06/03/2026
_*Des Tirailleurs fils de Grands Marabouts, partis et restés au front pour défendre la France :*_
*Serigne Fallou FALL et Serigne Ahmed SY, tragique destin des fils de Cheikh Ibra Fall et El Hadj Malick Sy.*
Au musée des forces armées, la salle des « recrutements » leur est dédiée. En effet, nombre de Sénégalais ont été embarqués, durant la Première Guerre mondiale, pour aller au front en Europe et défendre la France, face à l’Allemagne. Et parmi eux, figuraient nombre de fils du pays, appartenant aux illustres familles religieuses que compte aujourd’hui notre pays. Leur histoire est aujourd’hui immortalisée au musée des forces armées du Sénégal et enseignée aux générations actuelles et futures.
*Comment Serigne et Serigne Ahmed sont partis au front ?*
« Lors de la Seconde Guerre mondiale, la France avait mobilisé des milliers d’Africains. Les premiers sont tombés dès les premiers combats. Puis, les Français sont revenus en Afrique. Ils avaient besoin de près de 50 000 hommes ». Mais, quand ils sont venus, les populations ont refusé de se faire incorporer. Certains faisaient même en sorte qu’ils soient invalides pour ne pas partir au front. Parce, disaient-ils, leurs parents, leurs frères ou leurs oncles sont partis et ils ne savant pas ce qui leur est arrivé. Ils ne sont jamais revenus.
Face à cette résistance, la France a mis à contribution Blaise Diagne, qui était alors député noir. « Quand Blaise Diagne est venu, il a pris contact avec les religieux. Par la suite, El Hadj Malick Sy a laissé son fils partir. Il s’agit de son fils Ahmed Sy. Malheureusement ce dernier ne reviendra pas. La Famille Tall aussi a laissé partir un de ses fils. Lui aussi n’est pas revenu.
Cheikh Ahmadou Bamba a voulu envoyer son fils, Cheikh Ibra Fall a demandé d’envoyer son fils à la place. Ce qui fut fait. Son fils n’est pas revenu non plus.
Les Français qui furent désespérés au départ, par le refus des Sénégalais, avec l’exemple donné par les religieux, purent finalement obtenir un effectif à la hauteur de leurs espoirs.
Entre 1914 et 1918, sur les 161 250 tirailleurs recrutés, 134 000 interviennent sur différents théâtres d’opération, notamment aux Dardanelles et sur le front de France, à Verdun ou sur la Somme (1916), sur l’Aisne en 1917, tandis que les autres servent outre-mer comme troupe de souveraineté.
*Quand Senghor fut prisonnier des Allemands.*
*Le Président Senghor* a lui aussi, été tirailleur. Et s’il a été le premier Président de la République du Sénégal, c’est qu’il connut un sort bien moins tragique qu’Ahmed Sy et Fallou Fall. Cette époque est celle de la prescription quand on était citoyen français. Le service militaire était obligatoire. De plus, ce sont eux qui ont fait l’école française. La France avait plus besoin d’eux pour diriger les autres qui ne sont pas allés à l’école. Alors tirailleur, le futur Président poète sera sur le théâtre des opérations. Il sera même fait prisonnier par les Allemands. Mais, il recouvrera la liberté plus t**d. Pour lui c’était lors la deuxième guerre mondiale.
Son nom est plein de sens. Léolopd signifie lion et Sédar "celui qui ne pourra jamais avoir honte". "Roog Sen" et les ancêtres ont réalisé cette prédestination. Comme le cri d'un lion qui rugit, son nom retentit aujourd'hui dans le monde entier. En février 1940, il est rappelé sous les drapeaux et eme rejoint la 59 division d'infanterie coloniale. Le 20 juin, il est fait prisonnier à La Charité-sur-Loire et après plusieurs dépôts militaires, est, interné successivement aux Frontstalag 230 puis 221.