18/07/2026
Il est de ces peuples que j'ai eu le privilège de rencontrer et avec lesquels j'ai eu le bonheur d'évoluer sur de longues périodes de temps dès la fin de mon adolescence et qui ont laissé leur marque.
Jeune adulte, je suis allée en ces terres de leur origine et ai été encore plus fortement frappé par certaines de leurs caractéristiques parmi lesquelles se trouvent la DOUCEUR, LA DÉLICATESSE, LA SENSIBILITÉ ET LE RESPECT.
Je nomme la culture vietnamienne et cambodgienne.
Bien que le monopole de ce je vais nommer s'élargisse certainement au-delà de ces frontières, je vais me pencher sur ces 2 endroits, ces 2 cultures qui présentent des similarité au-delà des nuances des différences inhérentes à chaque culture.
Tous deux ont une profonde douceur, une pudeur attentive et une délicatesse qui colorent les interactions quotidiennes.
Bien que ces deux voisins aient des histoires et des fondements culturels distincts, ils partagent cet art de la retenue et de la bienveillance.
Au Vietnam
La délicatesse harmonieuse et fluide
Au Vietnam, la douceur est intimement liée à la recherche de l'harmonie (Hòa), un pilier hérité des philosophies orientales. Elle se manifeste par une fluidité dans les rapports humains pour éviter à tout prix le conflit ou le heurt.
La modulation de la voix et du geste : Les conversations, surtout avec les nouveaux venus ou les aînés, se font souvent sur un ton posé, presque musical. Les gestes sont mesurés, les salutations empreintes d'un respect discret (un léger pliement de tête).
L’expression indirecte : Dire « non » de front est rare. On préférera un sourire, une hésitation ou une pirouette linguistique pour ne pas froisser l’autre ni lui faire « perdre la face ». C’est une forme d’élégance relationnelle où l’on devine autant qu’on entend.
Le sourire comme bouclier et accueil : Le sourire vietnamien est multifacette. Il exprime la joie, bien sûr, mais aussi la timidité, l'excuse ou la compassion. C’est un lubrifiant social d’une immense délicatesse.
Au Cambodge :
La douceur sacrée du « Sourire Khmer »
Au Cambodge, la délicatesse semble presque intemporelle, profondément ancrée dans l'héritage bouddhiste theravāda et l'esprit d'Angkor. C’est une douceur qui émane d'une résilience et d'une paix intérieure remarquables.
La noblesse du Sampeah : Ce geste traditionnel de joindre les mains devant soi en inclinant la tête n'est pas une simple formalité. Selon la hauteur des mains, il exprime un niveau précis de respect et de déférence. C'est une chorégraphie de la considération.
Une hospitalité désintéressée : Les Cambodgiens possèdent une gentillesse innée, souvent désarmante. Même dans les régions les plus modestes, l'accueil est d'une générosité pure, faite de regards doux et d'une attention sincère au bien-être de l'invité.
La retenue émotionnelle : Le calme extérieur est une vertu hautement valorisée. Élever la voix ou montrer des signes de colère est perçu comme un manque de maîtrise de soi. La douceur y est donc une force, une dignité tranquille.
Ce qui les rassemble : Une poésie du quotidien
Dans les deux cultures, cette délicatesse se transpose aussi dans la matière et les sens :
Dans la cuisine : Les saveurs ne s'agressent jamais. On cherche l'équilibre subtil, la fraîcheur des herbes aromatiques, la limpidité d'un bouillon, la finesse d'un pliage de feuille de bananier.
Dans le rapport au temps : Il y a une patience intrinsèque, une manière de laisser les choses s'accomplir sans bousculer le rythme naturel.
C'est une douceur qui ne doit jamais être confondue avec de la faiblesse. Au contraire, elle est le reflet d'une immense force intérieure et d'un profond respect de l'autre, élevés au rang d'art de vivre.
Cela a laissé une empreinte profonde en moi qui est devenue un genre «longing» (la traduction française me laissant sur ma faim, je choisit de conserver le terme anglais qui reflète mon sentiment), qui s'apaise en présence de la sonorité linguistique, d'une de ces personne, de l'intersection entre gens de ces origines, de photos que j'y ai prise ou en lisant un bouquins écrit par un digne représentant de ces cultures. Leur plume est si fine qu'elle convient toute une ambiance dont je ne parvient plus à me sortir (cela se produit aussi avec la littérature chinoise et indienne), ou mieux encore, beaucoup mieux quand je suis en contact avec ces peuples sur place, dans leur pays à m'imprégner de leur essence avec laquelle mon être se met à vibrer d'une manière unique et délicieuse.
Cette poésie du quotidien où s'exprime la bienveillance, la douceur, la finesse et la délicatesse touche l'âme de manière incurable dirais-je.
Je ressent cet appel très fort depuis quelques temps.
L'appel de me replonger dans ces milieux de vie si différents de ceux où je me retrouve au Québec.
Ce cri qui provient du plus profond de mon âme et qui m'ordonne de retourner connecter avec des origines qui me correspondent.
Oui, il est de ces peuples, de ces cultures et de ces gens qui, au quotidien, cultive des façons d'être très fines, si fines qu'elles sont des leçons en soi.
La Chine m'a aussi inculqué de ces leçons qui, en certains point sont similaires, la douceur mise en nuance toutefois, mais la résilience mis à l'honneur.