10/07/2026
La majeure partie de la Kabylie était inaccessible aux Deys, sous le règne des Ottomans qui devaient se contenter d'alliances militaires où commerciales ainsi que de raids occasionnels et de colonies militaires dans certaines vallées de la Kabylie.La famille d'Ahmed Oulkadi gouvernait longtemps la grande Kabylie,ayant pour capitale Koukou,un petit village prés de Tizi Ouzou que son pouvoir a été refusé au XVII siècle.
Les Kabyles étaient indépendants pendant la période Ottomane dont-il y avait trois royaumes différents:
Le Royaume de Koukou:
actuellement,le village koukou,culminant à 940 mètres d'altitude sur les hauteurs du Djurdjura,situé dans la commune des Ait Yahia,Daira de Ain El-Hammam(ex-Michelet).
Ce village a été dans un passé relativement proche,la capitale d'un royaume qui a longtemps régné en maître sur la Kabylie.
Pendant ce temps là, Béjaïa fût prise par les espagnols en 1510 et la chute du royaume des Hafsides, Ahmed Ouelkadi, qui était alors fonctionnaire au service des Hafsides, se réfugie au coeur de la Kabylie et parvient a réunir autour de lui une confédération de puissantes tribus kabyles et à fonder le royaume de Koukou, qui régnera pendant près de deux siècles sur toute la grande Kabylie.
En 1514, Ahmed Ouelkadi, qui avait établi le centre de son pouvoir dans l’actuel village de Koukou, sur les hauteurs du Djurdjura, s’allie avec le célèbre corsaire Ottoman,Baba Aruj Barberousse, afin de reprendre Béjaia aux espagnols. L’expédition réussit dans un premier temps, avant que les Espagnols ne reprennent la ville, qu’ils ne perdent à nouveau qu’en 1555.
À la mort de Baba Aruj Barberousse en 1518, Ahmed Ouelkadi est accusé de trahison par Kheiredine Barberouse, frère de ce dernier.Il se réfugie dans sa forteresse de Koukou puis en 1520,Kheireddine Barberousse décide de lancer une expédition contre le Royaume de Koukou, où l'armée des janissaires ont été écrasés par les tribus Kabyles,menéees par Ahmed Ouelkadi qui continue son expédition et il prend la ville d'Alger,sur laquelle il régna de 1520 jusqu'à 1527 où il fût assasiné.
Après l’assassinat de ce dernier, le Royaume de Koukou commence à décliner du fait des nombreuses luttes pour le pouvoir mais le royaume a réussi tout de même à s'imposer pendant prés de deux siècles comme une redoutable puissance militaire.Le royaume de Koukou finira par disparaître définitivement vers 1750, notamment à cause des sanglantes luttes pour le pouvoir au sein de la famille régnante, ainsi que du partage de ses terres entre les différents descendants d’Ahmed Ouelkadi.Aujourd’hui,le royaume de Koukou est un village presque oublié perché sur les hauteurs du Djurdjura, seuls quelques vestiges témoignent encore de son glorieux passé.
Le Royaume des Ait Abbès :
La Kalâa des Beni Abbès est le noyau du royaume berbère des Ath Abbes, un royaume fort qui a connu plusieurs émirs pendant l'occupation Ottomane. Comme son nom l’indique, Kalâa est une citadelle,protégée par les précipices qui l’entourent pratiquement à 360°,d'où la seule voie accessible par véhicule qui abouti à l'entrée du village,où subsiste un pan du rempart protégeant l'ancienne ville.
Une ville de 80 000 habitants dans les temps anciens. Elle a été bâtie sur le modèle de la Kalâa des Béni Hammad,avec un accés difficile,d'une position stratégique et des portes gardées avec une muraille tout autour.Le site de Kalâa était un fort hammadide lié à la Kalâa des Béni Hammad qui abrite un contingent militaire pour assurer le contrôle du passage stratégique des portes de fer,ainsi que la vallée de la Soummam et une étape de la route du Sultan dont le site comportait le Fort militaire Hammadite où il en reste que des vestiges sur les lieux appelés,Akhriv Ouziri (les ruines de Zri).La place d'armes Hammadite qui était le lieu de présentation des troupes devant la grande mosquée,appelée actuellement,Loudha Laâli.
la Fonderie de Kalâa (1366-1871) :
les Français explorateurs et des officiers de l’armée française ont signalé l’existence de pièces d’artillerie de gros calibre trouvées à Kalâa entre 1848 et 1865. Charles Féraud,officier traducteur a signalé dans la R***e Africaine, l’essor qu’ont connu ces canons appelés par les spécialistes « Tours de force » vu leur volume et leur poids.
En 1510, sur la lancée de la Reconquista, les Espagnols s'emparent de Béjaïa et organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays.
C'est à ce moment, ou dans le dernier quart du siècle précédent, qu'émergent en Kabylie trois royaumes,des Aït Abbas, de Koukou et d'Abdeldjebbar. Le premier Royaume d'Abdelaziz se constitue sur les terres des Belkadi, descendants du juriste Al Ghobrini.
Le deuxieme Royaume d'Ahmed Amokrane, fils d'Ahmed Abdelaziz, fils d'Abderrahmane, s'installe à la Kalâa des Beni Abbès, au cœur de la chaîne des Bibans, et la vallée de la Soummam avant que les Banu Hachem ne le déplace plus au sud, dans la Medjana, se rapprochant ainsi des lieux d'origine des royaumes ziride et hammadide,le territoire des Ouled Madhi, situé au sud de la Madjana.
La Kalâa devient la nouvelle capitale des habitants des environs de Béjaïa,après la prise de cette dernière.Ils cherchent la protection à l'intérieur des terres dont le site est une ancienne place forte Hammadite et une étape allant à l'abri du Sultan Hammadites,Almohades,Hafsides et enfin les Zianides,une famille des Ouled Bouziane à leur tête Abdelaziz Amokrane,frère d'Ahmed Amokrane, a été retenu par Abderrahmene,un prince de Béjaia pour des raisons de sécurité.
Initialement alliée des Hafsides, la dynastie s'est émancipée dont Abdelaziz, petit-fils d'Abderahmane, prend le titre berbère d'Amokrane.Sous le règne de ce dernier, la Kalâa gagne en importance,au cœur du royaume des Aït Abbas,dit aussi « de la Medjana » dont la cité compte à son apogée 70 000 habitants, rivalisant avec Tunis elle se dote de fabriques d’armes, en s’aidant du savoir-faire des renégats chrétiens et des Andalous chassés d’Espagne, qu’elle accueille en grand nombre.
Époque Hafside:
La Kalâa s’est développée avec la fin du règne du dernier Sultan Hafside de Béjaïa, Abou El Abbés Abdelaziz, lorsque les deux fils de ce dernier, l’Émir Abdrrahmane et l’Émir El Abbés dont une partie des habitants de Béjaïa, fuyant l'occupation espagnole de la ville, conduite par Pedro Navarro en 1510 et il se sont réfugiés à la Casbah pour échapper aux mêmes atrocités commises par les Espagnols à Oran lors de la conquête de cette dernière,dont-ils ont constitué,les premiers habitants de la Kalaâ.
Puis au XVI siècle la Kalaâ est devenu une forteresse de 70 000 habitants rivalisant avec Tunis.Elle comptait un quartier andalou et un quartier juif doté d'une synagogue dont-elle sera dirigée par les descendants du dernier Roi Hafside de Béjaia pendant plus d'un siècle.C'est parmi cette même lignée que seront recrutés les grands chefs des Béni Abbas jusqu'au début de la colonisation française dont le dernier est le Cheikh El Mokrani de la Madjana( lignée d'Ahmed Amokrane, frère d'Abdelaziz, dernier Sultan de la Kalaa de la Madjana.
En 1553, la kalaa connait la première expédition Ottomane, le mur d’enceinte de la kalaa est édifié suite à cette expédition,où le Sultan Hafside de Tunis fait appel aux corsaires Ottomans,les Barberousses pour reprendre la ville de Béjaia.
la principauté des Ait Jubar,d'où ces trois royaumes Kabyles bénéficient d'une certaine reconnaissance internationale,une représentation diplomatique en Espagne.Dés 1512,le corsaire Ottoman Baba Arudj Barberousse a reprit Béjaia aux Espagnols d'où ces derniers sont devenus des alliés aux Ottomans en 1555 des tribus de la région,Oulad Ali Bou-OKKaz,Ben Sakhri actuellement,la même famille que celle des Abdelaziz Benziane,Ben Yacoub,originaires de Taghit.