21/01/2026
À ceux nés entre 1956 et 1986
Les enfants du monde d’avant.
Les parents du monde d’après.
Nous avons grandi entre deux battements du temps.
Entre l’analogique et le numérique.
Entre l’attente et l’immédiateté.
Nous avons connu les cabanes dans les arbres avant les stories,
les lettres qu’on pliait mille fois avant les messages instantanés,
les dimanches sans Wi-Fi mais pleins de voix, de rires et de présence réelle.
Nous sommes la génération des clés autour du cou,
des goûters sur les marches,
des vélos lancés trop vite, sans casque, avec des genoux écorchés comme trophées.
On rentrait quand les lampadaires s’allumaient.
Pas quand une batterie mourait.
Nous avons écouté la radio qui grésille,
rembobiné des cassettes avec un stylo,
regardé des télévisions sans télécommande
et juré contre les magnétoscopes qui avalaient les bandes.
Nous avons vu naître Internet.
Le bruit du modem qui chantait la connexion.
Les premiers ordinateurs.
Les SMS comptés, pesés, facturés à l’unité.
Nous avons dansé sur Goldman, Indochine, Téléphone, Balavoine.
Enregistré nos chansons préférées le doigt suspendu au-dessus de “REC”.
Chaque cassette, chaque CD rayé portait une part de nous.
Nous avons connu les francs avant l’euro,
les cabines téléphoniques avant les smartphones,
les lettres d’amour avant les “vu à 14h23”.
On écrivait “tu me manques”.
On ne disparaissait pas sans un mot.
Nous avons grandi avec l’odeur du pain chaud,
le bruit d’un ballon contre un mur,
le goût du sirop trop dilué dans les verres Duralex.
Nos parents ne parlaient pas de charge mentale.
Ils portaient le monde sans le nommer.
Et nous ont appris à attendre, à réparer, à respecter.
À tomber, à se relever.
À demander pardon sans emoji.
Nous sommes une génération charnière.
Celle des cartes routières avant le GPS.
Des photos ratées qu’on découvrait une semaine plus t**d.
Des repas sans écrans, où l’on se regardait vraiment.
Et même si tout a changé,
nous gardons le goût du vrai, du simple, du vécu.
Parce qu’avant, ce n’était pas forcément mieux.
C’était juste plus humain.
Alors à nous.
À cette génération debout entre passé et avenir.
À ceux qui savent d’où ils viennent…
et qui avancent encore, le cœur chargé de souvenirs et de force. ❤️