26/09/2016
Iguana et Iguano
Un beau jour de septembre, alors que l'équipage du Bachata amarre au beau milieu d'un superbe lagon turquoise, entre deux îles sauvages, Augustin le mousse aperçoit quelque chose de vert fluo passer sous le bateau.
Le temps est beau et chaud, tout est calme, pas de courant et de plus nous sommes seuls.
" A l'aide " hurle plusieurs fois le mousse.
Nous arrivons à la rescousse.
En effet, de minuscules têtes vertes émergent de l'eau à peine ridée du lagon, puis disparaissent sous les vaguelettes.
En dessous des flots transparents,rodent un requin citron, ondulant ses 1m20 de longueur, plusieurs tortues imbriquées respirant de temps à autre en surface, des carangues gros yeux s'affolent en vue d'un délicieux repas...
Leur mère les avait pourtant averti du danger de la mer, de ses prédateurs, mais curieux de ce monde inconnu, Iguana et Iguano profitent d'un moment d'inattention de sa part, s'échappent du buisson protecteur, courent sur la plage en direction de l'eau et se font happés par la première vague.
" maman ! Maman !" Gémit Iguana
" t'inquiète pas petite sœur " lui répond Iguano, " nous serons de retour ce soir " tente-t-il pour la rassurer.
Mais, pour sûr elle flotte emportée par le courant,s'éloignant de plus en plus de la plage et de sa famille. Elle tente de résister en remuant de toute ses forces ces petites pattes aux longs doigts tout minces. Elle met sa tête de côté pour éviter de boire l'eau salée qui lui pique les yeux.
Son frère, non loin d'elle lui suggère : " met-toi sur le dos et laisse toi glisser jusqu'au bateau là- bas ! "
Le ventre en l'air, les pattes écartées, ballotées par les flots, elle regarde le soleil briller de mille feux et pense aux siens qu'elle vient de quitter peut être à jamais.
Sous eux, les poissons surveillent le moindre signe de faiblesse qui leur serait fatal.
Mais le mousse hurle à nouveau pour avoir de l'aide et récupérer ces petites bêtes en danger.
Nous lui lançons des sauts, des bassines a l'arrière du bateau car ces petites bêtes aux longues queues ressemblent beau coup a des bébés iguanes tentant de s'accrocher au paroi du bateau et de son annexe.
Un, deux puis trois puis quatre, mais celui-ci est déjà trop loin...qu'adviendra-t-il de lui ? Dieu seul le sait, dans tout les cas deux solutions, une bonne et une mauvaise. La mauvaise, on s'en doute fort bien...épuisé, ayant bu beaucoup d'eau, la gu**le acéré d'un prédateur n'en aura fait qu'une bouchée. La bonne, il aura rejoint les plages de l'autre île et se remettra de son périple formant à son tour une autre tribu.
Dans ses mains, le mousse sent les petits corps vivants mais sans force de ces petites créatures qu'il a sauvé.
Il les met dans une boîte ajourée pour qu'ils se reposent avant de les ramener sur la terre ferme. Un peu d'eau et de la banane devrait les revigorer.
Mais nous nous posons tous la même question, que s'est-t-il passé chez les iguanes ? Pur curiosité des petits ? Coup de colère ? Expatriation ? Autant de questions que nous essaierons de résoudre bientôt.
A nous maintenant, l'expédition en annexe avec la précieuse boîte et ses rescapés, direction la plage.
Nous préparons appareils photos et vidéo pour garder ce souvenir inoubliable de ce sauvetage en mer de bébés iguanes.
Même si cela était naturel pour eux,, nous n'avions pas envie de les voir disparaître dans les profondeurs du lagon.
Nous avons eu a peine le temps de les immortaliser qu'ils se sont carapatés avec fugacité sous les buissons protecteurs de leur île. Iguana s'est immobilisée à un mètre de nous comme pour nous dire Merci, vous nous avez sauvé le vie, on ne recommencera plus, c'est promis.
Le lendemain, nous scrutons le lagon mais fort heureusement, pas de bébés iguanes perdus au milieu des flots plus mouvementés qu'hier.