26/05/2026
26 mai 2026,
Larmor-Baden,
L’air est encore tiède ce soir.
Je laisse mes pieds nus s’emplir de la chaleur de l’ardoise bleue.
C’est si puissant cette sensation.
Marcher dans l’herbe ensuite…
Laisser les trèfles dont on ignore le nombre de feuilles caresser la voûte plantaire.
Les chats jouent. Non-chat-lament.
Ils guettent des proies imaginaires au moindre bruissement de feuillages.
Montent à toute berzingue le long du tronc nu de l’olivier.
Se questionnent trop t**d sur la manière d’en redescendre.
Les observer garantit les rires.
J’arrose mon potager.
Les plants subissent quelques chocs thermiques ces derniers jours.
Une joie immense me saisit en contemplant les fleurs de courgettes.
De petites tomates vertes confirment de belles récoltes à venir.
J’aime découvrir les plants spontanés.
Ceux qui inattendus imposent leur grandeur.
Des tournesols.
Bientôt géants de ce jardin.
Des blettes multicolores.
De la roquette.
Un péché a surgi de nulle part non loin d’un pin.
Mer huileuse et marée descendante.
Il y a juste à s’installer là et à décrire la beauté.
Les callistemons chatoient dans les lumières du soir.
Les pins se parent de leurs plus beaux atours avant de se fondre dans la nuit.
Quelques moteurs troublent la quiétude des lieux.
Celles et ceux qui n’ont pas compris.
Et qui depuis leurs coques de plastique imposent leurs musiques de danse floor.
J’espère les oiseaux et les poissons à l’abri de ces nuisances.
Que la nature s’organise devant la bêtise.
Dans le jardin une symphonie de chants d’oiseaux.
Je déguste des brins de persil géant.
Des fèves aguadulce au goût unique.
Des blettes immenses seront feront mon diner.
Avec de la crème et du parmesan.
Et puis des épices rapportées des Pouilles.
Les parcs ostréicoles se couvrent de vert forêt.
Les roches deviennent lumières.
Une lune nargue promettant de ne jamais résoudre l’infini.
L’air iodé enivre.
Le clapot doux de la marée descendante reste discret.
Gavrinis rougeoie.
Berder aussi.
Une palette aquarelle ne pourrait égaler l’extraordinaire des teintes de ce soir.
Même la plus grande méticulosité ne saurait capturer le Sublime.
Les mats blancs rectilignes brisent délicatement la noirceur de l’eau.
Le sillage d’un avion triomphe de la presque apensanteur.
Je ne sais pas distinguer les musiques des oiseaux qui se croisent.
Je devine certains sans certitude.
Quelle joie que toutes ces choses à découvrir encore.
On est si peu de choses devant la grandeur de la nature.
Un peu de frais se glisse sous les pans de coton de ma jupe longue.
Juste cela.
La simplicité des heures qui passent dans ce paradis.
Les rires des enfants qui y passent.
La petite K. dans le potager avec ma mère.
À sentir la verveine et à observer les petits détails.
Les chats rentrent tranquillement.
Cela m’évitera des nuits tracassées à les imaginer vulnérables au loin.
Depuis trois semaines les sangliers ne sont pas revenus retourner mes buttes.
Peut-être nagent-t-ils désormais entre les îles du Golfe en quête de quiétude.
Il en restera si peu un jour.
40 ans d’ici quelques semaines. Une sacrée tranche de vie.
Il faut être reconnaissant de ces répits qu’une existence nous offre avant notre finitude puis le renouveau.
Pimprenelle, Hobbes, Nieve me manquent immensément.
Mais je les sais dans des territoires que notre entendement restreint ne peut aisément gagner.
Quel réconfort que d’imaginer ces plaines fertiles de récits en devenir pour celles et ceux qui nous succèderont.
Mary Balis Marco Juliot
Elo Die
Gilou Ngt