01/09/2025
En cette fin d’été, les troupes allemandes sont sous pression.
Nantes a été libéré le 12 août par les alliés.
Devant l’avancée des anglo-américains, les 10 000 soldats de la Wehrmacht encore stationnés en Vendée, essentiellement sur la côte, se replient en bon ordre en direction de l’est ou vers les ports de La Pallice et de Saint Nazaire, dernières poches de résistance qui ne seront libérés qu’en mai 1945.
Le 31 aout, une colonne de 500 Allemands venue de Noirmoutier, en route pour La Rochelle, installe son cantonnement à proximité de la commune d’Apremont, entre Challans et Saint Gilles Croix de Vie.
Repéré par les maquisards qui ont installé un poste d’observation au moulin de l’Espérance, le convoi est attaqué par les FFI au cours de la nuit.
L’escarmouche est brève. Le bilan est faible : un mort et deux blessés du côté allemand.
Mais les soldats de la Wehrmacht sont furieux. Pour dissuader les résistants de les harceler pendant leur retraite, ils décident de frapper fort et de faire un exemple.
A 1 heure du matin, le 1er septembre, un détachement entre dans Apremont et s’arrête devant la mairie qui héberge aussi l’école publique et le logement de l’instituteur, Amédée Chaillou. Réveillé sans ménagement celui n’a pas d’autre choix que de conduire l’officier allemand auprès du maire, le Docteur Georges Dorion.
Pour calmer les soldats, celui-ci leur propose de les loger à l’école. Pour seule réponse, ceux-ci exigent une liste de 18 otages.
Et pour montrer leur détermination, dans des circonstances troubles, ils abattent l’instituteur. Amédée Chailloux avait 36 ans.
Tentant malgré tout de négocier, le docteur Dorion offre sa vie en échange de celle des otages.
En vain. Tout au long de matinée 18 hommes sont rassemblés et placés le long d’un mur près de la mairie.
Le reste de la population a ordre de rester chez elle, sous peine de mort.
Une longue attente commence, les 18 otages craignant d’être exécutés d’une minute à l’autre.
Mais le temps passe et aucun peloton ne se met en place. Les otages sont finalement enfermés dans une cave pendant que les Allemands ratissent les environs à la recherche de maquisards. Deux d’entre eux, Pierre Martin, un radioélectricien de 24 ans et Joseph Stephan, un mareyeur de 23 ans sont capturés près de Croix-de-Vie et abattus sur le champ.
Auguste Chauvin, un cultivateur de 73 ans, bravant l’interdiction de sortir pour aller chercher son pain est également exécuté.
Vers 18 heures, la colonne lève le camp.
Après avoir détruit le moulin de l’Espérance, elle reprend sa route vers La Rochelle emmenant avec elle les 18 otages, comme boucliers humains.
Ceux-ci sont progressivement relâchés au fil du trajet mais, à la sortie de Maché, , les 3 derniers prisonniers, suspectés d’appartenir à la résistance, sont exécutés d’une b***e dans la nuque.
Le premier, Louis Denis, instituteur de l’école privée d’Apremont, âgé de 39 ans, est abattu à 21 heures, au lieu dit de la petite Ligonnière, rejoignant dans la mort son collègue de l’école publique. A 21 heures 15, Alexandre Riant est exécuté sur le bord de la route au lieu dit de la Burguenière. Agé de 20 ans, le jeune agriculteur avait été capturé alors qu’il tentait de s’enfuir à la vue de la patrouille allemande. A 21h30, vient le tour du dernier otage, Marius Allegret, 33 ans, charcutier à Croix de Vie. Seul véritable résistant, le FFI avait été arrêté dans le bourg d’Apremont alors qu’il était en mission de liaison. Il est abattu à 21 heures 30 au lieu-dit La Boude, sur la route de Palluau.
Des stèles commémoratives rappellent aujourd’hui ces drames.
La tragique retraite ne s’arrête pas là. Le lendemain, la colonne sanglante fait une septième victime , à hauteur de la Grimaudière, en contournant La Roche-sur-Yon par Saint-André d’Ornay. Le resistant Auguste Murail, 30 ans, capturé en possession d’un fusil-mitrailleur et d’un brassard FFI est torturé avant d’être abattu.
En 1949, l’adjudant-chef Hans Dammasch l’auteur des executions sera condamné à 5 ans de travaux forcés par le tribunal militaire de Bordeaux .