24/05/2026
La Une du journal La Repubblica le dimanche 24 mai 1992
« Une tonne de trinitrotoluène : 5 morts et 8 blessés. Mea culpa des partis à Rome »
Falcone assassiné
Massacre mafieux, sa femme est morte elle aussi
Choc à Montecitorio : le Président aujourd’hui
« Il n’y a plus de temps » par Eugenio Scalfari
L’attentat qui a coûté la vie au juge Falcone et à ses agents de sécurité laisse sans voix. Il y a encore du sang en Sicile, encore des morts dont les assassins avaient une connaissance parfaite de leurs mouvements et ont pu organiser le massacre avec une précision chronométrique.
Les trois agents de son escorte de police tués. « Ils m’ont délégitimé. Maintenant Cosa Nostra est prête à frapper… » Scalfaro ou Spadolini au Quirinal
Martelli en larmes : « Giovanni était le meilleur, et maintenant il est mort. » Le ministre l’avait choisi comme Super Procureur national antimafia, contre l’avis du CSM.
Stupeur au Parlement. À peine la nouvelle connue, les partis se sont lancés dans des négociations frénétiques pour accélérer l’élection du nouveau chef de l’État.
Désormais les partis récitent leur “mea culpa” pour le vide de pouvoir dans lequel se trouve la République, un vide qui profite à la mafia. Spadolini sera aujourd’hui à Palerme.
Forlani, après sa démission, s’en prend aux parlementaires : « Que veulent-ils ? Si c’est ainsi, autant que Mussolini revienne. »
Prend la parole Rudolph Giuliani, ex-procureur de Manhattan : « Un coup dur pour les États-Unis aussi. Le FBI est prêt à collaborer aux enquêtes. »
Dans sa dernière interview accordée à Repubblica, Falcone avait déclaré :
« La mafia n’oublie pas. Ce n’est pas une pieuvre, c’est une panthère féroce. Avec la mémoire d’un éléphant. »