01/06/2026
En 2024, plus de 470 000 personnes ont reçu la Compostela à Santiago, le certificat officiel attestant qu'elles ont marché au moins les 100 derniers kilomètres du Chemin. C'est un record. Et c'est aussi là que commence le débat :
Le Chemin de Compostelle existe depuis le IXe siècle. Pendant des siècles, on n'y marchait que pour une raison : rejoindre le tombeau de l'apôtre Jacques, faire pénitence, chercher une grâce. Le voyage lui-même était l'acte religieux, long, dangereux, incertain. Beaucoup ne rentraient pas.
Aujourd'hui, les motivations sont infiniment plus diverses. Il y a ceux qui cherchent Dieu, ceux qui cherchent le silence, ceux qui traversent un deuil, ceux qui fêtent leur retraite, ceux qui ont lu Paulo Coelho, ceux qui voulaient juste marcher longtemps sans avoir à s'organiser. Et ceux qui font les 100 derniers kilomètres en trois jours pour avoir le papier.
Les pèlerins de la première heure regardent les derniers avec un mélange de condescendance et de résignation. Les nouveaux arrivants trouvent que les anciens ont oublié que le Chemin n'appartient à personne.
Ce qui est certain : depuis 1200 ans, le Chemin transforme ceux qui le font. Pourquoi ils le font, au fond, c'est peut-être leur affaire. Non ?