30/04/2026
Hier, lors de ma visite "Vienne Médiévale" avec les visites des filles, j'ai présenté au groupe les chapiteaux romans de l'église Saint André le bas et son cloître roman.
Il en est un qui a particulièrement attiré mon attention.
Il s'agit des "épreuves de Job", qu'on voit ici en train de se gratte ses ulcères et sa femme, à droite, qui se cache le visage et s'écarte, dégoûtée.
Quelle maîtrise, quand on sait que ce chapiteau a près de 800 ans !
Mais développons un peu plus ce qui est raconté ici :
Job était un homme riche et heureux, fidèle à Dieu qu'il honorait et à la tête d'une grande et prospère famille.
Il fut le jouet d'un curieux pari entre Dieu et le Démon. Ce dernier proposât en guise de défit d’éprouver la réalité de foi de Job, car souvent le bonheur des hommes est insupportable même pour les divinités ; Dieu acceptât.
Les malheurs s’abattirent alors, sur Job. Il perdit d'abord tous ses biens, puis ses enfants... Dieu est cruel, souvent.
Mais Job maintint son serment. Alors, le Diable suggérât de l'atteindre dans sa chair, lui infligeant les pires tourments au point que ses amis, eux-mêmes, finirent par penser que de telles souffrances accumulées ne pouvaient être que la marque d'une malédiction.
Tandis qu'il grattait ses plaies purulentes avec un tesson de poterie, sa femme, se couvrant le visage pour se protéger de l'odeur pestilentielle qu'elles dégageaient, l'exhortait à renoncer à ses vœux, mais rien n'y fit. Job resta fidèle à son serment. Alors Dieu, finalement convaincu de sa foi, le libéra de son supplice. Le Mal était vaincu et Job fut rétabli dans sa fortune et sa postérité sans cependant comprendre les finalités de sa destinée : les voies du Seigneur sont impénétrables.
Les récits bibliques et plus tardifs regorgent de tels enseignements qui méritent un intérêt particulier.
C'est cet épisode de la vie de Job qu'illustra l'immense artiste de Saint-André-le-Bas, artiste qui apposa aussi sa signature au pied de l'un des piliers de l'église, l'une des plus belles et des plus originales que l'on puisse encore admirer en France.