15/12/2025
𝐋𝐀 𝐌𝐄́𝐌𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐂𝐎𝐋𝐋𝐄𝐂𝐓𝐈𝐕𝐄 𝐄𝐒𝐓 𝐔𝐍𝐄 𝐏𝐈𝐒𝐓𝐄 𝐍𝐎𝐈𝐑𝐄 :
𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐄𝐅𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐕𝐈𝐓𝐄, 𝐒𝐔𝐑𝐓𝐎𝐔𝐓 𝐐𝐔𝐀𝐍𝐃 𝐋𝐀 𝐍𝐄𝐈𝐆𝐄 𝐄𝐒𝐓 𝐅𝐑𝐀𝐈̂𝐂𝐇𝐄.
𝐂𝐇𝐑𝐎𝐍𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐃’𝐔𝐍𝐄 𝐎𝐌𝐄𝐑𝐓𝐀
Il était une fois un directeur d'Office de Tourisme savoyard, qui s’en allait.
Un départ salué, commenté, mis en scène.
Un départ raconté comme une grande page qui se tourne par celui-là même qui en tenait le stylo.
Pendant des années pourtant, dans son sillage,
des femmes et des hommes ont appris ce qu’était un management à sens unique :
le mépris comme méthode,
la pression comme langage,
et le silence comme règle absolue.
Autour, une omerta bien huilée.
On savait, mais on ne disait pas.
On voyait, mais on détournait le regard.
Certains sont tombés malades.
D’autres ont quitté la station.
Des prestataires ont été piétinés, écartés, disqualifiés sans bruit, sans trace, sans recours.
Et puis vient le temps des adieux.
Le temps des incompréhensibles remerciements.
Le temps où "le raccompagné vers la sortie", s’attribue les réussites, les labels, les idées, les concepts, comme si tout était né spontanément sous une seule gouvernance éclairée.
La mémoire est sélective.
Elle oublie volontiers les prédécesseurs,
ceux qui ont pensé, construit, initié.
Elle aime les lauriers…
surtout quand ils sont déjà cueillis.
Alors on applaudit le départ, on parle d’héritage, on célèbre l’œuvre,
en évitant soigneusement de parler du coût humain.
À celles et ceux qui ont souffert en silence,
à ceux qui ont tenu malgré tout,
à ceux qui ont payé de leur santé ce « succès » si bien raconté,
cette chronique ne dira pas leurs noms.
Mais elle n’oublie pas.
Lorsque certains cautionnent le harcèlement moral, ils font déjà partie du problème.