27/04/2026
Petit message de notre PDG de la semaine avec un petit aperçu de notre beau métier :
« Les dirigeants ont ainsi un mandat clair : les pertes de revenus sont acceptées dès lors qu’elles répondent à la volonté de construire une société plus juste et plus durable. » Pour une Société plus Mutuelle (Daniel Baal / Nicolas Théry)
Cela fait près de deux mois que le conflit en Iran a débuté. Un bien triste anniversaire. Ce conflit entraîne de lourdes conséquences sur nos deux métiers, par l’envolée du cours des carburants et l’attentisme de nos clients voyageurs pour cet été. En mars, la hausse du gasoil et la baisse des ventes de voyages nous ont coûté 600 000 €. Je n’ai pas encore l’impact sur avril, qui sera certainement plus faible en raison des vacances scolaires et de la faible activité de nos autocars pendant les vacances.
Certains de nos confrères sont inquiets car les factures de gasoil pèsent lourd sur la trésorerie des entreprises. Cerise sur le gâteau, BlaBlaBus a annoncé l’arrêt de son activité début 2027, qui affrète de nombreuses PME autocaristes pour exploiter leurs lignes. Côté voyage, le spectre du chômage partiel, qui nous rappelle à tous de mauvais et pas si lointains souvenirs, refait son apparition dans les médias, entre deux articles apocalyptiques sur l’hypothétique pénurie de kérosène…
Ne cédons pas à la panique : cette situation ne durera pas éternellement et notre entreprise a les moyens de supporter cette crise. Dès septembre, les indexations viendront augmenter nos prix de vente dans le transport public, ce qui permettra de reconstituer partiellement nos marges. Partiellement, car il y a fort à parier que nous ne sommes pas près de revoir un litre de HVO en dessous de 2€ !
La situation est plus complexe côté agences : même si nos clients ont très envie de partir cet été, beaucoup hésitent encore, par peur des conflits ou peur de l’avenir. La guerre amène l’inflation qui poussent ceux qui le peuvent à épargner plutôt qu’à voyager. Profitons de ce message pour rappeler à nos clients que le prix des voyages n’est pas fixe : il peut varier après la conclusion du contrat, et jusqu’à trois semaines de départ, en fonction du cours du kérosène, des taux de change des devises ou des taxes. Si cette variation est trop forte – ce qui s’entend juridiquement par supérieure à 8% du prix initial, ce qui est déjà beaucoup -, le client peut annuler sans frais son voyage.
Pour résumer cette introduction, cette situation difficile ne m’inquiète pas plus que cela, et j’espère que la paix reviendra avant cet été, ce qui sauverait notre année comptable. J’ai pris quelques décisions pour nous adapter à la situation de façon pragmatique, que je vous partage ici.
Un premier rappel sur les congés : la période de congés s’étend du 1er juin au 31 mai. Cela signifie que vous avez jusqu’au 31 mai 2026 pour prendre vos congés acquis avant le 31 mai 2025 (période « n-1 »). Passée cette date, les congés non pris seront perdus et transformés en don à notre fonds de dotation « Prêt à Partir Ensemble ». Les produits issus de la perte de ces congés seront imputés dans les comptes d’exploitation de nos agences, et engendreront de l’intéressement en cas de bénéfices.
Pour cet été, nous vous demandons de prendre au minimum trois semaines de congés payés entre le 1er juillet et le 30 septembre. Attention : en fonction de l’évolution du conflit en Iran, il est possible que nos clients se décident t**divement pour leurs vacances d’été et que l’activité soit très forte les deux premières semaines de juillet. Ainsi, les congés posés avant le 12 juillet pourront être annulés sans préavis par vos managers. Le cas échéant, pensez à souscrire une assurance annulation qui couvre ce motif.
Comme je l’ai exprimé à la presse professionnelle, je n’envisage pas une seule seconde de recourir au chômage partiel. Tout d’abord parce que l’activité est seulement ralentie, et pas du tout à l’arrêt. Et aussi parce que cela serait destructeur sur le moral de nos équipes. Cette crise est une nouvelle et douloureuse épreuve, mais nous en avons vécu tant d’autres ! La prise de congés payés permet de ret**der au maximum la mise en place du chômage partiel si l’activité devait drastiquement s’effondrer, ce qui n’est pas du tout le cas à ce jour.
Bien sûr, nous devons être vigilants sur les dépenses. Les travaux dans nos agences sont suspendus, ainsi que toutes les dépenses superflues – à supposer que nous en ayons eu un jour. En revanche, je ne souhaite pas mettre de frein sur les embauches. Les portes de notre famille restent ouvertes à tous ceux qui aiment passionnément notre métier, les gens et les voyages. Nous devons rester exigeants dans nos recrutements, en n’embauchant que des candidats « coups de cœur », et sans faire de concession sur nos valeurs. C’est ainsi que notre entreprise sera encore plus forte demain.
Enfin, je devine que la hausse du carburant pèse sur votre pouvoir d’achat. Pour tenir compte de cette hausse brutale, nous allons réévaluer le barème de remboursement des frais kilométriques, et le faire passer de 0,37 à 0,41 € par km (pour les matheux en herbe : une augmentation de 50 cents par litre pour une consommation de 7 litres aux 100 km entraîne un surcoût de 3,5 cents par kilomètre).
Je vous rappelle que notre entreprise a mis en place un dispositif de prêts d’urgence, de 1200 à 3600 €, sans intérêt et remboursables sur 12 à 36 mois (soit 100 € par mois). La validation de ce prêt est soumise à l’accord de votre manager. A ce jour, une trentaine de nos collaborateurs bénéficient de ce type de prêts.
Comme vous le voyez, rien d’insoutenable ni d’exorbitant dans ces mesures de bon sens pour notre bien collectif. L’essentiel est ailleurs : le marché n’est pas à l’arrêt et nos clients ont très envie de partir en voyage. Soyez présents et rassurants auprès de nos clients : prenez soin d’eux et soyez à leur écoute, ne comptez pas le temps que vous leur consacrez. Ils vous en seront reconnaissants, et votre agence aura une belle et longue vie. Belle semaine à toutes et tous ! Que la Paix protège nos foyers !
Ps : j’ai hésité avant de partager sur les réseaux sociaux, comme chaque dimanche, ce texte dont les premiers concernés étaient plus nos collaborateurs que nos clients et partenaires. Puis je me suis dit qu’il était important que, de temps en temps, nos clients découvrent un peu les coulisses de notre entreprise, avec ses problématiques et ses valeurs. Car ils ne viennent pas chez nous par hasard…