27/08/2026
Cet été, la baie nous montre aussi un autre visage.
Un visage plus sec. Plus chaud. Et, parfois, plus fragile.
Depuis le 11 août, la Manche est officiellement en situation de « crise sécheresse », dernier niveau avant des coupures d’eau au robinet. Ce n’est jamais arrivé auparavant et la Préfecture indique qu’il n’y a « pas de sortie de crise en vue »…
Lors des épisodes de canicule, certaines de nos sorties ont dû être annulées ou adaptées, car lorsque les températures deviennent trop élevées, l’immensité de la baie, sans ombre ni possibilité de s’abriter, peut rapidement devenir éprouvante et dangereuse.
Mais la chaleur laisse aussi des traces sur l’environnement que nous parcourons chaque jour.
Nous avons observé des sols particulièrement secs et craquelés.
À certains endroits, le sel est apparu précocement, particulièrement visible à la surface et autour de la végétation, donnant parfois aux salicornes une étonnante apparence givrée en plein été.
Ailleurs, des bancs de coques mortes sont apparus à la surface du sable, là où ces coquillages vivent habituellement enfouis dans un milieu suffisamment humide et dont la température leur reste supportable.
Le débit des petits fleuves côtiers qui se déversent en Baie est très largement en dessous des précédents records de sécheresse.
L’ensemble de l’écosystème souffre de l’augmentation de la température, du manque d’eau douce, de la diminution d’oxygène et des nutriments qui en résultent.
Ce sont des images inhabituelles qui nous interpellent.
Parce que lorsqu’on parcourt la baie quotidiennement, on apprend aussi à observer ses transformations.
Et cet été 2026 restera particulier : après le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, juillet est devenu le mois le plus chaud, tous mois confondus, depuis le début des mesures météorologiques nationales en 1900.
Le changement climatique n’est donc pas seulement une réalité lointaine. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de chaleur nous oblige déjà à adapter certaines de nos pratiques. Les robinets au Bec d’Andaine sont évidemment à l’arrêt. Dans un tel contexte, se laver les pieds à l’eau potable devient évidemment insensé.