Visiter Chartres et sa région

Visiter Chartres et sa région Ad-Vitam : association de Guides-conférencières, amoureuses du territoire, créatrices de souvenirs à Chartres et dans sa région Ce qui nous lie ?

Ad Vitam – Créatrices de souvenirs
Nous sommes trois. Trois voix, trois sensibilités, trois façons de raconter. Et pourtant, une seule envie nous réunit : faire vibrer le patrimoine, lui rendre son souffle, et en faire un moment à vivre. Mylène, Carine et Véronique, trois guides-conférencières passionnées et passionnantes, aux parcours bien différents mais aux convictions communes. Nous avons fond

é Ad Vitam pour partager ce goût du détail, du vivant, de l’intime. Pour faire de l’Histoire autre chose qu’un simple discours : une expérience sensible, incarnée, chaleureuse. Nous croyons aux mots bien choisis, aux anecdotes qui illuminent un regard, aux silences qui donnent sens, aux émotions qui restent. Que ce soit dans un château, au détour d’une ruelle, dans une église ou lors d’une conférence, nous vous emmenons en voyage. Parfois dans le passé, parfois dans votre imaginaire. Toujours avec bienveillance, curiosité… et un brin d’humour. Une approche humaine de la médiation culturelle. Pas de récitation, pas de visites à la chaîne. Nous travaillons sur mesure, pour que chaque visite soit unique, et que chacun reparte avec un souvenir, une question, un sourire. Basées en Eure-et-Loir, attachées à notre territoire, nous intervenons aussi bien à Chartres, Dreux, Thiron-Gardais, Maintenon… qu’ailleurs en France. Nous proposons :
– des visites guidées,
– des conférences,
– des parcours-spectacles,
– des ateliers pour petits et grands,
– des formations pour professionnels du patrimoine. Ad Vitam, ce n’est pas un slogan : c’est une promesse. Vous faire vivre une rencontre avec un lieu, une époque, un personnage… pour longtemps.

Aujourd’hui, je vais emmener un groupe visiter l’une des merveilles un peu plus secrètes de Chartres : l’église Saint-Ai...
11/09/2026

Aujourd’hui, je vais emmener un groupe visiter l’une des merveilles un peu plus secrètes de Chartres : l’église Saint-Aignan.
Nichée au cœur de la cité ancienne, elle épouse le relief et l’histoire de la ville. Son chevet s’appuie sur l’ancienne muraille et les travaux de reconstruction du XVIe siècle ont intégré les fortifications et leurs contreforts. Ici, chaque pierre raconte plusieurs siècles à la fois.
Mais c’est en poussant la porte que Saint-Aignan révèle véritablement son caractère. La couleur est partout. Au XIXe siècle, l’architecte Émile Boeswillwald imagine cet extraordinaire décor polychrome qui court sur les piliers, le triforium, les murs et jusqu’à la voûte de bois. Fleurs, feuillages, motifs géométriques, rouges, bleus, verts, ocres et ors composent un univers totalement inattendu.
Et puis, il y a les vitraux.
Plusieurs siècles se répondent dans les verrières de Saint-Aignan. On y retrouve notamment le spectaculaire Saint Michel combattant les anges rebelles, réalisé par Jean Jouan en 1547, des panneaux de la Dormition de la Vierge remontant à la fin du 15e siècle, mais aussi les apparitions du Christ à saint Pierre et à saint Paul, avec le fameux Quo vadis ? attribué à Jean Jouan.
Au 19e siècle, les ateliers Lorin interviennent à leur tour à Saint-Aignan, restaurant des vitraux anciens mais créant également de nouvelles verrières. Dans le déambulatoire, des verrières réalisées par Nicolas Lorin racontent notamment des épisodes de l’Ancien Testament, parmi lesquels David et Goliath ou Jonas et la baleine.
Et c’est sans doute ce qui me plaît le plus dans cette histoire : les ateliers Lorin sont toujours là. Fondée à Chartres en 1863, la Maison Lorin poursuit encore aujourd’hui son activité de création et de restauration du vitrail. Son site historique de la rue de la Tannerie fait lui-même l’objet d’un important chantier de restauration.
Voir un atelier qui travaillait déjà aux vitraux de Saint-Aignan il y a plus d’un siècle continuer à faire vivre ce savoir-faire aujourd’hui… j’avoue que cela me réjouit particulièrement.
A Chartres, le vitrail n’est décidément pas seulement un patrimoine que l’on conserve. C’est un patrimoine qui vit.
Véronique

Le 8 septembre, l’Église fête la Nativité de la Vierge Marie. A Chartres, cette date importante pour notre Cathédrale en...
08/09/2026

Le 8 septembre, l’Église fête la Nativité de la Vierge Marie. A Chartres, cette date importante pour notre Cathédrale en cache une autre : le 8 septembre 1900 naissait Raymond Isidore, celui que l’on surnommerait bien plus t**d Picassiette.
Une coïncidence de calendrier qui prend une saveur particulière lorsque l’on entre dans son univers.
Car Marie est partout, ou presque, chez Picassiette.
La religion occupait une place importante dans l’imaginaire de Raymond Isidore. Très jeune déjà, la cathédrale faisait partie de son monde et Notre-Dame y tenait une place particulière. Des années plus t**d, lorsqu’il entreprend de couvrir sa maison, puis son jardin, de peintures et de mosaïques, cette présence ressurgit naturellement.
Dans la chapelle qu’il construit derrière sa maison, le bleu domine. Croix, églises, vierge à l'enfant, fuite en Egypte, Jérusalem céleste… composent un décor qui ne répond pas vraiment aux règles d’une iconographie savante. Raymond Isidore n’a rien appris dans une école d’art. Il assemble ce qu’il connaît, ce qu’il croit, ce qu’il rêve.
Plus spectaculaire encore, dans la Cour noire, il rassemble quarante-quatre cathédrales autour d’une image de la Vierge. A ses pieds, il place la grande rose de la cathédrale de Chartres. Comme si toutes ces églises convergeaient vers elle, et comme si Chartres demeurait, au cœur de ce monde recomposé, son point d’ancrage.
Raymond Isidore disait d’ailleurs de sa chapelle qu’elle était la réalisation de sa "croyance personnelle". Tout est peut-être là. Sa maison n’est pas un catéchisme en mosaïque. On y rencontre le Christ et la Vierge, mais aussi des paysages, des fleurs, des animaux, des portraits, la Beauce et bien sûr la cathédrale. Le sacré et le quotidien vivent côte à côte, exactement comme dans son imagination.
Alors, en ce 8 septembre, on peut célébrer la naissance de Marie à Chartres en levant les yeux vers les vitraux et les sculptures de la cathédrale où elle est omniprésente.
Mais on peut aussi pousser la porte d’un tout autre sanctuaire, infiniment plus personnel : celui qu’un homme simple a construit de ses propres mains, morceau après morceau.
Bon anniversaire Marie et bon anniversaire Monsieur Raymond Isidore qui aurait eu 126 ans aujourd’hui.

La photo du lundi : la cathédrale depuis la rue de la foulerie Qui a dit que la Beauce était une plaine ? Que nenni ! C’...
07/09/2026

La photo du lundi : la cathédrale depuis la rue de la foulerie
Qui a dit que la Beauce était une plaine ? Que nenni ! C’est un plateau, creusé ici par l’Eure qui forme une vallée verdoyante.
A Chartres, cela se lit parfaitement dans le paysage : en haut, la ville haute, dominée par la cathédrale ; en bas, la ville basse, installée au bord de la rivière. Entre les deux, près d’une trentaine de mètres de dénivelé par endroits.
Autrefois, c’étaient presque deux mondes. En haut, les pouvoirs religieux et politiques, les marchés et les commerces. En bas, les artisans qui avaient besoin de l’eau : tanneurs, mégissiers, teinturiers, foulons…
Nous sommes ici rue de la Foulerie. Le nom rappelle le travail des foulons : on foulait notamment les étoffes de laine pour les nettoyer, les dégraisser et resserrer leurs fibres. Et les produits employés n’étaient pas toujours très engageants : l’urine fermentée, riche en ammoniaque, pouvait faire partie de la recette ! On foulait également certaines peaux et certains cuirs pour les assouplir.
Sur ma photo, on aperçoit aussi un ancien lavoir, autre témoin de cette vie quotidienne tournée vers la rivière.
Et pour passer d’un monde à l’autre, il fallait grimper. Les fameux tertres chartrains sont toujours là pour nous le rappeler.
Belle semaine à vous.
Véronique

Et si vous poussiez les portes de l'hôtel Montescot pour les journées du patrimoine ?A Chartres, nous passons souvent de...
04/09/2026

Et si vous poussiez les portes de l'hôtel Montescot pour les journées du patrimoine ?
A Chartres, nous passons souvent devant lui sans forcément connaître toute son histoire. Pour tous, c'est la partie ancienne de l'hôtel de ville. Certains s'y sont mariés, d'autres y sont passés pour des rendez-vous avec des élus… Mais peu connaissent vraiment son histoire.
Parce que derrière la façade de brique et de pierre de l’Hôtel Montescot se cachent près de cinq siècles d’histoire chartraine.
Tout commence en 1546, lorsque Jean de Montescot, seigneur de Mainvilliers-la-Garenne, fait édifier ici un premier hôtel particulier. Son fils Claude en hérite quelques décennies plus t**d. Fidèle au roi pendant les troubles de la Ligue, il doit quitter Chartres en 1588. Lorsque Henri IV reprend la ville en 1591, Claude peut revenir, mais la demeure familiale a été dévastée. Il la fait reconstruire : une inscription toujours visible rappelle que les travaux sont achevés en 1614. Et surtout, il rend honneur à Henri IV dont le buste a orne la cours central (Marie de Médicis son épouse et Louis, son fils, futur Louis XIII, sont sur les côtés). Les bustes visibles aujourd’hui ont toutefois été restitués au XIXe siècle, les originaux ayant disparu.
Et puisqu’il est question de détails, regardez bien les armoiries de Jean de Montescot. Vous y verrez ces fameux petits oiseaux que beaucoup de visiteurs prennent spontanément pour… des canards ! Il s’agit pourtant de merlettes. Je vous laisse regarder leurs becs et leurs pattes avant d’ouvrir un traité d’héraldique… 😉
L’Hôtel Montescot connaîtra ensuite bien d’autres vies : établissement d’éducation tenu notamment par les Ursulines, puis Maison commune à partir de la Révolution, avant d’être acheté par la Ville de Chartres en 1824. Il est aujourd’hui encore au cœur de l’Hôtel de Ville.
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, je vous propose donc d’en pousser les portes et de regarder ensemble ce bâtiment que l’on croit connaître… jusque dans ses petits "canards".
Il y a aura plusieurs visites de l’Hôtel Montescot sur les deux jours (matin et après-midi). De mon côté, je serai présente samedi à 11h et dimanche à 10h et 11h

Au plaisir de vous y retrouver !
Véronique

C’est la rentrée !Cartables, trousses et cahiers vont reprendre du service. Alors, pour souhaiter une belle rentrée aux ...
01/09/2026

C’est la rentrée !
Cartables, trousses et cahiers vont reprendre du service. Alors, pour souhaiter une belle rentrée aux écoliers, collégiens, lycéens et étudiants, je vous propose de retrouver quelques élèves cachés dans les vitraux et les sculptures de la cathédrale.
Et ils sont nombreux !
Commençons par le jeune Lubin. Bien avant de devenir évêque de Chartres, il aurait gardé les troupeaux. Désireux d’apprendre à lire sans pouvoir abandonner ses bêtes, il reçoit d’un moine une ceinture sur laquelle sont inscrites les lettres de l’alphabet. Le vitrail raconte joliment cette histoire : notre futur saint peut ainsi apprendre ses lettres tout en surveillant ses moutons. Un abécédaire portatif, en quelque sorte, plusieurs siècles avant nos tablettes numériques !
Dans le vitrail de la Vie de la Vierge, nous retrouvons également Marie enfant. Marie apparaît à l’école, entourée d’autres enfants. Une scène précieuse, car les artistes du 13e siècle racontent une enfance biblique avec les images de leur propre époque. Derrière Marie, c’est donc aussi un peu l’école médiévale qui se laisse deviner. Observez bien le maître avec sa férule… la même que l'on peut voir dans la représentation de la grammaire au portail Royal.
Et Jésus lui-même ? À douze ans, il est retrouvé au Temple, parmi les docteurs, les écoutant, les interrogeant et leur répondant. L’épisode est représenté à Chartres au Portail royal, mais aussi dans la clôture du chœur en bas relief de la scène du baptême. Une belle manière de rappeler que l’apprentissage passe aussi par l’écoute, la question et la discussion.
Impossible enfin de parler d’école à Chartres sans lever les yeux vers les voussures du Portail royal. Les sept Arts libéraux y sont représentés : grammaire, rhétorique et dialectique pour le trivium ; arithmétique, géométrie, musique et astronomie pour le quadrivium. À leurs côtés apparaissent les grands maîtres de l’Antiquité, Aristote, Pythagore, Euclide, Ptolémée ou encore Cicéron.
Tout un programme d’enseignement sculpté dans la pierre, à quelques pas des anciennes écoles qui firent la réputation intellectuelle de Chartres au Moyen Âge.
Alors ce matin, certains reprendront le chemin de l’école avec enthousiasme, d’autres peut-être en traînant un peu les pieds… Mais dans la cathédrale, depuis des siècles, on lit, on écoute, on questionne et on apprend.

Belle rentrée à toutes et à tous !

Photos du lundi : Jean Moulin à ChartresIl est des noms qui appartiennent à l’Histoire (celle avec un grand H) de France...
31/08/2026

Photos du lundi : Jean Moulin à Chartres
Il est des noms qui appartiennent à l’Histoire (celle avec un grand H) de France, mais qui s’inscrivent aussi très concrètement dans l’histoire de Chartres. Jean Moulin est de ceux-là.
Nommé préfet d’Eure-et-Loir en janvier 1939, il s’installe en février à l’hôtel de Ligneris, l’hôtel préfectoral que l’on connaît encore aujourd’hui, place Jean-Moulin. Cet ancien hôtel particulier de la fin du 18e siècle devient au début du 19e siècle le siège historique de la préfecture. Si une grande partie des services a depuis rejoint les bâtiments modernes de la place de la République, l’hôtel de Ligneris abrite toujours le cabinet et la résidence du préfet d’Eure-et-Loir.
C’est là que Jean Moulin exerce ses fonctions lorsque les Allemands entrent dans Chartres en juin 1940. Le 17 juin, ils veulent lui faire signer un texte accusant faussement des soldats sénégalais de l’armée française d’avoir massacré des civils. Jean Moulin refuse. Battu et soumis à de nouvelles menaces, il préfère, dans la nuit du 17 au 18 juin, tenter de se trancher la gorge plutôt que de céder. Jean Moulin vient d’accomplir ce qui restera comme son premier acte de résistance.
Quelques jours plus t**d, il se fait photographier dans les jardins de la préfecture afin de rassurer sa famille. Autour de son cou, une écharpe dissimule encore la blessure. Cette cicatrice, Jean Moulin la cachera désormais presque toujours sous le foulard ou l'écharpe devenu indissociable de son image.
Deux photographies pour ce lundi : l’arrière de l’hôtel de Ligneris, plus intime que sa façade officielle, et Jean Moulin, dans ce même lieu, quelques jours après ce premier refus qui annonçait déjà le résistant qu’il allait devenir.
Belle semaine à vous.

Les écritures cachées de la cathédraleOn dit souvent que la cathédrale de Chartres est une Bible de pierre et de verre. ...
29/08/2026

Les écritures cachées de la cathédrale
On dit souvent que la cathédrale de Chartres est une Bible de pierre et de verre. L’expression est belle, mais elle nous fait parfois oublier une chose toute simple : à Chartres, il n’y a pas seulement des images à regarder. Il y a aussi des mots à lire. Des noms, des versets, des inscriptions gravées ou peintes, parfois parfaitement visibles, parfois presque entièrement effacées. Et certaines sont si discrètes qu’il faut savoir exactement où poser les yeux pour les découvrir… Bref, une multitude de petits détails, de petites lettres, très petites lettres à faire pâlir les adeptes des "conditions générales de vente" de certaines enseignes.
Et parfois, quelques lettres suffisent à ouvrir une belle énigme. Direction le Portail royal, juste sous le grand chapiteau de la Cène. Sur le pilastre avancé de droite, derrière la tête aujourd’hui disparue d’un personnage que l’on a longtemps qualifié de "boucher", on peut lire très distinctement ROGERVS (Rogerus ou Rogerius). Un nom, certes… mais celui de qui ? Du personnage représenté ? Du sculpteur qui aurait laissé ici sa signature ? Ou d’un mécène ayant participé au financement du portail ? Jean Villette ne tranche pas et rappelle que le débat reste ouvert. Encore une fois, quelques lettres bien cachées et la cathédrale nous oblige déjà à nous poser des questions.
Parce qu'au Moyen Âge, l’écriture accompagne volontiers l’image. Un personnage peut tenir un livre ou dérouler un phylactère sur lequel son nom ou quelques mots permettent de l’identifier. Lorsque ces inscriptions disparaissent, l’affaire devient beaucoup plus compliquée pour les historiens. C’est le cas au portail sud de la cathédrale. Les apôtres tenaient des banderoles dont les inscriptions ont aujourd’hui disparu. Pour certains personnages, nous avons donc perdu l’un des indices essentiels qui permettaient de les reconnaître avec certitude. Quelques lettres effacées par le temps suffisent ainsi à transformer une évidence médiévale en débat d’historiens.
Mais fort heureusement, les écritures se cachent aussi dans les vitraux. Il faut parfois regarder très attentivement un détail que l’on distingue à peine depuis le sol (d'où la nécessité de se munir de jumelles). Dans Notre-Dame de la Belle Verrière, l’Enfant assis sur les genoux de Marie tient un livre. Sur celui-ci, on peut lire "omnis vallis implebitur" (Toute vallée sera comblée). Cette phrase apparaît dans l'évangile de Saint Luc met à propos de Jean-Baptiste lorsque ce dernier annonce la venue du Christ.. L’image ne se suffit donc pas à elle-même : elle renvoie au texte biblique et lui donne une profondeur supplémentaire. A Chartres, le regard passe sans cesse de l’image au texte, puis du texte à l’image.
Et puis il y a les inscriptions que l’on ne voit presque plus. Penchons nous donc sur le vitrail de saint Théodore et de saint Vincent dans le déambulatoire. Au troisième registre à partir du bas court une inscription du 13e siècle. Même lorsqu’on connaît précisément son emplacement, Guy Villette explique que l’œil ne distingue pratiquement qu’"ne mince ligne jaune" ou grisâtre. Cependant avec des jumelles, des petits éléments apparaissent plus clairement et on parvient difficilement à en épeler les lettres. L’inscription est en vieux français du 13e siècle, écrite en onciales et les mots sont bien séparés avec soin. Pourtant, telle qu’elle nous est parvenue, la phrase ne possède plus de sens. Plusieurs chercheurs ont donc tenté de la reconstituer. Fragments déplacés, modèle incomplet, morceaux copiés dans le mauvais ordre : Guy Villette envisage notamment qu’un verrier n’ayant pas su lire le texte ait reproduit des fragments bouleversés. L’une des restitutions proposées ferait apparaître les "confrères de saint Vincent", peut-être liés au financement de la verrière. Mais l’énigme n’est pas totalement refermée. Un peu plus loing, toujours dans le déambulatoire... un petit détail interpelle dans le vitrail du zodiaque. Les mois y sont bien représentés... de bas en haut. Arrivé tout en haut, on peut lire december : mois de décembre. Parfait ! Et juste en dessous, december. Tiens, deux fois le même mois... regardons la suite... October, september... là, il y a un souci. Point de november qui aurait signifié novembre... et donc une question : le maître verrier aurait il fait une erreur due à son illettrisme. Ou bien, y a t'il un message caché ? Une fois de plus, la cathédrale nous aspire, nous embarque, nous oriente et nous fait réfléchir.
C’est aussi cela, regarder la cathédrale dans le détail. Ne pas seulement admirer ce qui s’impose immédiatement au regard, mais aller chercher ces traces minuscules qui permettent parfois de mieux comprendre une image, d’identifier un personnage ou de retrouver quelque chose des hommes qui ont travaillé ici il y a huit siècles.
Et parfois, quelques lettres presque invisibles suffisent à rappeler que la cathédrale de Chartres, malgré tout ce que l’on a écrit sur elle, n’a certainement pas encore livré tous ses secrets.
Ces écritures feront bien sûr partie des petits détails que nous irons chercher, jumelles en main, lors de la prochaine visite "La cathédrale dans le détail" https://www.billetweb.fr/ma-cathedrale-de-chartres-dans-le-detail le 25 octobre prochain.

Il suffit de quelques notes de Chi Mai d'Ennio Morricone pour que l’image revienne…Jean-Paul Belmondo traverse lentement...
28/08/2026

Il suffit de quelques notes de Chi Mai d'Ennio Morricone pour que l’image revienne…
Jean-Paul Belmondo traverse lentement une pelouse, seul, en direction d’un hélicoptère. Derrière lui, quelques silhouettes immobiles. Au loin, l’aqueduc. Cette scène devenue mythique du Professionnel a été tournée chez nous, dans les jardins du château de Maintenon.
Nous sommes en 1981. Le film de Georges Lautner est tourné entre mai et juillet, avant de sortir en salles le 21 octobre. Bébel y incarne Joss Beaumont, agent secret sacrifié par sa propre hiérarchie, revenu en France pour régler quelques comptes… à sa manière. Mais cette scène que nous connaissons tous aurait pu se terminer très différemment.
Deux fins ont en effet été tournées. Dans la première, Joss Beaumont s’en sort : il rejoint l’hélicoptère et quitte les lieux. Georges Lautner racontera même avoir tourné cette version avec Marie-Christine Descouard. Une conclusion beaucoup plus rassurante pour les producteurs, peu enthousiastes à l’idée de voir mourir Belmondo à l’écran. Alain Poiré aurait même prédit que la mort de Bébel ferait perdre au film 250 000 entrées rien qu’à Paris. Et pourtant, Belmondo et Lautner, pourtant tous les deux habitués des films plus "grand public" aux fins sympathiques, tiennent bon. Contrairement à une légende que l’on retrouve parfois autour du film, Bébel n’a pas découvert sa mort une fois le montage terminé. Il défendait cette fin. Il expliquera plus t**d que le laisser simplement partir en hélicoptère, après toute cette tension, aurait été trop conventionnel.
Ils avaient probablement raison.
Parce qu’il y a ce long chemin vers l’hélicoptère, cette silhouette qui avance presque tranquillement, le coup de feu… puis la musique, qui transforme quelques secondes de cinéma en une scène que l’on n’oublie plus.
Le film attirera finalement plus de cinq millions de spectateurs en France. Et le château de Maintenon gagnera, lui aussi, une petite place dans l’histoire du cinéma français.
Difficile aujourd’hui de traverser ces jardins sans imaginer, quelque part sur la pelouse, Bébel marchant une dernière fois vers l’hélicoptère…
https://www.youtube.com/watch?v=bBnmxTQDbGw
Et pour la petite histoire… un autre grand du cinéma est venu à Maintenon avant Bebel. C'était Gérard Philipe pour Fanfan la Tulipe : la scène où il veut rendre visite à la fille du roi a été tournée au château.
Belle journée à vous.
Véronique

Parce qu'il n'est jamais trop t**d ou parce que ce n'est jamais ass...

Quand le feu descend du ciel...Cette nuit, le ciel chartrain nous a offert un joli spectacle de lumière... parfois un pe...
27/08/2026

Quand le feu descend du ciel...
Cette nuit, le ciel chartrain nous a offert un joli spectacle de lumière... parfois un peu sonore, il faut bien le reconnaître !
Cet orage m’a donné envie de revenir sur un détail du tabernacle de Saint-Aignan, que je vous présentais cette semaine. Sur les portes de ses plaques émaillées, les apôtres sont réunis au moment de la Pentecôte. Des mains de Dieu jaillissent de longues langues de feu qui descendent vers eux.
Le texte des Actes des Apôtres évoque un bruit semblable à celui d’un violent coup de vent, puis des langues « comme de feu » se posant sur chacun des disciples. Pour rendre visible la venue de l’Esprit Saint, l’artiste médiéval transforme donc sa puissance invisible en flammes parfaitement lisibles.
A la cathédrale, la Pentecôte pourrait également être évoquée au portail de l’Ascension. Jean Villette proposait de reconnaître, dans les dix personnages assis sous le Christ, les apôtres recevant l’Esprit Saint. Ici, pas de langues de feu : c’est une colombe, sculptée au-dessus du tympan, qui en signale la présence.
Mais à Chartres, le feu du ciel ne s’est pas contenté d’entrer dans les images. Le 26 juillet 1506, la foudre frappa la flèche de bois recouverte de plomb qui surmontait la tour nord de la cathédrale. L’incendie la détruisit et le chapitre confia sa reconstruction à Jehan de Beauce. Achevée en 1513, la nouvelle flèche fut entièrement édifiée en pierre.
Il est assez vertigineux de penser que cette dentelle gothique flamboyante, devenue indissociable de la silhouette de Chartres, est finalement née d’un éclair…
Belle journée à vous.

Deux horloges, deux façons de mesurer le tempsLa cathédrale de Chartres ne possède pas une, mais deux horloges remarquab...
26/08/2026

Deux horloges, deux façons de mesurer le temps
La cathédrale de Chartres ne possède pas une, mais deux horloges remarquables. L’une se dévoile à l’extérieur, au pied du clocher nord. L’autre se trouve à l’intérieur, dans la magnifique clôture du chœur.
Le pavillon de l’horloge fut élevé par Jehan de Beauce vers 1519-1520. Son architecture annonce déjà la Renaissance avec ses pilastres sculptés, tandis que sa petite flèche demeure encore profondément gothique. Levez les yeux vers son cadran. Au centre apparaît un grand soleil doré, posé sur un fond azur semé d’étoiles. Autour de lui se déploient les vingt-quatre heures de la journée, réparties en deux séries de douze. Une longue tringle métallique reliait autrefois l’horloge au timbre installé dans le clocher. Celui-ci sonnait les heures et les demi-heures pour toute la ville. Son mécanisme ancien resta en service jusqu’en 1887.
A l’intérieur de la cathédrale, l’horloge astrolabique attire immédiatement le regard. Son cadran coloré s’inscrit dans la sublime clôture du chœur, cette vaste dentelle de pierre commencée au début du 16e siècle par Jehan de Beauce. Le cadran est présenté dans un médaillon sculpté, entouré de rinceaux, de rubans et de motifs végétaux. Deux anges semblent le soutenir. Leurs ailes, probablement réalisées en bois doré, ont aujourd’hui disparu. Au-dessus apparaissent encore de petits personnages inspirés de l’Antiquité, des profils à la manière de médailles romaines et des enfants autrefois représentés avec des instruments de musique.
Cette horloge ne se contentait pas de donner l’heure. Elle indiquait également les phases de la lune, la marche du soleil à travers les signes du zodiaque, sa hauteur dans le ciel, ainsi que les heures de son lever et de son coucher.
Un cadran zodiacal est mentionné dans la cathédrale dès 1407, mais il n’est pas certain qu’il s’agisse déjà de celui que nous voyons aujourd’hui. L’horloge fut intégrée dans la clôture du chœur vers 1528. Devenue trop complexe à entretenir, elle cessa progressivement de fonctionner. En 1793, une grande partie de son mécanisme fut détruite, le bronze étant utilisé pour fabriquer des canons et le fer pour forger des piques. Restaurée entre 2006 et 2009, elle a retrouvé ses couleurs et son mouvement…. même si je dois le reconnaître, il lui arrive de faire "une pause". Mais j'adore la regarder pour retrouver les phases de la lune, tellement simple à lire et ludique avec les enfants.
Ainsi, l’horloge du pavillon faisait entendre le temps dans les rues de Chartres, tandis que l’horloge astrolabique représentait le mouvement du ciel. Deux horloges pour relier le rythme quotidien des hommes à celui de l’univers.
Belle journée à vous.
Véronique

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Place De La Cathédrale
Chartres
28000

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