15/09/2026
ARCHIVES LA VOIX DU NORD
Samedi 6 juillet 1957
Collection Philippe Schramme
Mᵉ Léon Moreel fait revivre le passé de GHYVELDE
Il nous est arrivé bien souvent d’évoquer dans ces colonnes l'histoire de Ghyvelde et l'extraordinaire vitalité qui y règne tant sur le plan de l’administration municipale que dans d’autres domaines. Pourtant, à force de vouloir envisager les progrès possibles, on en arrive à négliger le présent et surtout le passé.
Fort opportunément, le hasard vient de nous mettre entre les mains une brochure intitulée « Ghyvelde-Bray-Dunes à travers les âges » dont l’auteur est Mᵉ Léon Moreel, docteur en droit, avocat au barreau de Dunkerque, qu’il nous est superflu de présenter à nos lecteurs. Préfacé par M. Ernest Champeaux, officier de la Légion d'honneur, professeur à la Faculté de Droit de Strasbourg, cet ouvrage est illustré de bois de M. l'abbé Pruvost et d’un crayon de M. Jean Morel.
La dédicace dit l’essentiel, puisque y lit :
« À la mémoire de mon grand-père, M. Gustave Deswarte, chevalier de la Légion d’honneur, qui, durant le tiers d’un siècle, a administré Ghyvelde avec, dans la science du passé, la claire vision des possibilités à venir. »
Il ne nous est pas possible de résumer ici l’excellent petit ouvrage de Mᵉ Moreel, riche de substance et de faits oubliés et qui sait ne pas omettre la légende, forme poétique de l’histoire.
Des origines, l'auteur passe à l'époque des ducs de Bourgogne, au XVIIᵉ siècle, à la Révolution, et du XIXᵉ siècle à notre XXᵉ, fort riche en émotions même avant la dernière guerre que cette histoire locale ne pouvait évoquer, puisqu’évidemment antérieure.
Nous publions, ci-dessus, quelques clichés reproduisant des gravures extraites de l’œuvre de Mᵉ Moreel.
Dans leur sobriété, elles demeurent remarquablement évocatrices d’un passé qui demeure d’autant mieux gravé en nos mémoires que nous nous refusons à l’oublier. L'image du moulin, outre sa poésie coutumière, doit nous rappeler qu’il existait à Ghyvelde une seconde mécanique du même modèle et que l’on s’en servit copieusement lors du tournage du premier film tiré du livre de Vandermeersch, « La maison du fossé ».
Le dessin montrant l'ancien aspect du café du Damier n’est pas sans « parfum » du XVIIIᵉ siècle, mais il ne faut pas oublier que Napoléon Iᵉʳ s'était venu y remettre une croix de la Légion d'honneur. Plus près de nous, en 1948, le Général Giraud y était reçu, puis en 1949, le président du conseil M. Georges Bidault, le Général Devynck, né à Godewaersvelde, commandant la 1ʳᵉ Région, et le commandant canadien Gauvreau, qui se trouvant dans le secteur en 1940 y passaient à l’occasion de la remise de la Croix de guerre au village.
Les souvenirs ne manquent pas, fort heureusement.
Le présent
Pour ce qui est du présent, nous rappellerons que l’adjudication des travaux de la nouvelle mairie a eu lieu jeudi dernier, à 10 h, ainsi que nous l’avons annoncé. On espère que les travaux pourront commencer en septembre ou en octobre.
Prochainement, ce sera l’adjudication du presbytère, plus proche de l’église, et des deux maisons communales qui occuperont l’ancien emplacement du précédent immeuble.
Une bonne nouvelle : l’éclairage public par tubes fluorescents doit entrer en service l’hiver prochain.
Le carrelage de l'église va bientôt être posé. Restent à faire les menuiseries, la peinture, l'aménagement intérieur et la flèche.
À l’école des filles, les travaux s'achèvent. Un préau est à édifier. Rappelons qu'il s'agissait de reconstruire cinq classes, les deux classes non détruites servant actuellement à accueillir la quatrième classe de l'école des garçons qui doit être construite prochainement, le terrain ayant été acquis.
Une sixième classe est prévue pour l’école des filles.
Dans le domaine de la reconstruction « générale », deux fermes seulement sont à réédifier. Le dernier îlot (N° 4) sort de terre. Il regroupe une dizaine de maisons dispersées et non groupées ni centralisées pour diverses raisons. C'est peu lorsqu'on se souvient du spectacle de désolation de 1945.
Vraiment, grâce à sa persévérance, la population ghyveldoise n'a jamais eu tort d'espérer.
Claude HESPEL