08/04/2026
Il y a la neige, le vent, le soleil, ces espaces immensément immenses. Le décor est tellement vaste que souvent j’ai cette sensation qu’on n’avance pas. Je n’ai aucune idée de ce qu’on vient chercher ici et sur le moment ce n’est pas toujours évident de le savoir. C’est un plaisir qui est en partie rétrospectif. Dans le moment présent, le vent me glace le visage, boire et manger devient parfois un défi, la pulka est une lourde charge à traîner, le jour blanc rend rapidement la progression très compliquée. Les conditions parfaites sont rares.
Mais il y a un truc, une sorte d’addiction inexplicable à ces aventures polaires. Physiquement éprouvantes, elles s’inscrivent pourtant dans mon esprit comme un doux souvenir de plénitude et m’invitent à y retourner. Toujours et encore. C’est intrigant.
J’aime la simplicité extrême d’une telle aventure et la liberté qu’on y ressent. Avoir sa maison dans un traîneau, manger et dormir où l’on veut, dans les plus beaux spots du monde. Contempler un festival d’aurores boréales en sortant de sa tente au beau milieu des montagnes, est ce qu’il y a plus divin que ça ?
Je crois que rétrospectivement on oublie la difficulté physique et on ne retient que la beauté brute, simple, enivrante, addictive et captivante de ces déserts blancs. Je les aime autant qu’ils me font souffrir, je les admire autant que je les trouve exigeants. J’ai conscience de l’engagement qu’on y prend, de la forme physique et mentale qu’il faut pour les arpenter.
Je les aime d’amour car avec eux je touche mes limites, je développe de nouveaux rêves. Ils laissent toute la place au silence, à la créativité, à la solitude, à l’imaginaire, à la simplicité suprême de la vie que j’aime éperdument.