05/09/2016
La légende tirée de "l'Ermite en Normandie". Partie 1
"Il y avait vers la fin du XIIème siècle, à l’embouchure de l’Andelle, un fief appartenant à messire Robert, baron de Cantelou, seigneur d’Amfreville-les-Monts et autres paroisses circonvoisines. Le sire de Cantelou avait toutes les allures de la vielles chevalerie, tracassait ses vassaux, ne rêvait que guerres, chasses et voyages aux pays lointains. Le départ de Richard Coeur de Lion pour la croisade fut un événement pour le seigneur de Cantelou. Bientôt son armure et ses chevaux furent prêts; bientôt on le vit la lance au poing et portant son écu au «champs de gu**le semé de trois besans d’argent». Cependant, un vif regret dominait le baron : c’était de laisser ses vassaux tranquilles. De sa femme et de sa fille, la charmante Mathilde, il n’avait nul souci; il partit donc, peu regretté de tous et s’achemina vers Marseille où se réunissait l’armée des croisés. Sa femme, restée seule avec Mathilde, avait une parente, Alix de Bonnemare, qui habitait le manoir du même nom, situé sur la paroisse de Radepont. Alix, devenue v***e depuis quelques années, élevait avec tendresse son fils Raoul, âgé de 18 ans. Les moeurs de Raoul étaient simples, religieuses, et ne ressemblaient en rien à celles du farouche baron de Cantelou. Les deux mères, unies par des liens de parenté, se quittaient rarement. Raoul aimait à être près de sa cousine; Mathilde, de son côté, était heureuse des égards et du respect que lui témoignait son jeune parent. Ils ne se doutaient ni l’un ni l’autre qu’un sentiment plus vif regnait dans leurs coeurs..."