En selle, Simone

En selle, Simone Nous sommes deux étudiants partant à vélo autour du monde. Our one-year adventure around the world. And yes, we're on bikes :)

Salomé et Rémi

On se réadapte tranquillement à la vie sédentaire... et on retourne à l'école ! Ces dernières semaines, nous sommes allé...
27/06/2016

On se réadapte tranquillement à la vie sédentaire... et on retourne à l'école ! Ces dernières semaines, nous sommes allés rendre visite aux élèves des classes d'écoles primaire et maternelle qui nous ont suivis cette année. Nous avons passé de très bons moments, et avons été touchés de voir à quel point nos messages et nos photos les ont marqué-e-s. C'était top, merci ! :D... et il en reste une !

20/05/2016

On franchit un col vénère : 22 likes ; on se coupe les cheveux : 44 likes. Ben maintenant on sait à quoi s'en tenir ! :p

Before, after : one year (almost) without a haicut :)
20/05/2016

Before, after : one year (almost) without a haicut :)

Joyeux anniversaire au barbu de l'équipe ! 23 ans et tous ses pignons ! On fete ça aujourd'hui à la tondeuse ;)
19/05/2016

Joyeux anniversaire au barbu de l'équipe ! 23 ans et tous ses pignons !
On fete ça aujourd'hui à la tondeuse ;)

14/05/2016

Après 9130km à vélo et 8 crevaisons, nous voici arrivés à Nantes pour retrouver chacun une partie de nos familles respectives. Pour nous, ceci marque la fin de huit mois de voyage !

Tout ne s'est pas déroulé comme prévu cette dernière semaine. Peu avant d'atteindre Pampelune, près de la frontière...

Vous êtes très fort-e-s, mais c'est Laure qui a donné la meilleure réponse ! :D Oui, nous sommes déjà à Madrid, en Espag...
09/04/2016

Vous êtes très fort-e-s, mais c'est Laure qui a donné la meilleure réponse ! :D Oui, nous sommes déjà à Madrid, en Espagne. Nous avions tellement hâte de vous revoir que nous avons échangé nos billets d'avion pour un retour anticipé en Europe. Rassurez-vous, l'Afrique du Sud, ce sera pour une autre fois ! ;) Bisous et à très vite !

Hi :) We're sure you had already figured it out, but we are already back in Europe and hanging out in Madrid for a bit. We couldn't wait for another four months! Don't worry, we have many more plans for the future. To be continued... :D

Devinez où on est !Guess where we are ! :)
08/04/2016

Devinez où on est !

Guess where we are ! :)

30/03/2016

Après 24h passées dans deux avions, pendant lesquelles nous voyons défiler deux nuits successives, nous atterrissons sans encombre à l'aéroport de Santiago. Enfin, presque sans encombre : pour la première fois depuis le début du voyage, nos vélos ont pris quelques petits coups dans l'avion et Salomé se retrouve avec un garde-boue et un phare légèrement endommagés. On découvre qu'il n'est pas inutile d'aller se plaindre au bureau de la compagnie : ils nous offrent un dédommagement plus qu'avantageux !

On entre dans Santiago sans trop faire d'efforts : c'est une très grande ville, mais qui comporte beaucoup de rues calmes sans grande circulation, et surtout beaucoup de pistes cyclables ! Comme nous allons le découvrir dans les prochains jours, Santiago est un paradis pour cyclistes. C'est l'été ici, et il fait plutôt chaud.



La première chose que l'on remarque en entrant dans la ville, ce sont les montagnes. La cordillère des Andes se dresse à quelques dizaines de kilomètres, et il est difficile de l'ignorer. Nous allons la traverser dans deux semaines pour atteindre l'Argentine, de l'autre côté. Il s'agirait de ne pas se laisser impressionner ! Pas facile, quand on sait que la plupart des sommets qui nous font face sont sans doute aussi hauts que le Mont Blanc.



Pour l'heure, notre seule préoccupation est de trouver l'immeuble de nos hôtes pour nous reposer des 10h de décalage horaire dont nous souffrons par rapport à Bangkok. Nous sommes accueillis par Victor et Daniela, deux cyclistes qui ont un peu voyagé au Chili et prévoient un grand voyage le long de la Panaméricaine (une route mythique !). Comme beaucoup d'immeubles récents dans Santiago, le leur est doté d'une piscine au dernier étage ! Une surprise plutôt agréable.



On aime beaucoup Santiago : c'est une ville énorme, mais on s'y sent bien. Les rues sont vivantes, les bâtiments colorés et l'ambiance y est détendue. Point bonus pour nous : il y a énormément de cyclistes ! Le dimanche matin, une bonne partie des rues sont fermées aux voitures et tout le monde est de sortie. Victor nous emmène pé**ler au Cerro San Cristóbal, une colline qui surplombe la ville. Sans les sacoches, trop facile d'atteindre le sommet ! En haut, la mairie a mis en place un système de parking surveillé gratuit pour les vélos : tout est fait pour inciter les gens à pé**ler.



On participe également à notre première « masse critique » : une manifestation rassemblant plusieurs centaines de cyclistes qui imposent leur allure aux voitures, permettant à chacun de pé**ler en toute sécurité. On voit toutes sortes de montures : du vélo de course au vélo pliant en passant par toutes sortes de constructions plus ou moins improbables. Le tout s'accompagnant de cris, de musique et de sifflets, c'est plutôt amusant d'en faire partie !



Vélo mis à part, nous avons aimé nous promener dans le « musée à ciel ouvert » de San Miguel, un pâté de maisons au sud de la ville dont les murs sont ornés de plusieurs grandes fresques réalisées par des artistes. Nous faisons également une visite moins joyeuse au musée de la Mémoire qui retrace les années sous la dictature de Pinochet accompagnées de torture, disparitions mystérieuses et provoquant l'exil de milliers de Chiliens.



Côté nourriture, on découvre avec plaisir le fruit national : l'avocat ! Les Chiliens le mangent à tous les repas : le petit-déjeuner typique est composé de plusieurs tranches de pain sur lesquelles on tartine de l'avocat, qu'on accompagne de fromage (ceci deviendra notre petit-déjeuner et notre pique-nique favoris pendant les semaines à venir). On garde dans nos cœur l'en-cas emblématique du Chili, le completo : un hot-dog sur lequel on a ajouté des tomates, de la pâte d'avocats et une bonne dose de mayonnaise !



Après une bonne semaine à Santiago, nous disons au-revoir à Victor et Daniela et partons vers l'ouest pour rejoindre la côte. On pourrait croire que ça descend, mais non : il va nous falloir franchir une petite chaîne de montagnes. Les paysages sont très secs, on pé**le au milieu des cactus ! Nous sommes accueillis pour une nuit dans la famille de Sara, à Tiltil. Ils nous font découvrir les tunas, des fruits juteux qui poussent sur certains cactus. Il faut les cueillir avec des gants, sous peine de se retrouver les mains couvertes d'épines…



On est très contents de passer la soirée dans cette famille qui nous accueille à bras ouverts. Le lendemain, nous partons franchir les montagnes de la Dormida, dernier barrage qui nous sépare de la côte. Ceci se révèle plus difficile que prévu, mais nous sommes encouragés par un compagnon qui nous rejoint à l'improviste : un chien débarqué du côté de la route, qui nous suivra pendant près de deux heures jusqu'en haut du col ! Là-haut, on discute avec un couple de retraités français en train de faire un road-trip dans le centre du pays.



Et c'est la descente, avec des vues magnifiques ! Il reste encore quelques buttes, mais plus d'obstacles majeurs avant d'atteindre l'océan. Nous sommes quand même un peu aigris en découvrant que le seul chemin possible passe par 500m d'autoroute ; il y a beau avoir un large bas-côté, ce n'est jamais très agréable.



Nous nous arrêtons quelques kilomètres avant Valparaiso, dans la ville de Quilpué. Là, nous sommes accueillis par Coni et sa famille avec qui nous passons trois jours formidables ! Le papa est pâtissier averti à ses heures perdues et nous laisse emprunter ses poêles à crêpes (une rareté en dehors de la France !). Nous dégustons les crêpes dégoulinantes de manjar : c'est ce qu'on appelle « confiture de lait » en France, qui est ici aussi omniprésente que le Nutella l'est chez-nous !

En plus de partager de bons repas, Coni nous emmène marcher dans les rues de Valparaiso. On découvre une ville portuaire dont les rues tortueuses recèlent un charme plus tranquille que celui de Santiago. Le poète Pablo Neruda y possédait une maison que l'on a visitée, pleine de bric-à-brac issu de sa collection. On apprécie particulièrement la chambre à coucher et son impressionnante baie vitrée qui permet de j***r dès le réveil d'une vue imprenable sur le port et la mer.



On marche ensuite vers le quartier touristique de Cerro Concepción. Les maisons colorées et les murs couverts de fresques magnifiques rendent la promenade plus qu'agréable. L'ensemble dénote cependant avec les façades un peu plus décrépies du centre-ville, qui donnent l'impression d'avoir marché dans un îlot un peu artificiel destiné avant tout aux touristes et aux familles aisées de la ville. Qu'importe ! Valparaiso est l'un de nos nombreux coups de cœur du Chili.



Le lendemain, nous partons avec Coni, son frère Rafael et leur amie Pia pour un grand tour à vélo le long de la côte. Nous voyons des lions de mers se prélasser sur les rochers, et nous découvrons une autre spécialité commune à l'Espagne et à de nombreux pays d'Amérique du Sud : les empanadas ! Ce sont des sortes de gros chaussons en pâte brisée, fourrés à la viande, aux légumes et/ou aux fromages. Pas mal pour reprendre des forces avant la suite de la balade.



L'heure de quitter Quilpué arrive trop vite… On a bien hésité à rester plus longtemps au Chili, d'autant plus que toutes les personnes que nous avons rencontrées nous encouragent à pé**ler sur la Carretera Austral, une route magnifique au sud du pays. Mais à ce moment-là, nous avons envie de découvrir les pays d'Afrique qui figurent sur notre itinéraire, et il serait difficile et coûteux de modifier nos billets d'avion ! On quitte donc Coni la larme à l’œil pour repartir vers les Andes.



Notre route nous emmène à travers La Cruz, capitale de l'avocat au Chili. On en profite pour faire des réserves en achetant suffisamment d'avocats pour faire tous nos pique-nique des prochains jours. Activement occupés à en déguster un dans la pelouse d'un parc, on croise un fan qui nous offre une grosse bouteille de jus d'ananas en nous tenant un discours en espagnol dont nous ne comprenons que la moitié des mots (enfin, j'en comprends un quart et Salomé trois quarts).

Difficile de trouver où poser la tente ce soir-là ! Toutes les maisons sont barricadées derrière de hauts murs ou de grands grillages, on ne voit pas grand monde dehors et toute la place de part et d'autre de la route est occupée par de grandes plantations d'avocats (et donc plus de murs et plus de grillages pour garder les voleurs dehors). Mais tout finit bien lorsqu'une très gentille dame nous guide jusqu'au terrain de football du village, bien à l'écart de la route, où nous pouvons camper sans problème.



Nous arrivons à Los Andes le lendemain, dernière grosse ville avant la frontière. Nous allons passer une bonne nuit de sommeil chez notre hôte avant de nous attaquer au col du Christ Rédempteur. Au programme : deux jours d'ascension qui devraient nous emmener de 820m à 3820m d'altitude pour passer le col et entrer en Argentine !

24/03/2016

Cinq jours, c'est le temps qu'il nous reste pour atteindre l'aéroport de Bangkok et nous envoler pour le Chili. Cinq jours, c'est court, mais on compte bien les faire compter et ouvrir grand nos yeux sur ce tout nouveau pays qu'est la Thailande.

Le passage de frontière est des plus désagréables. Nous sommes en pleine autoroute touristique entre Siem Reap et Bangkok, et les deux heures de queue pour obtenir un tampon sur notre passeport nous le rappellent bien. Heureusement, on peut compter sur la bonne humeur de nos voisins de file, viticulteurs bordelais, pour nous remonter le moral en attendant !

L'arrivée en Thaïlande est surprenante et en même temps assez décevante. La frontière est surpeuplée de banques et de supermarchés. Difficile aussi de se réj***r de la réapparition de ces derniers sous cette chaleur. On change les rétros de côté (et oui, ici on roule à gauche !) et on se sauve bien vite. La route n'est pas non plus très réjouissante : une grosse voie rapide avec, heureusement pour nous, une large bande sur le côté. Par rapport au Cambodge, les deux-roues ont presque entièrement disparu et ont laissé place à de beaux pick-ups. Les camions aussi paraissent plus modernes. Le paysage ressemble à l'idée que je me fais d'une route aux Etats-Unis, à la différence qu'ici, la figure du Roi est partout, dans de beaux cadres plantés sur le terre-plein central.



Pour notre première nuit en Thaïlande, nous bénéficions de l'hospitalité des moines bouddhistes et montons la tente dans les jardins d'un temple. Notre premier repas n'est pas facile pour moi : nous commandons des plats dans la cantine voisine mais tout est trop épicé pour moi et je me contente de riz blanc, ce malgré les efforts de la propriétaire pour trouver un plat que je pourrais avaler...



Route monotone, difficulté à manger, les premiers moments en Thaïlande ne présagent rien de bon. Mais notre deuxième journée nous dévoile une nouvelle facette de ce pays, qui nous fait immédiatement changer d'avis : les Thaïlandais sont extrêmement gentils ! Alors que nous faisons une pause sur le bord de la route, pas moins de quatre pick-up s'arrêtent pour nous proposer de l'aide et des boissons. Plus loin, c'est un conducteur qui nous fait signe pour nous offrir à chacun un sac rempli de boissons fraîches : il nous avait repérés sur la route et s'était arrêté dans une station service pour nous acheter de quoi nous désaltérer. Nous sommes épatés devant tant de petites attentions. Le soir, c'est la propriétaire d'une station service qui nous autorise à dormir sur son terrain et nous propose même d'utiliser la do**he !



Le lendemain, nous découvrons en prime que la police de l'autoroute a mis en place une aire de repos pour cyclistes avec wifi gratuit. Les policiers nous offrent boissons et bananes, et en échange on fait quelques selfies avec eux. Nous sommes au paradis des cyclistes !



Pour ce qui est de la nourriture, je m'adapte, j'apprends à reconnaître les plats "à risque" et m'habitue petit à petit. Cela tombe bien, car nous arrivons à Chachoengsao, où nous sommes accueillis par Steve, Da et leur ami Neal. Steve, originaire du Canada, est professeur d'anglais en ce qui est ici l'équivalent du CP, et donne en plus des cours d'anglais chez lui le soir avec Da.



En Thaïlande, il existe plusieurs programmes à l'école : classique, anglais, chinois ou scientifique. Le premier est gratuit, mais les autres sont payants, et tous cohabitent dans les mêmes établissements. Steve enseigne dans le programme anglais. Cela signifie que, par rapport au programme classique, ses élèves ont plus de cours en anglais, mais aussi ils sont moins nombreux par classe, ont plus de professeurs (deux et une assistante) et bénéficient de l'air climatisé et d'un accès à Internet dans la salle de classe. Une école à deux vitesses d'autant plus révoltante pour nous que les enfants en sont ouvertement témoins : les élèves de Steve côtoient dans la cour de récréation les élèves du programme classique, qui étudient au rez-de-chaussée.



Les jeunes enfants, d'un niveau équivalent au CP, sont déjà bien avancés en anglais, et nous avons aimé pouvoir jouer avec eux et répondre à leurs questions. Nous leur avons aussi montré notre vidéo de repas de St Valentin, devant laquelle ils ont hurlé de dégoût ! Eh oui, de façon surprenante pour nous, en Thaïlande on mange des insectes, mais manger des araignées, ça reste dégoûtant.



Notre séjour à Chachoengsao est aussi l'occasion pour nous d'en apprendre plus sur la cuisine thaï, mais aussi de manger des sushis pour la première fois depuis plus de six mois ! Ici comme au Cambodge, la base du repas reste le riz, mais le plat qui l'accompagne est plus épicé. Nous avons préféré la nourriture des cantines khmères à celle des cantines thaïs, mais pour ce qui est des restaurants, nous avons été bluffés par la richesse des saveurs thaïs. Au petit-déjeuner, pas énormément de changement, toujours du riz, accompagné d'un curry de légumes. Maintenant, on en raffole !



Pour notre dernière matinée dans le pays, nous visitons le temple Wat Sothon, un des plus grands et plus visités du pays. A notre arrivée cependant, je regrette la modestie des temples au Cambodge... Celui-ci me rappelle un peu un château de conte de fées... A l'intérieur, on peut admirer une figure de Bouddha dont le mythe raconte qu'elle a été trouvée flottant sur la rivière. Pour entrer, il m'a fallu revêtir ce que l'on a surnommé mon "peignoir thaï" : admirez l'accord des couleurs !



La route jusqu'à l'aéroport se fait sans encombre et un peu à reculons (si toutefois c'était possible à vélo). Après un tel aperçu, nous avons du mal à nous dire que nous allons quitter un pays si accueillant et si différent. Nous sommes maintenant très curieux de pouvoir découvrir véritablement la Thaïlande. Ce pays que l'on pensait se résumer à des plages pour touristes occidentaux offre en fait un merveilleux terrain d'aventures pour cyclistes... et nous avons hâte de retrouver la gentillesse et la générosité thaïs ! En démontant nos vélos à l'aéroport, on se promet de revenir. Mais pour le moment, il est tant de s'envoler pour un nouveau continent !

24/03/2016

L'arrivée à Siem Reap nous a laissés complètement éberlués. Sans transition, nous passons de la campagne et de ses maisons en bois sur pilotis à une ville haute de ses immeubles et hôtels étoilés, aux avenues grouillant de bus, voitures et touk-touks. Nous avons le sentiment d'avoir changé de pays. « C'est ici qu'ils devraient nous demander un visa ! » Nous pédalons tranquillement, essayant d'assimiler le changement : oh, un parc ! Des avenues bordées d'arbres ! Oh, un marchand avec des prix affichés (et en dollars) ! Et encore mieux ou pire : un, deux, non cinq (on a arrêté de compter) supermarchés ! Mais où sommes-nous ?



Complètement désorientés, nous nous dirigeons machinalement vers notre point de rendez-vous avec notre hôte Seyha, qui possède un business de tours et de location de vélos en centre-ville, au rez-de-chaussée d'une auberge de jeunesse. Mais nous n'étions pas prêts, en laissant nos vélos à l'entrée, à ce qui nous attendait à l'intérieur. C'est recouverts de sueur et de poussière et abattus par la chaleur et le trop-plein d'émotions de cette arrivée que nous nous retrouvons nez à « nez » avec… une piscine ! Une vraie, avec de l'eau fraîche et des touristes qui s'y baignent. On fait preuve d'une grande force de volonté pour ne pas nous y jeter tout habillés…


Pas de piscine pour nous, malheureusement. Mais nous rencontrons le père de notre hôte, qui va nous sauver en nous conduisant vers sa maison, en dehors de la ville. Enfin, nous échappons à cette terre peuplée de piscines, de supermarchés et de clims. Beurk. On retrouve les rizières, les routes de terre, les petites cantines et les jolies pagodes. La maison de Seyha est située au milieu des champs, dans un environnement en apparence paisible. Je dis « en apparence » car la nuit, tout s'anime : les chiens aboient, les voisins (assez loins mais le bruit porte) se marient… Nous profitons de ce calme relatif et de la soirée en famille pour nous reposer un peu.



Le lendemain, nous reprenons tranquillement en pédalant vers le Tonlé Sap, plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud-est, où nous espérons apercevoir des villages flottants. A l'approche de la rive, il nous faut batailler avec un rabatteur de bateau touristique, qui nous affirme qu'il est interdit de continuer par voie terrestre. Merci à la formation à New Delhi ! Nous continuons tout de même, longeant le canal emprunté par les bateaux chargés de touristes.



Très vite, nous roulons le long d'un village où les maisons et même l'église ont les pieds dans l'eau. Les habitants se déplacent comme nous sur le terre-plein, ou en bateau. Nous continuons notre route jusqu'à la rive, où l'on aperçoit un autre village, cette fois au milieu du lac. Nous sommes impressionnés par sa taille ! Près de nous, un pêcheur jette ses filets dans le canal.



Nous passons la suite de notre après-midi à faire des courses dans Siem Reap. Il est facile d'y trouver tout ce dont nous avons besoin. Les supermarchés regorgent même de produits occidentaux : fromage, nutella, chocolat… On a failli craquer, mais on est restés raisonnables… pour quelques minutes puisqu'on s'est quand même offert une glace ! Siem Reap a aussi un marché, mais qui est très mis en scène pour les touristes et où les prix sont finalement les mêmes qu'au supermarché… Il faut s'éloigner un peu pour retrouver des cantines et des marchands de fruits et légumes aux prix raisonnables.



Le soir approche. Il est temps de partir découvrir les monuments qui font de Siem Reap cette capitale touristique : les temples d'Angkor ! Nous avons opté pour une seule journée, notre budget et notre temps étant comptés. Mais en prenant nos billets à 17h pour le lendemain, nous avons droit à une soirée gratuite !



Angkor, ancienne capitale de l'Empire Khmer, est un ensemble gigantesque de ruines et de temples classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Loin d'être un ensemble homogène, chaque souverain contribuait à la construction de la cité en édifiant un nouveau temple ou palais. Il y en a donc pour tous les goûts !



Nous passons notre première soirée à Angkor Wat, réputé plus grand monument religieux au monde et emblème du Cambodge (il apparaît sur le drapeau !). Effectivement, l'ensemble est impressionnant, mais nous sommes vite fatigués par le monde qui se presse autour de nous. Ce temple aux tours en forme de lotus a été occupé en continu de sa fondation comme temple dédié au dieu hindou Vishnu jusqu'à aujourd'hui. Quand il a été « découvert » par les européens, ce n'était en effet pas une ruine, mais un monastère bouddhiste toujours en fonctionnement.



Puisque la foule nous déplaît, nous optons le lendemain pour une autre technique. Puisque nous sommes à vélo, nous en profitons pour quitter la route et son flux incessant de touristes pour explorer les petits sentiers qui serpentent dans la forêt et partir à la découverte de temples plus petits ! On se prend pour Indiana Jones, ou plutôt Lara Croft, puisque c'est ici qu'ont été tournées de nombreuses scènes du film !



Mais finalement derrière les temples, on trouve certes de la forêt, mais aussi des villages où la vie se déroule tranquillement, loin de l'agitation touristique. Des pêcheurs s'affairent dans le baray, un grand réservoir qui servait à alimenter la cité pendant la saison sèche. Nous nous amusons bien à rouler à toute allure entre temples déserts et champs, et à nous remplir les yeux des paysages. Quel plaisir de voir surgir une énorme porte au milieu de la forêt !



On descend tout de même parfois de nos montures pour visiter les temples. Ta Prohm, celui de Tomb Raider, est connu pour ses arbres qui ont envahi et soutiennent désormais le temple. « La nature reprend ici ses droits » disent tous les guides. Jolie mise en scène, mais le passage est tout de même bien ménagé pour les touristes… Notre temple préféré ? Le Bayon, palais aux mille visages, dont nous avons tout particulièrement apprécié les bas-reliefs.



Les bas-reliefs racontent l'histoire du royaume Khmer, ses guerres contre les Chams, royaume ennemi, mais aussi la grandeur de l'Empire et de ses souverains, et les grands mythes comme le barattage de l'océan de lait (Kshirasagara manthana). Cet épisode est représenté sur un bas relief d'Angkor Wat, et montre les dieux et les démons barattant l'océan de lait à l'aide d'une montagne renversée sur le dos d'une tortue (avatar de Vishnu) afin d'en obtenir un élixir d'immortalité. Heureusement, à la fin, les dieux réussissent à s'en emparer et les démons sont envoyés en enfer.



Nous nous sommes donc bien amusés à lire ces bas-reliefs, à y chercher des témoignages de la vie quotidienne à l'époque de leur réalisation et à en apprendre plus sur la mythologie hindoue ! Entre nos excursions sur les chemins dans la forêt et notre goût pour les bas-reliefs, nous avons réussi à éviter la foule. Heureusement, car nous avons assez mal vécu les rares moments où nous devions jouer des coudes pour avancer…



Le soir venu, nous sommes bien contents de pouvoir quitter l'agitation de Siem Reap pour repartir chez nos hôtes. Nous y faisons la connaissance de Sandrine et Florent, qui pé**lent autour du monde sur leur tandem pour leur voyage de noces ! On échange des petits conseils pour la suite du voyage, et ils nous donnent bien envie d'aller découvrir l'Amérique du Sud, où ils ont passé plusieurs mois. Ça tombe bien, notre avion pour Santiago est dans quelques jours. Mais pour cela, pas de temps à perdre, il faut pé**ler vers Bangkok ! Au revoir les jolis temples et nos aventures dans la forêt, adieu Siem Reap et son activité débordante ! A nous la Thaïlande !

Traduction (adaptée par nos soins) : Raclure de bidet ! / Égoïste / Flemmard-e / Sympa ! / Ah, c'est un-e cycliste aussi...
23/03/2016

Traduction (adaptée par nos soins) : Raclure de bidet ! / Égoïste / Flemmard-e / Sympa ! / Ah, c'est un-e cycliste aussi :)

Anecdote : en Argentine, un conducteur qu'on a obligé à se mettre dans la 3e situation s'est arrêté pour nous engueuler... Joie de la ruta 7 ! :)

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