30/01/2025
Chronique d’un étang en hiver, Aubers.
Alors que mes pas crissent sur une neige durcie par le froid de la nuit, je pose un regard sur ces plans d’eau qu’une fine couche de givre matifie à la lueur des percées matinales. Assez épaisse toutefois pour qu’une oie cendrée s’y promène en toute décontraction. L’oiseau n’est pas rare certes, et son dodelinement dénote fortement avec la célérité du Martin pêcheur que j’apercevrai quelques temps plus t**d, mais la scène est égayante, et la glace ne rompt pas. A la belle saison, je sais l’endroit prisé des amateurs de silence, comme seule l’exige la pratique de la pêche en étang, ces anachorètes gardant l’œil vif sur l’onde qu’ils espèrent mouvante, signe d’activité subaquatique. Aujourd’hui personne, pas un hameçon ne saura crever la surface de son dard. Seuls les pépiements des oiseaux que l’hiver n’a pas chassés viennent contrarier la quiétude des lieux, douce musique à mes oreilles, qui se conjugue au bruit de mes pas qui, toujours, bavardent avec la croute de glace et lestent le sol d’une emprunte vaporeuse. Ceux-là même qui m’emmènent vers des endroits préalablement choisis, dans l’espoir que d’autres que moi savoureront la nature en marche, avec ou sans neige, avec ou sans canne…la quête peut commencer.
Photo et texte de Frerot