15/08/2026
Merci beaucoup à Vosges Matin pour cet article qui reflète la situation météorologique qui touche actuellement beaucoup d’activités.
"J’ai dû refuser beaucoup de monde" La sécheresse perturbe l’activité des montgolfières en Déodatie.
Voler n’est possible que dans des conditions favorables et sécuritaires, difficiles à réunir durant les périodes de fortes chaleurs. En Déodatie, l’aérostier Yves Fessler doit multiplier les précautions et réduire son activité, au grand dam des touristes.
En 30 ans d’expérience, Yves Fessler, gérant et aérostier, a fait voler environ 20 000 personnes.
À l’aube, ils sont une poignée de chanceux à avoir bravé un réveil matinal pour ce spectacle rare. Prendre de la hauteur pour admirer les crêtes vosgiennes. Décollage prévu vers 6 h ce matin-là, leur aérostier (pilote de montgolfière) Yves Fessler profite de la rosée, seul moment où le sol est humide. Dix degrés au sol, dix-huit en altitude.
Un vol au-dessus de la Déodatie dans des conditions presque idéales, qui se raréfient cet été. En cause, la sécheresse et les fortes chaleurs qui impactent les vols touristiques en montgolfière de cet exploitant.
La sécurité d’abord.@
L’herbe jaunie et l’actualité ponctuée de feux de culture et de broussailles obligent Yves à prendre quelques précautions supplémentaires : « On a deux extincteurs de plus en prévention », ainsi qu’une « couverture en Nomex (une fibre synthétique à faible combustibilité, NDLR) pour protéger le sol. » Une précaution nécessaire, les flammes qui sortent du brûleur, pouvant atteindre plusieurs mètres de haut, sont à proximité directe du sol lors du gonflage de la toile. Elles induisent donc un risque d’embrasement.
Aussi, monter dans les airs en sécurité nécessite quelques calculs, détaille Yves : « Pour que le ballon décolle, il faut entre 80 et 90 degrés d’écart de température entre l’intérieur de l’enveloppe et l’extérieur et on ne doit pas dépasser 100 degrés » et « quand il fait 30 degrés dehors, on est à 120 degrés d’écart, on ne peut pas voler, ce serait dommageable pour le matériel », explique Yves.
Sur le plancher des vaches
Jusqu’à deux vols par jour quand les conditions le permettent , mais en ce moment c’est bien en deçà, les ballons restent parfois cloués au sol plusieurs jours. « Ça ne m’inquiète pas, cela inquiète plutôt mes passagers qui vont devoir être patients », mais heureusement, « les gens sont compréhensifs. » C’est surtout la perte de touristes qui a été importante : « Eux, je ne peux pas leur dire de revenir ». Car Yves vole avec des clients locaux inscrits sur liste d’attente, mais aussi avec des vacanciers : « Sur la partie touristique cette année, j’ai dû refuser beaucoup de monde », se désole-t-il.
Au-delà de la perte de clients, l’expérience de vol par forte chaleur n’est pas optimale. Température élevée et manque de vent causent une réaction chimique dans l’air. Avec pour effet de former de l’ozone et voiler le ciel, réduisant nettement la visibilité « à 5-6 km au lieu de 30-40 km ». D’ordinaire, « quand c’est bien dégagé, on voit les Alpes et la tour panoramique d’Europa Park ». Alors, mieux vaut parfois faire preuve de patience avant de s’envoler, ce spectacle vaut bien d’attendre que le mercure baisse de quelques degrés.