28/06/2020
Premier site touristique d'Alsace, le Haut-Kœnigsbourg est un château fort alsacien du XII e siècle, profondément remanié au XVe siècle et restauré sous Guillaume II.
J'ai eu la chance de le faire en visite privée, avant l'ouverture au public.
Encore, une particularité alsacienne, qui permet de mettre un coup de projecteur sur notre Histoire, avec au passage une vue magnifique sur la plaine d'Alsace.
Histoire qui démarre en 1079, avec sa première construction sous le règne de l'empereur du saint-empire romain germanique.
Dans la première moitié du XII° siècle, il change de mains, et passe des Hohenstaufen aux ducs de Lorraine, qui y règnent jusqu'au XV° siècle.
Incendié en 1462, la famille Thierstein entreprend une nouvelle construction.
En 1517, le dernier des Thierstein, croulant sous les dettes, s'éteint.
En 1633, durant la guerre de Trente Ans, qui a vu, entre autres, les Suédois opposés à l'Autriche, l'Alsace est ravagée à 80 %. Et, le château n'est plus qu'une forteresse délabrée, détruit ensuite par un incendie.
Classé monument historique en 1862, le site et ses ruines sont rachetés trois ans plus t**d à divers propriétaires par la commune de Sélestat.
Depuis 1871 et le traité de Francfort, l'Alsace est devenue allemande. Le 4 mai 1899, le château, alors en ruine, et les terres sommitales l'entourant sont offerts par la ville de Sélestat à l'empereur Guillaume II de Hohenzollern
Il souhaite y créer un musée promouvant la germanité de l'Alsace.
La direction de la restauration de ce château fort est confiée en 1900 à Bodo Ebhardt, architecte et archéologue berlinois âgé de 35 ans. Il commence par le déblaiement du site et les relevés des anciennes constructions. La restauration s'étalera de 1901 à 1908. L'objectif de Bodo Ebhardt est de le restaurer tel qu'il se présentait aux alentours de l'an 1500.
Le nouvel édifice du Haut-Kœnigsbourg est inauguré le 13 mai 1908, mais les finitions et achats de collections se poursuivirent jusqu'en 1918.
Pour le Kaiser, ce château marquait la limite occidentale de l'Empire allemand, comme le château de Marienburg, aujourd'hui en Pologne, en marquait la limite orientale.
À l'issue de la Première Guerre mondiale en 1919, le château, bien privé de l'ancien empereur assimilé à une propriété de l'Empire allemand, entre en possession de l'État français lors de la restitution de l'Alsace-Lorraine, en application de l'article 56 du traité de Versailles.
Cependant, le blason de Guillaume II est toujours visible au sein du château. Il reste ainsi un des symboles en Alsace de la présence allemande entre 1871 et 1918, partagé entre la restauration majoritairement crédible de l'architecte et la vision romantique du Moyen Âge de Guillaume II.