20/04/2026
article paru dans le magazine RANDO : Hébergement écolo
Martine et André sont arrivés de la métropole française il y a une éternité. Écolos dans l’âme, ils se sont installés sur les hauteurs de Bouillante, quasiment dans la forêt tropicale, où ils ont créé les gîtes Tigligli, dans une version plus minimaliste que les Bananes vertes. On se contente du minimum ici, mais je vous conseille d’expérimenter les deux approches.
«Tout ce que tu vois là, je l’ai fait avec mes mains», lance fièrement André, en me montrant les cases créoles en bois qu’il a construites pour accueillir des vacanciers en mal de nature. J’ai repris l’architecture créole, avec des aires ouvertes. Pas besoin de clim, la ventilation est naturelle. Si le vent entre, faut qu’il sorte, c’est pour ça que les murs ne vont pas jusqu’en haut. Et le toit, c’est de la tôle. La nuit, tu entends tous les bruits de la nature.»
«Dédé», qui veut préserver la nature pour ses enfants et ses petits-enfants, considère qu’il faut profiter du séjour des touristes pour les conscientiser et pour qu’ils se rendent compte que ça marche, de vivre écolo, en utilisant l’énergie solaire, en recyclant de l’eau et les déchets ou en achetant local. «Et puis on a des poules qui nettoient le terrain et on n’a pas besoin de tondre l’herbe grâce à nos petits cabris.
«L’écotourisme, c’est simple, ça veut dire être proche de la nature et pour être proche, il faut la connaître», m’a expliqué Martine, cette «grano» qui accompagne des petits groupes en randonnée, en poussant la logique du retour à la terre à son paroxysme. «Je leur apprends à se débrouiller avec ce qu’on trouve dans la forêt ou au bord de la mer. En bivouac, je ne prends ni assiette ni ustensiles, on fait avec ce qu’on trouve autour de nous. C’est une éducation», insiste-t-elle.
Mais lorsqu’on est chez Martine et André, on se sent bien, presque comme un membre de la famille. Le partage y est une valeur fondamentale, comme le soir de mon arrivée, où je n’ai pas eu d’autre choix que de venir trinquer et de rester à souper. Alors on a trinqué, à nous, à la nature, à la Guadeloupe, en écoutant chanter les grenouilles tropicales.
*Ce voyage a été rendu possible grâce à l’Office de tourisme des îles de la G