07/09/2026
🏔️ Au pied du Pain de Sucre et aux portes du Viso, le quotidien à 2 580 mètres d'altitude ne ressemble à aucun autre, surtout lorsqu'il s'agit de nourrir et loger 90 randonneurs chaque soir ! 🍝
Aujourd'hui, on part à la rencontre de Violette, gardienne du Refuge Agnel 🥾✨
🎤 Comment on en vient à devenir gardienne du refuge Agnel ?
Je suis arrivée ici en 2018, initialement pour faire des saisons pendant mon Master. 🎓
Je connaissais déjà très bien le Queyras. J'avais besoin d'être en montagne l'été pour aller courir et crapahuter. À la fin de mon Master en 2018, Jérémy — qui est gardien au refuge depuis 20 ans — m'a proposé de rester avec lui, et je ne suis plus jamais repartie ! 😁
🎤Comment s'organise la logistique d'un refuge comme celui-ci ?
☀️ L'été, c'est assez simplifié parce qu'on monte en véhicule : on fait les voyages tous les 2-3 jours depuis Molines pour redescendre les ordures et remonter les produits frais.
❄️ En hiver, c'est pas du tout la même chose : on est à 7 km du dernier parking. C'est la grande aventure, tout se fait en motoneige (ou à dos si ça ne passe pas). Un ravitaillement qui prend 1 heure l'été en demande 4 l'hiver ! On essaie vraiment de réduire nos déplacements, d'un point de vue écologique et par sécurité, et de faire attention à ce qu'on consomme.
On est parfois assimilé à un gîte ou à un hôtel, mais on a les mêmes contraintes qu'un refuge, avec une attention toute particulière pour l'eau et l'électricité 💧⚡
🎤Perçois-tu une évolution du climat et du milieu autour du refuge ?
Oui, c'est énorme. L'eau du captage est 0,5 °C plus chaude tous les ans au robinet, les fleurs sortent en juin au lieu de juillet et le torrent ne coule plus. On adapte nos outils : on a changé la vaisselle et on est passé de douches de 3 min 45 à 2 min, pour environ 7 litres d'eau.
On voit aussi arriver des gens d'Aix, Marseille ou Lyon qui viennent juste le midi ou pour une nuit chercher la fraîcheur à 2 580 m parce qu'il fait 38 °C en bas : le refuge devient un refuge climatique. Sans compter les orages très violents avec des coups de vent à 100-130 km/h ou les périodes d'un mois et demi sans pluie 🌡️🌩️
🎤Une autre facette du refuge se dévoile-t-elle l'hiver ?
🏔️ Oui, l'hiver c'est incroyablement paisible, mais pour nous gardiens, c'est beaucoup plus stressant et anxiogène. L'été on a 12 salariés en rotation pour 90 lits, alors que l'hiver on embauche 2 personnes au profil très sportif, bons skieurs ou raquetteurs avec une bonne connaissance du milieu. On gère une clientèle plus aguerrie, en ski de rando, et on doit tout le temps analyser l'environnement, surveiller la météo et le vent d'est de la frontière italienne qui peut faire passer du grand soleil au brouillard complet en une heure 🌫️🎿
🎤Quelle relation as-tu avec le Queyras et la montagne en travaillant ici ?
🌿 J'adore cette région, le Queyras a réussi à garder de la simplicité et des espaces vraiment protégés. Sur mon poste, c'est un jeu permanent entre promotion et préservation. On essaie de travailler avec les agents du Parc pour encadrer le bivouac, suivre les zones du lagopède ou la revégétalisation avec le Conservatoire botanique. On vit au rythme des saisons : juin avec la flore, les marmottes, les bouquetsins et même le loup, ou septembre quand tout devient orangé sous un ciel bleu pur 🍂🐿️
🎤 Pour toi le Queyras en 1 mot, c'est ?
Sauvage 🌲