06/11/2020
et les news : ça fait bien longtemps que nous n'avons pas donné de nouvelles du troupeau, alors je vais faire un récap rapide de nos aventures.
Sollicités par le domaine du Plantier, nous étions partis le 9 août de la bergerie. Soutenus par le C.I.L. du Paradis, nous avons bivouaqué près du terrain de pétanque pour une soirée d'essai et de rencontres. Le troupeau était assez déboussolé pour cette 1ere nuit à l'extérieur, et la nuit fut agitée ! Au levé du jour, après une do**he fort appréciée dans une très jolie maison du quartier, nous avons traversé la colline surplombant la ville, sous les remparts du château, les chèvres découvrant peu à peu la civilisation. Au passage Samaran, la Police Municipale était là pour sécuriser la circulation en bonne entente avec notre équipe de bénévoles. Une étape dans une des dernières friches de la ville, pour se remplir la panse et appréhender un peu ce nouveau monde, et le troupeau repart, passe par la passerelle au-dessus de l'auto-route, rejoint la chaussée et la circulation, traverse le passage à niveau, monte la montée de Costebelle au pas de course, plus ou moins groupé, plus ou moins sur les trottoirs... un moment épique mais des sourires à la pelle !
Accueil chaleureux au Domaine du Plantier. L'implication de la famille Lugagne nous a permis de commencer cette aventure sereinement. Nous avons constaté que les chèvres, habituées à être accompagnées, mangent très peu quand elles sont seules dans la broussaille. Alterner pâture gardée et pâture parquée sera plus compliqué que prévu. On découvre, on apprend...
Le déplacement suivant était plus simple, un bout de colline, une vieille voie de chemin de fer, un peu de route... une équipe réduite de bénévoles et de la Police Municipale nous ont permis de descendre dans la plaine jusqu'au Jhad (Jardin d'Hyères Aujourd'hui pour Demain). Ce très joli jardin a accueilli le troupeau pendant 2 semaines, tout près du marais de la Lieurette, refuge LPO. Un paysage à préserver, de belles personnes, nous espérons continuer la coopération avec le Jhad au fil des saisons. Nous avons fait nos 1ers essais de pâturage sur les bords de route, puis nous sommes allés de l'autre côté de la Lieurette, pour 2 semaines sur le chemin de Macany. Plus technique, cette partie nous a montré qu'il faut tout anticiper pour maintenir les chèvres sur les bas-côtés et non dans les cultures et jardins qui bordent la route ! Pour le moment le troupeau est encore trop petit pour avoir une vraie efficacité, mais ces chemins traversiers étant compliqués à entretenir mécaniquement et l'intérêt écologique étant important dans ces zones potentiellement inondables, l'éco-pâturage est une solution qui mérite d'être mise en place. Nous espérons que la Mairie d'Hyères et TPM trouvera son intérêt à travailler avec Bêle Colline.
Ces 1eres étapes ayant permis à Bêle Colline de se faire connaître (Var Matin, France3...), nous avons été contactés par l'entreprise Vandoren, pour leur culture de cannes de Provence situé au Golf-Hotel. Nouveau paysage, beaucoup plus calme que les bords de routes. C'est assez impressionnant de déambuler dans les rangées de cannes qui cachent le ciel. Là, le troupeau a bien travaillé, son efficacité a dépassé nos prévisions. La société Vandoren étant depuis longtemps sensible à l'environnement, c'est une belle collaboration qui se profile à l'horizon.
Le troupeau de Bêle Colline a terminé son apprentissage en beauté. Après 8 semaines de stage en entreprise, nous sommes donc rentrés à la bergerie en passant par la colline du Val des Rougières. Nous sommes restés une partie de l’après-midi entre les HLM et les villas du Mont Soleil où les habitants des 2 quartiers ont pu venir rencontrer les chèvres. Animation, festivité, découverte…. Les enfants étaient à fond, les chèvres un peu perplexes…
Vers 16h, nous avons traversé le massif des Maurettes pour rejoindre nos quartiers. En arrivant en terrain connu, 2 ou 3 biquettes se sont tournées vers moi en disant ‘’mêêêêh ?’’ manifestement contentes, se précipitent sur leur buissons préférés. Un peu avant d’arriver, la pluie nous a rattrapé, nous nous sommes mis à l’abri des arbres d’où nous avons pu admirer un magnifique arc-en-ciel au dessus du champs de pivoines. Le troupeau était tout calme en rentrant dans la bergerie, sans doute fatigué et soulagé.
Ces différentes expériences ont montré l'enthousiasme du public pour le troupeau, même là où il ralentit la circulation ! et l'intérêt environnemental d'un tel projet, que ce soit dans la colline ou dans la plaine. Ce premier tour d'essai a posé quelques bases de fonctionnement, mais nous avons encore beaucoup à découvrir pour pratiquer l'éco-pâturage de manière optimale. Nous devrons aussi établir une méthode de facturation, entrer en contact avec les décideurs publiques, il y a aussi les subventions à demander, les animations à inventer, la bergerie à aménager (ça, ça ne sera jamais fini !)... bref y a du boulot ! Et le loup étant bien présent dans le massif (3 jours après leur retour de la montagne, les brebis de Thomas ont été attaquées au Plan du Pont) il va falloir choisir notre façon de protéger le troupeau, chien de protection, âne... ces décisions sont lourdes de conséquences et ce projet étant collectif, je ne souhaite pas prendre ces décisions seule. Nous avons un monde a inventer, et le troupeau est un vecteur de changement bien joyeux !