20/04/2026
𝐄𝐭𝐜𝐡𝐦𝐢𝐚𝐝𝐳𝐢𝐧
Cœur d’Etchmiadzin, la place Komitas, du nom du grand musicologue arménien, est bordée par une esplanade où s’élève la structure moderne du monument aux victimes des massacres de 1915. Elle s’ouvre sur un vaste parc ombragé où, l’été, les habitants d’Etchmiadzin aiment à flâner sous les frondaisons. Chaque dimanche matin, cependant, une foule tranquille emprunte la grande allée qui mène à la cathédrale, siège de l’Eglise apostolique arménienne. La plus grande des églises du pays n’est pas imposante, mais retrouve dans sa sobriété et la chaleur de son tuf volcanique aux nuances ocre et dorées, le charme des ces innombrables petites églises à l’architecture délicate qui parsèment l’Arménie. Cependant, le voyageur qui vient ici pour la première fois, s’étonne de ne voir qu’une petite partie des fidèles entrer dans la cathédrale, les autres se rangeant de part et d’autre de l’allée qui mène, dans l’axe du portail, jusqu’à la porte de Tiridate. Plus loin, se dresse le Catholicossat, sobre édifice du XVIIe siècle, en parfaite harmonie avec la cathédrale. Soudain, le silence se fait. Deux haies de prêtres portant chasuble noire et étole rouge, suivis de moines encapuchonnés, se forment le long de l’allée. Le Catholicos de tous les Arméniens sort enfin de son palais pour aller, en sa cathédrale, célébrer la messe en arménien classique – le grabar – selon la liturgie de saint Grégoire l’Illuminateur, rythmée par les chants splendides des moines et d’un chœur de jeunes filles coiffées d’un foulard de dentelle blanche, le balancement des encensoirs et scandée par la fermeture et l’ouverture de l’immense rideau rouge frappé d’une croix pattée sur champ de rinceaux à feuilles courbes, qui isole le chœur de la nef lors de la consécration.
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