27/05/2026
Lisbonne mérite mieux que les pastéis de nata et des lattes à 6 euros !
Lisbonne change. Beaucoup. Parfois trop vite. Et pendant que certains quartiers se
transforment en décors de carte postale sponsorisés par des enseignes
internationales, les Lisboètes — surtout les plus âgés — tentent de garder le cap au
milieu de cette vague de gentrification qui ne prend jamais de vacances.
Alors, chers visiteurs, un petit message amical : Lisbonne, ce n’est pas seulement des pastéis de nata et des bols vegan
photogéniques. Oui, ils existent. Oui, ils sont bons. Mais la ville a tellement plus à offrir.
Essayez de parler « lisboète ». Ici, on ne commande pas un latte. On demande une «
meia de leite » ou un « galão » si c’est servi dans un verre. Et un expresso ? C’est une « bica », évidemment. Et, pour faire local, zappez le brunch et choisissez de « petiscar » dans une « tasca » - vous verrez : prononcer ces mots fait sourire les serveurs. Et parfois même parler.
La ville a également encore des restaurants traditionnels (même s'ils ont tendance à disparaître) où l’on sert encore une « sopa do dia » à moins de 2 €, un « bacalhau » qui n’a pas été inventé pour Instagram, un « prego » ou une « bifana » comme on n’en fait plus dans les zones touristiques.
Privilégier ces lieux, c’est soutenir ceux qui font vivre la vraie Lisbonne — celle qui existait avant que chaque rue ne devienne un showroom Airbnb.
Et n’oubliez pas, acheter local, c’est résister avec style. Entre deux boutiques de
souvenirs identiques, il reste encore : des « mercearias » familiales, des artisans qui
travaillent le liège, la céramique ou le cuir et des cireurs de chaussures qui ne demandent qu’à faire briller le cuir.
Choisir ces commerces, c’est aider la ville à rester elle-même. Lisbonne est belle, oui.
Mais fragile. Ses habitants — notamment les plus âgés — vivent au quotidien les
conséquences de la transformation de la ville.
Alors pendant votre séjour : laissez passer les personnes âgées dans les transports,
évitez de bloquer les trottoirs pour une photo, baissez un peu la voix dans les ruelles
étroites, dites obrigado (si vous êtes un homme) ou obrigada (si vous êtes une femme)
et bom dia, boa tarde ou boa noite, en fonction du moment de la journée.
Ce sont de petits gestes, mais ils comptent.
Lisbonne n’a pas besoin d’être « consommée », elle a besoin d’être rencontrée. Et si chacun de vous repart avec un souvenir authentique — un mot portugais appris, un café bu dans un lieu local, une conversation avec un habitant — alors la ville aura gagné un peu de répit. Merci pour elle !