06/04/2026
[ LE SAVIEZ-VOUS ?] 🤔
Nichée à l’abri des regards, cette petite chapelle des Sables d’Olonne raconte une étonnante histoire entre mer, foi et mémoire maritime…
Construite en 1850, cette chapelle abrite une statue en bois de la Vierge, représentée les mains jointes, écrasant un serpent. Mais son histoire remonte bien plus loin : la statue aurait été retrouvée au XVIIᵉ siècle, sur la côte au Sud des Sables d’Olonne, après le naufrage du navire de Charlotte Flandrine de Nassau qui, alors abbesse de Sainte-Croix de Poitiers et fondatrice du prieuré sablais, échappa miraculeusement au drame.
Supposée figure de proue du bateau (bien qu’elle n’en ait pas les caractéristiques), elle représente la Vierge protectrice des marins. Elle est d’abord conservée dans un sanctuaire à Bourgenay, puis cachée dans l’hospice des Sables d’Olonne à la Révolution.
Vénérée pour ses pouvoirs protecteurs, notamment contre la fièvre, elle est implorée lors des épidémies de choléra de 1832 puis 1849. La population sablaise s’y attache profondément. C’est dans ce contexte qu’est décidée la construction d’une véritable chapelle, à l’emplacement d’un premier oratoire en bois situé dans les dunes, au « Bout-de-ville ».
Sa construction est confiée à l’architecte municipal Gustave Loiseau. Elle adopte un style néogothique original, marqué par un décor maritime : ses gargouilles en forme de poissons fantastiques rappellent le lien étroit entre la ville et l’océan.
Autrefois isolée dans les dunes, la chapelle est aujourd’hui discrètement nichée rue de l’Amidonnerie. Longtemps, les marins venaient s’y recueillir avant de prendre la mer, confiant leur destin à la Vierge. Une tradition encore vivante aujourd’hui comme en témoignent les nombreux ex-voto qui en tapissent les murs.
Propriété de la ville depuis 2004, la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Espérance est entretenue avec soin et reste très fréquentée par les familles de marins. Un lieu de mémoire entre foi, mer et histoire locale.
✒️ Priscilla Giboteau - Les Balades de Priscilla