L'ÉCOUTE

La rencontre a réuni plusieurs personnalités, dont Anne Feconde Noah, porte-parole de l'honorable Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), ainsi que Carlos Simplice Fokem, point focal suppléant - Droits des personnes handicapées à la Commission des Droits de l'homme du Cameroun (CDHC).

La Plateforme a annoncé une vaste campagne de sensibilisation sur la participation politique des personnes handicapées. Du 14 au 18 octobre, elle s'associera au ministère de la Communication (MINCOM) pour une campagne dédiée aux jeunes handicapés. Elle prendra ensuite le relais dès le 20 octobre, et ce jusqu'en décembre 2026. Elle a appelé les professionnels des médias à accompagner cette « campagne citoyenne » et annoncé qu'elle renforcera les capacités des candidats handicapés aux prochains scrutins.

« Œuvrer ensemble pour une société camerounaise inclusive » : c'est la vision que la Plateforme a réaffirmée, en demandant aux partis de passer, avant le dépôt des listes, des principes aux actes.

A.T.

08/10/2026

QUAND LA JUSTICE NE PARLE PAS LA LANGUE DES SIGNES : LE CRI D'ALARME D'UNE AVOCATE

Le samedi 26 septembre 2026 à Yaoundé, Me Alvine Mihia NANA a exposé les obstacles que rencontre le sourd-muet face à la justice pénale au Cameroun. C'était en marge de la finale nationale du concours Miss Journée mondiale des sourds Cameroun, à la salle des fêtes du Parc Kyriakides. Un témoignage qui a rappelé que, pour une personne sourde, l'accès à la justice reste semé d'obstacles. Me Mihia NANA, avocate au Barreau du Cameroun, a présenté la situation de l'accusé sourd-muet devant la justice pénale, à partir d'un dossier dont elle a été commise d'office.

Le point de départ est un principe simple. contrairement à la justice civile, où le sourd-muet peut se faire représenter, le procès pénal repose sur l'oralité des débats. L'accusé doit être entendu, connaître les charges qui pèsent sur lui et se défendre. « Tout le problème est là », a relevé l'avocate, qui s'est interrogée sur la manière dont un accusé sourd-muet peut s'en sortir dans une telle procédure.

Son récit est celui d'un adolescent sourd-muet, jamais scolarisé, placé sous mandat de dépôt depuis le 18 avril 2024 à la prison principale de Ntui pour des faits graves. Sa surdité n'a été découverte qu'à l'audience, lorsqu'il n'a pas répondu à l'appel de son nom, sans que le gardien ni ses codétenus l'aient remarqué. Il ne comprenait pas la langue des signes de l'interprète trouvé après de longues recherches. Son âge, établi à 18 ans dans le dossier d'enquête, a dû être revu : il avait 14 ans au moment des faits. Une expertise sur son état mental, qui aurait pu conduire à son irresponsabilité pénale, n'a pu être réalisée faute de service spécialisé et de moyens. Au terme de ce parcours, le tribunal s'est déclaré incompétent en raison de la minorité, et le jeune reste détenu, sous la menace de comparaître sans avocat.

De ce dossier, Me NANA a tiré cinq obstacles. Le premier est la communication, avec l'accusé comme avec un corps judiciaire qui laisse parfois percevoir de l'agacement face au respect scrupuleux de la procédure. Le deuxième est financier,. L'avocat commis d'office avance de ses propres deniers les frais de déplacement, de reproduction du dossier, d'interprète ou d'expertise, que les familles très modestes ne peuvent supporter. Le troisième est institutionnel avec les Affaires sociales qui n'ont pas été associées à la procédure, aucune audience foraine n'a rapproché le procès de la famille, et l'expertise hospitalière en région reste hors de portée. Le quatrième est familial, avec des parents qui se désintéressent du sort de leur enfant. Le cinquième est la loi elle-même : les articles 357 et 358 du Code de procédure pénale, spécifiques aux sourds-muets, ne prévoient pas le cas du sourd-muet non scolarisé, qui ne sait ni écrire ni lire les signes.

Pour y remédier, l'avocate a formulé quatre propositions : rendre l'assistance d'un avocat obligatoire dès l'enquête, constituer des listes d'interprètes auprès des juridictions, exiger dans ces procédures la présence de la famille ou des Affaires sociales, et organiser une veille des associations de sourds, qui pourraient proposer leurs services d'interprète chaque fois qu'un sourd-muet est en difficulté dans un commissariat ou une brigade.

Ces difficultés rejoignent celles que dénonce la communauté sourde pour les femmes victimes de violences, qui peinent à porter plainte faute d'accueil en langue des signes. Pour Me NANA, « l'accusé sourd-muet ne choisit pas son handicap, mais la société choisit de rendre à son égard une justice avec handicap, c'est-à-dire inique, ou sans handicap... ».

[AU-DELÀ DU SILENCE]BERYL TAMNYUY, MISS JMSC 2026, ÉLUE AMBASSADRICE CONTRE LES VBG ET LE FÉMINICIDELa finale nationale ...
07/10/2026

[AU-DELÀ DU SILENCE]
BERYL TAMNYUY, MISS JMSC 2026, ÉLUE AMBASSADRICE CONTRE LES VBG ET LE FÉMINICIDE

La finale nationale du concours Miss Journée mondiale des sourds a placé, à Yaoundé, l'accès à la justice des personnes sourdes au cœur du débat

La salle des fêtes du Parc Kyriakides a abrité, le samedi 26 septembre 2026, la 5ᵉ édition de la finale nationale du concours Miss Journée mondiale des sourds Cameroun (Miss JMSC), couplée à la clôture de la 3ᵉ édition du Festival La Voix des Silencieux. Placée sous le thème « Au-delà du silence, brisons le silence : la femme sourde face au féminicide et aux Violences Basées sur le Genre (VBG) », la rencontre se veut, selon ses organisateurs, une plateforme nationale de sensibilisation, de plaidoyer et d'« empowerment » des femmes sourdes.

Le public a suivi trois passages sur scène des 15 candidates présélectionnées. Ces défilés ont été ponctués de jeux instructifs, dont les résultats d'un challenge TikTok lancé deux semaines plus tôt qui appelait à signer l'alphabet français en langue des signes. Quatre lauréats devaient chacun former une apprenante. L'un d'eux et son apprenante ont fait une démonstration très applaudie, preuve qu'en apprenant l'alphabet, l'on peut déjà communiquer en langue des signes.

Au terme du concours, Beryl TAMNYUY, originaire du Nord-Ouest, a été élue Miss JMSC Cameroun 2026. Christianie NKOLO (Sud) et Thecy AZANG (Centre) sont respectivement première et deuxième dauphines, tandis que Manuella TOUKO (Ouest) remporte le Prix Miss Plaidoyer. Miss JMSC devient Ambassadrice de lutte contre le féminicide et les VBG et porte-voix des femmes sourdes.

L'organisation camerounaise pour le développement des sourds (OCDS) dont Marcellin Atangana est le président, a rappelé que la culture sourde est une identité, une langue et une fierté et que les femmes sourdes subissent une double vulnérabilité, aggravée par le silence : numéros d'urgence inaccessibles, commissariats sans interprètes, stigmatisation.

Représentant la Commission des Droits de l'homme du Cameroun (CDHC), Carlos Simplice FOKEM, en sa qualité de point focal suppléant Droits des personnes handicapées, a salué l'initiative et insisté sur la communication autour de la cause du handicap, regrettant que la présence de l'ancien capitaine des Lions indomptables Stéphane MBIA n'ait pas été annoncée en amont. Pour lui, « une bonne cause mal communiquée demeure une cause insuffisamment entendue ». Il a présenté les mandats de la CDHC, rappelé son numéro vert, le 1523, et communiqué son numéro WhatsApp, le 691 995 690. Il a enfin appelé à porter devant la justice les viols et violences se*****es dont sont victimes certaines filles sourdes, avec ou sans l'accord de la famille lorsque la protection de la victime l'exige.

Le témoignage de Me Mihia NANA, avocate au Barreau du Cameroun, a marqué l'assistance. Elle a choisi de parler de l'accès à la justice pénale du sourd-muet accusé, où l'oralité des débats est la règle. À travers un dossier dont elle a été commise d'office, elle a décrit le parcours d'un adolescent sourd-muet non scolarisé, détenu depuis plus de deux ans : surdité découverte à l'audience, interprète introuvable, âge contesté, expertise mentale impossible faute de moyens.

Elle en a tiré cinq obstacles auxquels les personnes sourdes font face dans les procédures pénales : la communication, les moyens financiers, les carences institutionnelles, la démission des familles et les lacunes du Code de procédure pénale, qui ne prévoit pas le cas du sourd-muet non scolarisé. Entre autres propositions, elle a évoqué l'assistance obligatoire d'un avocat dès l'enquête, les listes d'interprètes auprès des juridictions, la présence de la famille ou des Affaires sociales dans les procédures, et la veille des associations de sourds. « L'accusé sourd-muet ne choisit pas de porter un handicap, mais la société choisit de rendre une justice avec handicap, c'est-à-dire inique, ou sans handicap, c'est-à-dire équitable », a-t-elle conclu.

UNE VOIX DE BANGWANG À LA TRIBUNE DE LA COMMUNAUTÉ ÉDUCATIVE DU HAUT-NKAMPierre NGUEKE MANFOUO livre une leçon inaugural...
07/10/2026

UNE VOIX DE BANGWANG À LA TRIBUNE DE LA COMMUNAUTÉ ÉDUCATIVE DU HAUT-NKAM

Pierre NGUEKE MANFOUO livre une leçon inaugurale sur la condition enseignante à l'occasion des 60 ans de la Recommandation OIT-UNESCO de 1966

La communauté éducative du Département du Haut-Nkam dans la Région de l'Ouest- Cameroun, a commémoré, le lundi 5 octobre 2026 à la Place des fêtes de Bafang, le 60ᵉ anniversaire de l'adoption de la Recommandation de l'Organisation internationale du Travail (OIT) et de l'UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. À cette occasion, M. NGUEKE MANFOUO Pierre, Proviseur du Lycée bilingue de Bankondji, a été choisi par ses pairs pour présenter la leçon inaugurale sur le thème : « Aux côtés des enseignants : 60 ans de protection de la profession, de promotion de son statut et de construction de nos avenirs ». Ce fils de Bangwang, dans le secteur Toumgwang, Groupement Batcham, voit ainsi reconnues ses qualités professionnelles, ce qui constitue une source de fierté pour toute la communauté villageoise.

Dans une réflexion structurée, le conférencier a défini les concepts de condition enseignante, de protection, de promotion et de valorisation, puis retracé l'évolution de la profession avant et après 1966. Partant de la place particulière de l'enseignant dans la construction des sociétés, il a rappelé que le métier ne se réduit pas à la transmission de connaissances : il consiste aussi à transmettre des méthodes de pensée, des valeurs, une discipline intellectuelle, la confiance en soi et la capacité à vivre avec les autres. La leçon a interrogé les acquis et les insuffisances de soixante ans en matière de protection, de professionnalisation et de valorisation du personnel enseignant, et analysé les défis actuels : pénurie mondiale d'enseignants, attractivité du métier, surcharge de travail, conditions d'exercice, formation continue, protection sociale, autonomie professionnelle et transformation numérique.

L'un des principaux enseignements est que la condition enseignante dépasse largement les seuls intérêts corporatistes. Pour le conférencier, protéger l'enseignant revient à protéger l'école, et protéger l'école revient à protéger l'avenir. Il a ainsi examiné les garanties nécessaires à un exercice digne et efficace de la profession : sécurité professionnelle, rémunération digne, conditions de travail adaptées, protection sociale, autonomie professionnelle et respect de la dignité de l'enseignant. Se projetant vers l'avenir, il a abordé les technologies numériques et l'intelligence artificielle, qui doivent être appréhendées non comme une simple menace, mais comme une nouvelle réalité à laquelle l'enseignant doit être préparé et dans laquelle il doit conserver sa place centrale.

Son propos a également élargi le débat à l'ensemble de la société. La qualité de l'éducation dépend des enseignants, mais aussi de l'engagement des pouvoirs publics, des communautés, des familles, des apprenants et de tous les acteurs de l'école. Cette commémoration rappelle qu'aucune nation ne peut construire durablement son avenir sans investir dans ceux qui forment les générations appelées à la conduire.

11/09/2026
Au CJAD, l’espoir a repris le chemin de l’écoleIl y a des images qui valent mieux que de longs discours. Le lundi 7 sept...
11/09/2026

Au CJAD, l’espoir a repris le chemin de l’école

Il y a des images qui valent mieux que de longs discours. Le lundi 7 septembre 2026, les jeunes pensionnaires du Centre des jeunes aveugles de Dschang (CJAD) ont repris le chemin de l’école. Propres, soigneusement vêtus de leurs uniformes et visiblement heureux de retrouver le CJAD et les établissements où ils sont insérés à bord du bus flambant neuf du Centre. Ils étaient là, simplement, comme pour rappeler que le CJAD est toujours debout.

Cette rentrée scolaire 2026-2027 revêt en effet une signification particulière. Elle intervient quelques mois seulement après la disparition de Paul TEZANOU, Directeur fondateur du Centre, qui en avait fait, depuis 1975, un véritable espace d’éducation, d’accompagnement et d’autonomisation des jeunes vivant avec une déficience visuelle.

Après sa disparition, beaucoup pouvaient légitimement se demander ce qu’il adviendrait de cette œuvre à laquelle il avait consacré une si grande partie de sa vie. La réponse commence peut-être à s’écrire aujourd’hui, dans ces images rayonnantes de jeunes pensionnaires qui reprennent leurs apprentissages.

Une œuvre qui refuse de s’éteindre

Derrière cette rentrée apparemment ordinaire, il y a un travail quotidien, discret et exigeant. Il y a surtout Mme veuve Hortance Mbahin, qui a accepté de prendre la responsabilité de conduire le CJAD avec son équipe dans cette période particulière, et l’ensemble des encadreurs qui poursuivent, avec les moyens disponibles, la mission éducative du Centre.Il faut leur rendre hommage, car maintenir une structure de cette nature en activité après la disparition de son fondateur n’est pas une évidence. C’est un acte de responsabilité, de fidélité et de courage.

Les apprenants du cycle d’initiation au braille ont eux aussi repris leurs apprentissages sous l’encadrement de leurs maîtresses. D’autres ont retrouvé leurs classes à l’École primaire Saint Paul, au Collège Bilingue Notre Dame et au Lycée classique inclusif. Autrement dit, le projet continue.

Le dernier combat de Paul TEZANOU continue aussi de rouler

Parmi les images les plus symboliques de cette rentrée figure certainement celle du nouveau bus du CJAD. Ce véhicule n’est pas un simple moyen de transport. Il est aussi le fruit d’un combat que Paul TEZANOU avait mené avec acharnement jusqu’à ses derniers mois. Il n’aura malheureusement pas eu le temps de voir ses jeunes pensionnaires en prendre pleinement possession. Mais il est là et chaque matin où ce bus conduit un enfant aveugle vers son école, une partie de son combat continue de prendre la route.

Créé en 1975, le CJAD a traversé cinq décennies en accompagnant des générations de jeunes aveugles sur le chemin de l’éducation et de l’autonomie. La disparition de son fondateur le 28 décembre 2025 constitue incontestablement une épreuve majeure,.mais elle ne doit pas nécessairement signifier la fin de son œuvre. La rentrée de septembre 2026 apporte, à cet égard, une note d’espoir. Elle rappelle qu'une institution peut survivre à son fondateur lorsque des femmes et des hommes acceptent d'en préserver l'esprit, lorsque les partenaires continuent de croire en sa mission et lorsque la communauté comprend que certaines œuvres dépassent la vie de ceux qui les ont créées. Au CJAD, les enfants sont propres, encadrés. Ils apprennent, prennent leur bus et rejoignent leurs écoles. Et surtout, ils continuent de rêver.

C’est peut-être cela, finalement, le plus bel hommage que l’on puisse rendre à Paul TEZANOU, à savoir, faire en sorte que l’œuvre qu’il a commencée en 1975 continue d’offrir aux jeunes déficients visuels de Dschang et d'ailleurs la possibilité d’apprendre, de grandir et de construire leur autonomie.

Le CJAD est toujours debout. L’espoir aussi.

Sports : Nzingmegong 1 plane sur le Secteur Toumgwang à Batcham Le village s'offre les deux trophées des tournois interv...
18/08/2026

Sports : Nzingmegong 1 plane sur le Secteur Toumgwang à Batcham

Le village s'offre les deux trophées des tournois intervillages organisés à l'occasion du Congrès de développement du Secteur Toumgwang.

Il fallait le faire. Nzingmegong 1 l'a fait. À l'issue d'une semaine de compétition particulièrement animée, les deux équipes alignées par le village ont occupé la première marche du podium, aussi bien en handball qu'en football.

En handball d'abord, puis en football, Nzingmegong 1 a imposé sa loi à Entente FC de Bangwang, son même adversaire dans les deux finales.

La finale de handball, disputée en premier, a donné le ton. Au terme d'une rencontre engagée, Émergence FC de Nzingmegong 1 s'est finalement adjugé le trophée devant Entente Bangwang.

Place ensuite au football pour l'ultime explication. Là encore, les deux formations se connaissaient déjà bien. Nzingmegong 1 avait en effet battu Entente FC de Bangwang lors de la phase championnat, au terme d'un parcours remarquable qui lui avait permis de terminer 1er grace au gold average.

La finale constituait donc une nouvelle confrontation entre deux équipes qui avaient déjà eu l'occasion de mesurer leurs forces. Et elle aura tenu toutes ses promesses.

Âprement disputée, indécise jusqu'à son terme, la rencontre n'a livré son verdict qu'au terme de la séance des tirs au but. Émergence FC de Nzingmegong 1 a finalement pris le dessus et s'est offert le deuxième trophée de la journée.

Un doublé historique pour le village.

Au-delà de la performance sportive, cette formule d'organisation aura surtout permis aux cinq villages du Secteur Toumgwang de se redécouvrir à travers une compétition commune.

Chaque village a dû mobiliser ses jeunes, constituer ses équipes, afficher ses couleurs et peaufiner sa stratégie pour aller chercher la victoire. Cette émulation aura donné aux rencontres une saveur particulière, tout en créant de nouveaux espaces de rencontre entre les fils et filles du secteur.

Pendant une semaine, les terrains de football et de handball ont ainsi constitué de véritables lieux de rassemblement populaire. Les rencontres ont attiré des foules importantes et offert à Toumgwang une animation sportive rarement vécue à cette échelle.

Si Nzingmegong 1 peut légitimement savourer son succès, le véritable vainqueur reste cependant le Secteur Toumgwang.

Car cette compétition aura démontré que le sport peut être un formidable instrument de mobilisation, de brassage et de rapprochement entre les cinq villages.

Les rencontres ont été suivies avec intérêt par SM Fouo Sacgong Me Tchinda Pierre, Maire de Batcham et Parrain du Congrès, ainsi que par Sa Dignité Fouegoum Sébastien, ancien Chef de la communauté Batcham de Yaoundé, membre important du Comité des sages du CODEGWANG et premier conseiller au sein du Bureau exécutif du Comité de développement du Groupement Batcham (CODEGBA).

Au terme de cette première expérience, les trophées prennent donc la direction de Nzingmegong 1.

Deux finales. Deux victoires. Deux trophées. Mais surtout, une semaine durant laquelle le sport aura fait vibrer tout Toumgwang.

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