15/03/2026
« L’Europe et la mer », réalisée par le peintre et sculpteur italien Sandro Chia.
L’œuvre date de 1986 et est réalisée en bronze. Elle appartient au Centre national des arts plastiques (CNAP) et est déposée à Montpellier.
Signification de la sculpture
Sandro Chia s’est inspiré de la mythologie grecque, en particulier du mythe d’Europe. Dans la mythologie, Europe est une princesse enlevée par Zeus métamorphosé en taureau et emmenée à travers la mer vers la Crète. Ce mythe est à l’origine symbolique du nom du continent européen.
Dans cette sculpture, l’artiste interprète ce mythe de manière libre :
• La figure est masculine, ce qui est volontairement inhabituel pour représenter Europe.
• Le personnage semble penché, méditatif, presque mélancolique.
• Sur le corps et à la base apparaissent des architectures miniatures de style gréco-romain.
Ces petites architectures symbolisent les villes et civilisations européennes qui se seraient développées après la dispersion des frères d’Europe partis à sa recherche, selon certaines versions du mythe.
Sens général de l’œuvre
La sculpture évoque plusieurs idées :
• la naissance de la civilisation européenne
• le lien entre l’Europe et la Méditerranée
• la mémoire des villes et des cultures antiques
Le style est typique du mouvement artistique auquel appartient Sandro Chia, la Trans-avant-garde italienne, qui mêle références antiques, figures puissantes et formes expressives.
Un détail intéressant
Si vous regardez attentivement la statue, les petites constructions sur la jambe et la base représentent symboliquement des cités antiques, comme si l’histoire de l’Europe était portée par le corps du personnage.
La présence de cette sculpture à Montpellier s’explique par la politique culturelle menée dans les années 1980 sous la municipalité de Georges Frêche. À cette époque, la ville mène une stratégie très ambitieuse : transformer Montpellier en une métropole culturelle européenne.
Le grand projet emblématique de cette période est la construction du Le Corum, inauguré en 1990. Ce bâtiment monumental en granit rose, conçu par l’architecte Claude Vasconi, devait être accompagné d’œuvres d’art contemporaines dans l’espace public.
Dans ce contexte, Montpellier reçoit plusieurs œuvres importantes du Centre national des arts plastiques, dont la sculpture de Sandro Chia que vous avez photographiée.
Le choix de cette œuvre n’est pas anodin. Montpellier cherchait alors à affirmer plusieurs messages symboliques :
1. Une ville méditerranéenne tournée vers l’Europe
La sculpture évoque le mythe d’Europe et la mer Méditerranée, ce qui correspond parfaitement à l’identité historique de Montpellier : une ville ouverte sur les échanges méditerranéens et sur la culture européenne.
2. Un dialogue entre antiquité et modernité
Le Corum est un bâtiment contemporain très massif. La sculpture, avec ses références à la mythologie grecque et aux architectures antiques miniatures, crée un lien entre la culture classique et l’architecture moderne.
3. L’art dans l’espace public
À partir des années 1980, Montpellier multiplie les œuvres dans la ville : sculptures, fontaines et installations. L’idée était de faire de la ville un musée à ciel ouvert.
Un détail intéressant : la posture du personnage, penché et presque pensif, est souvent interprétée comme une métaphore de l’Europe réfléchissant à son histoire et à son avenir, entourée de ses villes et de ses civilisations.
Enfin, l’emplacement n’est pas neutre : la sculpture est placée près de l’esplanade et du Corum, qui constituent un des grands axes symboliques de la ville reliant :
• la Place de la Comédie
• l’Esplanade Charles-de-Gaulle
• le Corum